Au conseil régional, que tout change pour que rien ne change

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Communiqué de presse du groupe Front national-Rassemblement Bleu Marine au conseil régional des Pays de la Loire


Conformément au droit des collectivités, l’assemblée régionale des Pays de la Loire s’est réunie pour une séance plénière le jeudi 22 mars. Parmi les textes soumis au vote, quelques mesures de bon sens se mêlent, on ne se refait pas, aux artifices de communications assez caractéristiques de cette majorité.

On commence par la certification des comptes. C’est un projet intéressant, mais qui a été ultra-médiatisé, alors que rien ne sera définitivement normé et applicable avec l’approbation de la Cour des comptes et la Chambre régionale des comptes (CRC) avant 2023, c’est-à-dire deux ans après le début de la prochaine mandature. Ce qui paraissait applicable en opposition avec la notion de « dette cachée » se révèle très long à mettre en œuvre, car notre collectivité territoriale comme toutes les administrations publiques, ne fonctionne pas selon les critères qu’une telle certification nécessitée pour correspondre aux méthodes et critères internationaux. Nous redisons notre opposition aux subventions aux entreprises, qui ne servent qu’à améliorer le bilan comptable. C’est par exemple le cas de Michelin à Cholet qui licencie, après que le site ait été subventionné, ou l’entreprise de production d’œufs Geslin en Vendée (110 000 euros issus du fonds européen FEADER), dont le niveau de sécurité laisse à désirer. Que dire des 390 000 euros attribués à un projet de micro brasserie à Maillé, encore en Vendée, (SARL Bonnin, brasserie La Cibulle) pour créer unemploi seulement ? Notre position demeure de supprimer les subventions sans garanties et obligations éventuelles de remboursement, et de leur préférer des prêts, ou des garanties régionales de prêts au travers d’une société de cautionnement.

Ensuite, la majorité nous gratifie d’une Feuille de route internationale 2018 qui récapitule sa stratégie commerciale par zones géographiques au niveau mondial. Si nous saluons l’intérêt du travail d’analyse de marché réalisé, nous constatons que la Région élabore sans concertation avec les autres régions sa méthode de développement internationale. Chaque région de France envoie-t-elle comme la nôtre un fonctionnaire faire du prospect à Abidjan ? Nous déplorons l’absence de coordination au niveau national. Si certaines pistes proposées nous semblent frappées au coin du bon sens, comme les partenariat avec le Maroc ou la promotion des technologies de pointes en Asie, nous sommes plus circonspect sur l’efficacité concrète de certaines idées, qui ont tout l’air d’énoncés de principes du type : ouverture d’une cellule Brexit, « suivi de la stratégie Fincantieri » ou « veille récurrence sur le bureau de représentation régional à Bruxelles », dont les objectifs paraissent vagues, dans la mesure où la région n’a guère plus de prise sur ces affaires. Enfin, que dire de la stratégie internationale de la Région, quand celle-ci prévoit son plan seule dans son coin, ne sollicitant guère les organismes (entreprises exportatrices, banques etc.) susceptible de lui fournir son expertise ? Ce texte fleure bon la logique mondialiste, ses containers remplis de fioul et de marchandises, et le tout sans tarification douanières, alors même qu’en ces temps de précarité écologique, l’intelligence voudrait que les collectivités orientent leurs actions sur le local et les circuits courts.

Justement d’ailleurs, la Région nous soumet un rapport sur la transition écologique. La majorité affirme vouloir placer la lutte contre les dérèglements climatiques comme combat prioritaire, notamment avec l’objectif de « décarbonner la production d’énergie ». Cette ambition apparaît illusoire au regard de la réduction de la part du nucléaire à 50 % en 2025 prévu par le ministère Hulot. En effet, le nucléaire et l’hydroélectrique sont les seules sources d’énergie décarbonnées et suffisantes pour satisfaire la demande en énergie sans risquer le blackout en période de pointe. Malgré cela, les intentions de la majorité sont claires : miser sur le tout éolien, terrestre et maritime, au risque de défigurer nos paysages et détériorer notre santé. Nul ne peut ignorer les risques sanitaires de ce type d’installation pour les populations humaines et animales avoisinantes. L’exemple de l’exploitation laitière de Puceul en Loire-Atlantique, dont la production a périclité suite à l’installation d’une ferme éolienne à proximité, aurait du à ce titre avertir la majorité ! Nous regrettons les choix structurels qui sont menés par la Région en matière de transition écologique, qui enrichissent quelques investisseurs et industriels au détriment du bien commun des Ligériens. Le tout éolien n’est pas la solution. C’est pourquoi nous nous abstiendrons sur ce texte.

Autre sujet attendu, les modifications de la grille tarifaire du réseau TER…..

La cerise sur le gâteau de la majorité, c’est le fameux plan de bataille pour l’emploi. Quelques bonnes idées y sont présentées, il faut le reconnaître. A commencer par l’expérimentation de solutions innovantes pour le recrutement, par l’accompagnement individualisé d’entreprises volontaires dans leur politiques ressources humaines (RH), ou la prise en main des nouvelles méthodes de recrutement via les réseaux sociaux comme Linkedln. Toutefois ce texte comporte de nombreuses lacunes. Celui-ci devrait cible le secteur industriels sous tension dans notre région, mais qui ne parvient toujours pas à recruter des apprentis, faute des qualifications requises. Les industriels sont donc contraints de faire venir des travailleurs détachés facilement exploitables. Rien n’est prévu non plus pour aider les entreprises engagées sur la voie de la formation, ce qui implique des coûts importants, à protéger leur marché face à la concurrence déloyale. Tout comme rien n’est prévu pour réduire le maquis d’organisme et le nombre d’intermédiaire qui nuisent à l’efficacité et à la lisibilité des politiques d’emplois régionales. Plus grave encore, l’exécutif régional ne semble pas anticiper une seule seconde le Big Bang de la réforme de l’apprentissage prévu par le Gouvernement, qui confiera l’organisation de l’apprentissage aux branches professionnelles. Bref, peut mieux faire !

En résumé, aucune politique claire ne se dégage de cet imbroglio d’idées correctes et de fausses mesures. La majorité semble vouloir opérer quelques réformes à la marge plutôt que d’entreprendre des réformes de profondeurs. Comme l’aurait remarqué Tancredi Parmeggiani, avec Christelle Morançais « Il faut que tout change pour que rien ne change. »

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