CM St.-Nazaire — interventions du 03.10

Interventions de Jean-Claude Blanchard, Stéphanie Sutter et Gauthier Bouchet en séance du conseil municipal de Saint-Nazaire, vendredi 3 octobre 2014

Question préalable

Jean-Claude Blanchard

Monsieur le Maire chers collègues.

Deux faits divers nous posent question dans l’actualité récente de Saint-Nazaire : la dégradation d’une école et les tags sur la permanence du Parti socialiste, rue des Halles.

Nous condamnons bien sûr la dégradation subie par le PS nazairien, rue des Halles. Nous considérons qu’il n’est pas digne de s’attaquer de la sorte à une permanence politique. Cela n’honore pas le combat politique qui puisqu’il es combat pour la Cité est une confrontation – pacifique – des idées. Ces dégradations, plus que les murs du local socialiste de Saint-Nazaire, dégradent la chose politique elle-même. Nous les condamnons donc sans réserve.

Ce genre de dégradations devient malheureusement courante dans notre cité. Le 26 avril dernier, pendant la campagne des élection européennes un restaurant de Penhoët accueillant une réunion du Front national a été tagué par un groupe se réclamant des antifascistes sur le thème « Ni Valls, ni Le Pen !« … Mais là, rien n’et passé dans la presse !

Nous faisons observer que le Parti socialiste (ni d’ailleurs aucune autre formation politique) n’a jamais réagi suite aux dégradations subies par la permanence nantaise du Front national une dizaine au total depuis juin 2013. Il y a là un étrange deux poids-deux mesures qu’il importe de clarifier sauf à considérer que la démocratie ne fonctionne pas identiquement pour tout le monde.

Je demanderai donc à cette assemblée, tout groupes politiques compris de condamner toute dégradation de locaux politiques quels qu’ils soient .

Je vous remercie de votre attention.

Délibération n° 3

Appel d’urgence du Ministère des Affaires étrangères et du développement international – Attribution d’une subvention exceptionnelle au Fonds d’urgence Gaza.

Gauthier Bouchet

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Nous examinons dans cette délibération une proposition de subvention exceptionnelle pour aider Gaza. Elus du peuple, nous déplorons bien sûr, comme sans doute une majorité de Nazairiens et de Français, la situation humanitaire dramatique que connaît la Palestine, et plus particulièrement Gaza. L’offensive israélienne de cet été contre cette ville, par ses conséquences pour le peuple palestinien dans son ensemble, touche bien sûr notre sensibilité. Il est ici évoqué une situation d' »urgence », sous-entendant notamment, « d’urgence humanitaire et sanitaire« . Ces mots ne nous semblent pas dévoyés et traduisent bien des faits. Il y aurait urgence à faire un peu de politique, d’Etat à Etat, entre la France et Israël.

L’émotion, ce n’est pas ce qui façonne notre opinion vis-à-vis de la situation à Gaza, mais une l’analyse du rapport de forces, et de son inégalité en faveur d’Israël. L’émotion, si elle existe dans un cadre privé, ne doit pas être un argument politique et avoir force de décision, encore moins de loi. C’est ce pourquoi nous jugeons qu’elle ne doit pas guider notre attitude vis-à-vis de Gaza.

Deuxièmement, il n’y a pas d' »urgence », ni d’ailleurs de nécessité à ce que Saint-Nazaire prenne part à ce fonds d’aide pour Gaza. Différentes raisons justifient cette position.

Déjà, notre commune n’en a pas les moyens financiers. La crise économique dans laquelle elle est plongée devrait le lui empêcher.

Par ailleurs, est-il opportun d’accorder une aide à un territoire dont nous savons combien les dirigeants  – en l’espèce, le Hamas – utilisent les financements dont ils disposent le plus souvent non pour alléger la souffrance de leurs administrés, mais pour leurs propres desseins politiques, y compris par le terrorisme ? Plus que Gaza, c’est d’ailleurs l’Autorité palestinienne qui gagnerait alors à être aidée, libre à elle de redistribuer souverainement ses aides ensuite.

Notre position est claire : Saint-Nazaire, ni d’ailleurs aucune ville française, ne doit participer à ce type de fonds d’aide. Cela est du ressort de l’Etat, dans le cadre de la coopération internationale, et plus largement, des structures d’aide de l’Organisation des Nations unies et des organisations non gouvernementales.

En somme, c’est un salut confraternel que peut adresser la ville de Saint-Nazaire à Gaza, en incitant plus compétent qu’elle à agir dans le sens d’une aide dont elle n’a ni la capacité, ni l’intérêt à la mettre en place. Mais ce n’est pas, à notre sens, une aide financière.

Le groupe Saint-Nazaire Bleu, Marine, relativement à cette délibération, votera en conséquence « Contre ».

Je vous remercie pour votre attention.

Délibération n°4

Décisions prises par le maire en application de l’article L 2122-22 du Code général des collectivités territoriales (période du 16 juin au 15 septembre 2014) – Compte-rendu au conseil municipal – Communication.

Stéphanie Sutter

Monsieur le maire, mes chers collègues,

Le groupe Saint-Nazaire Bleu Marine aurait souhaité avoir des précisions concernant deux locations : celle de l’appartement, sis 53 rue de Châteaubriand, ainsi que le garage n° 3 attenant, et celle du studio, sis 10 rue d’Ypres.

Nos questions sont les suivantes. Qui sont ses deux personnes ? Sur quels critères reposent les bases de ces locations ? Quelles sont les superficies des deux appartements ? Quels sont les prix pratiqués pour ces derniers, et le garage ?

Je vous remercie par avance pour vos réponses.

Délibération n° 12

Conseils de quartier – Charte de la participation citoyenne – Approbation.

Gauthier Bouchet

Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Pour les élus et les militants du Front national, tout ce qui va dans le sens de davantage de démocratie, et notamment, de démocratie locale, est positif. Vous nierez sans doute notre sincérité. Cependant, la seule formation politique qui promeut dans ses principes la démocratie référendaire sur les grandes questions nationales, ne peut se dérober dans l’exercice le plus local qui soit de cette même démocratie.

Les conseils de quartier, en faisant travailler en bonne intelligence associations, habitants et institutions, sont une création honorable, et nous les encourageons dans leur développement futur, à l’égal de cette charte.

A Saint-Nazaire, les conseils de quartier ont six ans d’âge. Ils sont cependant encore davantage la promesse démocratique que sa réalisation. Or, nous savons ce qui se passe lorsque le résultat d’un vote n’est pas fidèle, de l’urne à l’assemblée. Le principe d’une démocratie représentative devient alors la promesse du clanisme pour quelques-uns et à la défaveur de l’immense majorité. Les quartiers de Saint-Nazaire, privés de leur substance culturelle, travestis dans leur mémoire et leur histoire en quelque chose qu’ils n’ont jamais été, morcelés à dessein pour le bonheur de seize adjoints parmi votre majorité, paient déjà cher le socialisme municipal. Ils ne doivent pas payer demain le tribut supplémentaire d’être mal représentés.

Monsieur le maire, il existe à Saint-Nazaire une formation politique, le Front national, qui, en sept ans – le temps de l’enfance de ces conseils de quartier – passe de 2 à 16 % des suffrages exprimés. Toutefois, le FN n’est pas représenté dans ces mêmes conseils. Mais est-ce impossible ? Dressons un parallèle avec une ville d’égale importance, Dunkerque, 65000 habitants comme Saint-Nazaire, industrielle et ouvrière comme Saint-Nazaire, socialiste comme Saint-Nazaire, mais avec deux délégués communaux parmi les conseils de quartier, quand le FN y fait deux points de moins que dans notre ville.

Et cependant sur cette copie brouillonne, nous donnons quand même la moyenne, en disant simplement « Peut mieux faire ». Il faut voter la charte de la participation citoyenne, mais, dans une approbation vigilante, en la prenant au mot, celui, dans ces conseils, d’une représentation à la proportionnelle intégrale des listes en présence aux dernières élections municipales.

Les élus Saint-Nazaire Bleu Marine voteront donc pour cette délibération.

Je vous remercie pour votre attention.

Délibération n° 15

Plan local d’urbanisme – Engagement de la révision, définition des objectifs poursuivis et modalités de concertation préalable.

Jean-Claude Blanchard

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Je me permets cette brève intervention, juste pour m’étonner publiquement de la présence totalement décomplexée des termes « fraternelle et inventive » dans le texte de cette délibération.

Il me semble qu’il s’agit là d’une réutilisation inappropriée d’un slogan de campagne électorale au sein d’un texte dans lequel elle ne devrait pas pouvoir figurer, puisqu’il est sensé être neutre politiquement et vierge de ce type de références.

Que diriez-vous monsieur le maire, si, dans l’opposition – et cela peut vous arriver dans quelques années – vous seriez amené à vous prononcer dans l’une ou l’autre des délibérations de la nouvelle majorité municipale, sur la capacité de Saint-Nazaire à être « bleu marine » ou à incarner un « désir de ville » ?

Vous voyez bien, monsieur le maire, que ce type de contre-exemple ferait grincer des dents, à juste titre….

Je vous remercie pour votre attention.

Délibération n° 38

Revue Place publique – Soutien financier de la Ville – Convention à conclure avec l’association Mémoire et Débats – Autorisation de signature.

Gauthier Bouchet

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Vous nous amenez à nous prononcer sur le renouvellement du soutien financier à la revue Place publique. Avec mes collègues élus du Rassemblement Bleu Marine, je m’interroge sur la pertinence de ce financement…

Place publique, ce n’est ni tout à fait une revue grand-public, ni vraiment un revue universitaire. C’est une revue digne d’intérêt, avec des articles de fond, des entretiens avec des personnalités des institutions, ou de la société civile. Seulement il y a un problème, si l’on enlève ces qualités, c’est aussi une revue du pouvoir, au service d’idées qui n’abondent pas forcément dans le sens de la majorité des Nazairiens ou des Nantais, qu’elle prétend en quelque sorte « réunir ».

Je m’en explique. Dans des numéros de cette année, il y a par exemple beaucoup – et je pense, beaucoup trop – d’articles pour présenter combien la synergie politique de Johanna Roland et de David Samzun, est géniale pour la social-démocratie que vous incarnez tous deux. J’y vois aussi des articles dont on ne sait pas bien s’il s’agit ou non de publi-communiqués, une confusion entre histoire et mémoire, avec son lot de repentances, le tout avec un ton quand même assez parisianiste.

Car oui, pour une revue qui se revendique de faire la jonction entre Saint-Nazaire et Nantes, la capitale attire visiblement beaucoup les projecteurs, y compris pour justifier son rôle dans la mondialisation… et sous-entendu pour dire que Saint-Nazaire ne peut pas avoir ce rôle. En fait, souvent, et c’est très révélateur, pour chercher Saint-Nazaire, il faut aller loin dans la revue. Par exemple, dans le numéro de mars 2013, j’ai dû aller juqu’à la page 63 pour avoir le privilège de m’informer que Saint-Nazaire était bel et bien « capitale européenne du féminisme« …

Enfin, quelque chose me gêne, quelque chose nous gêne, élus du Front national, venus d’une section militante où 95 % des membres vient des classes populaires et moyennes parmi les plus modestes – je ne sais pas si vous pourriez en dire autant – qui est le directoire de cette revue. Cette délibération n’en fait pas mystère : « universitaires, chercheurs, sociologues, urbanistes » ; c’est cela le coeur éditorial de Place publique. Où sont en revanche les artisans, patrons de PME et TPE, responsables syndicaux, d’associations culturelles et sportives – et je parle ici de sports populaires, vélo, football… – ouvriers, fonctionnaires, où diable est l’identité populaire et bretonne d’une grande partie de cette région et en général, où sont les Nazairiens et les Nantais qui représentent beaucoup plus fidèlement un territoire de 350000 habitants que ses élites sociales les moins nazairiennes et les moins nantaises ?

En l’attente, bon… Place publique se laisse feuilleter, mais ne nous convainc pas vraiment de la financer. Les élus Saint-Nazaire Bleu Marine voteront donc contre cette délibération.

Je vous remercie pour votre attention.

Délibération n° 62

Projet éducatif local – Projet éducatif de territoire – Convention – Autorisation de signature.
Jean-Claude Blanchard

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Le mouvement politique que je représente est, vous le savez sans doute, opposé depuis son annonce à la réforme des rythmes scolaires, qui casse un peu plus une Education nationale pourtant bien fragile, et désormais si peu nationale dans ses principes.

La mise en œuvre, désormais, de « projets éducatifs de territoires » (PEDT) partout en France confirme d’ailleurs cet aveu d’une Education non nationale et, dans la mesure où la République française ne se conçoit que comme « une et indivisible », non républicaine… Car je ne connais que la République dans l’unité, sociale et territoriale. Je ne la connais pas dans la concurrence et la spécialisation de ses territoires, entre perdants et gagnants de la mondialisation, travailleurs et jouisseurs. Or, avec ce PEDT, j’ai bien peur que Saint-Nazaire soit, une fois encore, perdante.

Au-delà du cas nazairien, notre opposition au PEDT est plus globale. Nous ne voulons pas dans le reste du pays ce qui menacerait demain la solidité de l’institution scolaire à Saint-Nazaire. Car, qu’on se le dise, sous des principes généreux d’ouverture et d’égalité, le PEDT hiérarchise les territoires, et implique de manière démesurée les collectivités locales dans le projet éducatif. Une partie du corps enseignant se demande d’ailleurs à raison si ces dispositifs ne constituent pas en fait un cheval de Troie. Il permettrait alors aux municipalités – comme la vôtre – d’intervenir sur le contenu pédagogique des programmes, rompant la digue existant à ce jour entre les prérogatives de l’Éducation nationale et celles des municipalités.

Nos élus voteront donc contre cette délibération.

Je vous remercie pour votre attention.

Délibération n° 63

Enseignement du premier degré – Scolarisation à l’extérieur de la commune d’élèves originaires de Saint-Nazaire – Participation aux charges de fonctionnement des écoles publiques d’accueil

Stéphanie Sutter

On nous demande aujourd’hui de prendre en charge la scolarisation d’un enfant en maternelle à La Baule-Escoublac, pour un montant de 479,56 euros.

Il se trouve que nous avons été interpellés par une famille nazairienne en juin. Les deux parents travaillent, l’un avec des horaires irréguliers d’une semaine à l’autre, et la mère dans zone commerciale de Trignac, commençant à 7 heures du matin.

Ils ont réussi à trouver une nourrice acceptant de recevoir l’enfant à 6 heures 30, et celle-ci habite à Trignac.

Cette dernière garde d’autres enfants, tous scolarisés à l’école Pierre et Marie Curie, à Trignac.

La directrice de l’école leur a fait une attestation, stipulant que l’école pouvait accueillir l’enfant sans problème.

Leur demande de scolarisation de l’enfant à Trignac a essuyé un refus catégorique de la part des services de la mairie de Saint-Nazaire.

Quelles sont donc les raisons, ainsi que les critères, qui poussent la mairie de Saint-Nazaire à accepter un dossier et en refuser un autre ?

Devant ce type d’incohérences et l’opacité de cette délibération, la position de vote des élus Saint-Nazaire Bleu Marine sera « Contre ».

Monsieur le maire, mes chers collègues, je vous remercie de votre attention.

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