Conseil municipal de Saint-Nazaire : interventions du 18 décembre 2015

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Interventions de Stéphanie Sutter et Gauthier Bouchet en séance du conseil municipal de Saint-Nazaire, vendredi 18 décembre 2015

Délibération n° 2

Projet stratégique 2016-2024 — Approbation

Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Le projet stratégique 2016-2024 que vous soumettez aujourd’hui à nos votes soulève quelques observations de notre groupe d’élus. Les principes politiques qui sous-tendent ce projet sont généreux. Mais passé leur énoncé, nous ne sommes cependant pas certains de leur pleine sincérité.

En particulier, nous sommes dubitatifs face au niveau affiché par votre majorité d’ « exigence en matière d’égalité et d’émancipation ». Depuis plusieurs années, quelle forme prioritaire les exigences de la gauche nazairienne en matière d’égalité et d’émancipation — terme vague — prennent-elles ? Nous pouvons nous tromper, parce que vous évoquez en introduction la priorité de la jeunesse, mais selon nous, c’est avant tout la lutte contre le racisme que vous mettez derrière le concept, général, d’exigence d’égalité.

Nous vous le disons sans volonté de polémique : lutter contre le racisme, c’est une vue de l’esprit. Le racisme, les racistes, il en existera toujours. À notre sens, seule une bonne éducation, au niveau familial, non les pouvoirs publics, peut enrayer un phénomène, qu’au reste, notre société développe. Car à créer la société multiculturelle, il nous semble que l’on crée la société raciste, par coexistence forcée de cultures trop distinctes.

Qui plus est, le problème de l’antiracisme institutionnel, souvent érigé dans les collectivités tenues par la gauche comme cause numéro 1, parfois même devant le problème du chômage, c’est qu’une volonté d’égalité en masquera toujours une autre, plus légitime. Selon nous, il n’y a pas de problème de racisme en France. L’État traite dignement ses populations immigrées, anciennes ou récentes. Nous considérons d’ailleurs qu’il les traite avec trop d’égards par rapport à nos nationaux. C’est ce pourquoi, depuis quarante ans, nous revendiquons la préférence nationale, relativement aux emplois, à la protection sociale et au logement. Non, quitte à parler d’égalité, comme l’évoque ce projet stratégique, ce qui nous marque n’est pas le racisme, mais bien davantage par exemple l’inégalité des sexes, qui elle, concerne nos nationaux.

Même dans la France de 2015, sous un gouvernement de gauche qui a promis beaucoup, l’inégalité entre hommes et femmes demeure une réalité, surtout dans le domaine professionnel et salarial. Pour nous, la fracture salariale est un sujet plus digne d’intérêt et d’action concrète, que celui du racisme. Aujourd’hui encore, les femmes sont sous-payées par rapport aux hommes, en moyenne de l’ordre de – 18 % selon la Direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques (DARES). Une municipalité peut-elle localement changer les choses ? Nous n’en sommes pas convaincus. Une municipalité peut-elle sensibiliser à une autre politique nationale ? C’est autre chose. Saint-Nazaire a pu accueillir en octobre un colloque prenant appui sur le thème de l’urbanisme de la Reconstruction pour évoquer l’urbanisme de demain. Cela nous montre qu’à défaut d’un pouvoir d’action sur tout, notre commune peut influencer le débat public régional voire national sur un certain nombre de sujets de société réellement importants, sur lesquels les politiques publiques puissent avoir une prise réelle. Ce n’est pas le cas du racisme, mais cela peut être le cas de la fracture salariale.

Au-delà, concernant ce projet stratégique, nos doutes sont encore nourris lorsque nous lisons votre « volonté d’inscrire Saint-Nazaire dans une véritable démarche globale et concrète de protection de l’environnement ». Pourtant, malgré sa bonne volonté en la matière, notre commune n’est pas complètement exempte de critiques. Ville industrielle, Saint-Nazaire pâtit par exemple d’un certain nombre de nuisances particulières que ce plan stratégique doit prendre en compte.

En particulier, nous nous questionnons sur les nuisances causées jusque dans le centre-ville nazairien par le site Cargill, classé SEVESO. Nous savons l’importance de ces installations pour l’emploi nazairien. Toutefois, nous désirons savoir si ce projet stratégique, dans son aspect environnemental, prend bien cet aspect en compte. En effet, il s’agit d’une usine en mauvais état, notamment son toit. Les nuisances olfactives et pollutions aux poussières occasionnées par ces installations nous font vous demander si des études de risques sont-elles régulièrement entreprises ? En effet, les riverains se questionnent, et nous font remonter des inquiétudes croissantes.

Quant à notre vision générale sur le développement de Saint-Nazaire, notre position est connue, régulièrement précisée. Intervenant sur le PRIR il y a quelques jours, nous en avons d’ores et déjà fait part mardi dernier à la CARENE… suscitant d’ailleurs un certain nombre de critiques, frôlant la leçon de morale. Il y a en tout cas trop de flou dans ce projet pour que nous puissions le voter. Le « dur », comme vous le dîtes, se fait attendre.

Au passage, vous soutenez que vous n’augmenterez pas la taxe foncière et la taxe d’habitation. Il faudrait que vous suggériez cela à Johanna Rolland, qui vient d’annoncer qu’elle augmenterait la taxe foncière et d’habitation de 6 % en 2016 dans la métropole de Nantes.

Monsieur le maire, mes chers collègues, je vous remercie de votre attention.

Délibération n° 7

Ouverture des commerces le dimanche — Dérogations accordées par le maire pour l’année 2016 — Avis du conseil municipal

Stéphanie Sutter

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

La possibilité d’ouverture des commerces certains dimanches nous paraît comme quelque chose de positif. Cela contribuera à dynamiser notre centre-ville.

Début 2014, dans notre programme municipal, nous militions d’ailleurs dans le sens de cette ouverture. Notre liste demandais, je cite : « l’ouverture des commerces le dimanche, sous réserve d’accords salariaux satisfaisants (en partenariat avec l’Inspection du travail) ».

Sans bien sûr aller dans le sens de toutes les orientations données par la loi pour la croissance (la « loi Macron ») à notre économie, nous jugeons que l’aspect spécifique du travail dominical mérite d’être pris en compte dans notre ville. Saint-Nazaire, hélas, pâtit trop d’une réputation de ville morte pour que soit refusée ce type d’évolution, au moins locale, de notre législation.

En cela d’ailleurs, nous émettons une position locale. Nous ne disons pas que nous serions pour le travail dominical généralisé partout en France, ni forcément porté jusqu’au maximum des douze dimanches travaillés que propose la loi Macron.

Nous voterons donc en faveur de cette délibération.

Monsieur le maire, mes chers collègues, je vous remercie.

Délibération n° 13

Contrat de ville — Création d’un conseil citoyen — Autorisation

Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

L’actuel conseil de quartier Ouest va prochainement devenir, si nous le votons, un « conseil citoyen ». Ce nouveau type de conseils locaux semble amener à se généraliser à l’avenir…
Cela ne manquera pas, à notre sens, de contribuer à créer dans notre commune une quantité de structures de décision se chevauchant les unes les autres. Au final, les prérogatives de chacune ne seront pas forcément définies. Nous ne parlons même pas de la question de leur hiérarchie.

Pour l’instant, le Front national observe, sans prosélytisme particulier — et a intégré, via deux élus municipaux, Stéphanie Sutter et moi-même — la vie des conseils de quartiers de Saint-Nazaire, où les délibérations et l’émulation collective sont sur une chose réelle… mais leurs conséquences pratiques dans la participation au débat municipal assez faible, pour le moment.

Il est vrai que les adjoints de monsieur Samzun se partagent les présidences des conseils de quartiers. Aussi, si les apparences de codécision avec les locaux sont préservées, chaque conseil ayant son bureau, un arbitrage partial des présidents ne permet pas a priori qu’existe une pleine indépendance d’esprit de ces conseils. Cela motive que nous demandions, il y a quelques jours, de rendre les présidences aux Nazairiens. Nous préciserons une position d’ensemble à mi-mandat.

Cette délibération sur le Contrat de ville nous donne également l’occasion d’une brève réponse aux accusations régulièrement formulées par la majorité contre les élus nazairiens du FN, concernant le fait qu’ils « voleraient à des Nazairiens » des places au sein des conseils de quartiers. Nous avons encore pu entendre ces allégations imbéciles de la part de monsieur Samzun et madame Deniaud, mardi dernier au conseil de la CARENE. Monsieur le maire, votre mensonge maintes fois répété ne fera pas une vérité ! Nous le répétons, relativement à la désignation des conseillers de quartiers, en novembre 2014, les militants du FN, en participant à cette démarche et en y obtenant plusieurs représentants, n’ont volé la place de personne…

Déjà, nous sommes de vrais Nazairiens. Et il est tendancieux que vous prétendiez continuellement ou du moins, laissiez entendre l’inverse. Je comprends mieux l’hystérie de monsieur Dholland, à mon sujet mardi soir. Vous avez dû peut-être lui transmettre vos éléments de langage ?

Ensuite et surtout, le règlement intérieur des conseils de quartiers n’a jamais précisé que ceux-ci était interdit aux élus. Dont acte ! Notre candidature était donc parfaitement naturelle. Elle correspondait à notre volonté de nous investir dans la vie municipale, certes dans ses assemblées délibérantes, mais aussi jusqu’à l’échelle de quartier.

Enfin, ne pérorez pas trop, monsieur le maire, sur le vol et une présence inutile (à vous entendre) que constituerait la présence du FN dans ces conseils. Simple information, il ne s’est trouvé personne pour dénoncer, le 4 décembre, en pleine COP 21 la suppression pur et simple de la commission Développement durable au conseil de quartier nazairien du centre-ville… sauf moi.

Mais, chacun le sait, le FN n’a rien à faire de Saint-Nazaire ! Il ne sert pas l’intérêt des Nazairiens, même pas l’intérêt des Français. Ses allégeances sont ailleurs… À vous entendre, il penche pour l’ordre moral, une « Nature purifiée », et la Russie, bien sûr, avant la France d’abord ! D’ailleurs, en russe, « conseil » se dit « soviet ». Monsieur le maire, avec ce conseil citoyen, voulez-vous donner à notre commune un vrai conseil de quartier, ou un petit soviet ?

Délibération n° 21

Service civique dans la ville de Saint-Nazaire — Association Unis cité — Avenant n° 1 à la convention — Autorisation de signature

Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Depuis la suppression du service militaire, en 1998, le Service civique constitue une réponse partielle à un manque pour notre jeunesse : celui d’une appartenance collective, du don de soi-même pour une cause plus grande. Oui, éduquer aux vertus civiques détache nos jeunes de l’individualisme auquel la société les condamne trop souvent. Accomplir ce service, pour un jeune, c’est lui donner la possibilité de rendre à la Nation française un peu de ce qu’elle lui a donné depuis sa naissance.

La dimension positive du Service civique est selon nous incontestable. Monsieur Renévot évoquait par exemple les démarches d’inscriptions sur les listes électorales. Cela ne l’empêche pas d’être imparfait ! Personnellement, j’ai toujours été surpris, avec mes camarades, que dans le Service civique, les pouvoirs publics soient mis en concurrence avec quantité d’associations ne pouvant dans leurs objets, c’est l’évidence, pas prétendre représenter l’intérêt général… mais avant tout leur intérêt catégoriel. Et je ne leur reproche pas. C’est légitime. Mais alors, ce n’est plus le Service civique, au service de l’éducation aux vertus civiques : c’est autre chose, et selon nous, c’est moins noble.

Nous sommes à Saint-Nazaire. Aussi nous ne sommes pas étonnés que les habituels réseaux d’éducation populaire du type Unis cité aient partie liée dans l’offre de Service civique dans notre commune, d’une manière que nous jugeons excessive. Cela devra changer avec une nouvelle équipe municipale. D’ici là, faisons avec ce qui existe.

Nous nous abstiendrons de voter la délibération 21.

Délibération n° 22

Association Léo Lagrange Ouest — Soutien de la Ville à l’atelier multimédia — Espace civique Jacque Dubé — Convention à renouveler — Autorisation de signature

Stéphanie Sutter

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

La Fédération Léo Lagrange — nous le disons comme nous le pensons — ne fait pas honneur à celui qui lui donne son nom, député socialiste mort au combat en 1940. Léo Lagrange, c’est une pépinière socialiste. Madame Deniaud, tout comme monsieur Grosvalet, président du conseil départemental de Loire-Atlantique, en viennent. Ils en sont les apparatchiks, tous formés dans le même moule : vivre-ensemble, laïcisme agressif, goût de l’entre-soi.

Nous ne voulons pas que les subventions municipales soient constamment attribuées aux mêmes : toujours aux proches du maire et de ses idées… Coup d’épée dans l’eau ou pas, il nous faut refuser de graisser la patte plus davantage à la Fédération Léo Lagrange, déjà gavée d’argent public… celui des contribuables Nazairiens !

Nous voterons donc contre ce soutien de la Ville à cette association.

Monsieur le maire, mes chers collègues, merci pour votre attention.

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