Conseil de la CARENE : interventions du 15 décembre 2015

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Interventions de Gauthier Bouchet en séance du conseil communautaire de la Communauté d’agglomération de la région nazairienne et de l’Estuaire (CARENE), du 15 décembre 2015.

Délibération n° 2

Application de la Convention d’exécution du projet de recherche IGPROBE, dans le cadre du contrat de plan État-Région (CPER) 2015-2020 — Approbation et autorisation de signer une convention avec l’Université de Nantes

Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le président, mes chers collègues.

Le projet de recherche IGPROBE d’Algosolis dont il est question dans cette délibération mérite d’être soutenu par le vote des élus communautaires.

C’est un malheur pour elles que les micro-algues s’appellent ainsi. Parce que, cela en dit bien peu sur l’utilité que peuvent représenter ces minuscules organismes pour notre économie. La taille de ces algues est certes microscopique, pas l’étendue de leurs débouchés, que l’on parle de traitement des eaux usées, de production d’hydrogène, de « bitume vert », de lubrifiants, de bio-gaz ou de bio-pétrole. Ce sont autant d’applications qui représentent de concrètes sources d’emplois locaux, dans une démarche d’innovation technique et de responsabilité environnementale, car ces dérivés de micro-algues contribuent à la nécessaire décarbonisation de notre économie.

En particulier, c’est le dernier point cité, la production de bio-pétrole, auquel je suis le plus sensible, comme la formation politique que je représente. Dans le programme municipal que nous défendions, en février 2014, nous mettions en effet en avant — je cite — « le développement des énergies renouvelables (…), un soutien et une participation aux projets sur le bio-pétrole ».

Nous devons être fiers que, demain, notre collectivité soit connue en France et — qui sait, peut-être demain dans d’autre pays, je suis optimiste — comme étant pionnière dans cette exploitation intelligente des micro-algues dans le domaine des biocarburants dits de troisième génération. Non ! Ces investissements publics pour soutenir les énergies renouvelables ne sont pas très médiatiques. Mais ils sont stratégiques pour diversifier l’économie de la région nazairienne.

Aussi, il nous faut soutenir par nos votes ce projet de recherche dans le cadre de ce contrat de plan État-Région quinquennal nous associant à l’Université de Nantes.

Monsieur le président, mes chers collègues, je vous remercie pour votre attention.

Délibération n° 4

Projet de renouvellement d’intérêt régional (PRIR) — Validation du protocole Approbation et autorisation de signer une convention avec la Ville de Saint-Nazaire, SILENE, l’État, la Caisse des dépôts et consignations

Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le président, mes chers collègues.

Partant de ce débat sur le PRIR, je parlerai, en quelques minutes, de nos quartiers. Vous demandez à nos élus de réfléchir à un projet social urbain à horizon 2030 pour nos quartiers les plus fragiles, les plus périphériques : Prézégat, Pertuischaud, etc. Mais le renouvellement urbain existe-t-il vraiment dans les quartiers nazairiens ? Je vois ce qui est fait pour eux, je le lis d’ailleurs dans un bulletin municipal riche en visages souriants de la gauche. Dans Saint-Nazaire le magazine, chaque quartier est un petit village. Et l’adjoint de quartier est le héros de ce village idéal du plein-emploi, ponctué d’une myriade d’équipements, de services publics et de commerces. Mais, cette carte postale en tête, je me demande « À quand ? ».

À quand la prise en compte, dans nos quartiers, de ceux qui y habitent, non comme de la chair à socialisme, mais de « vrais gens », des Nazairiens tout simplement ? Parmi ces Nazairiens, à quand d’ailleurs la valorisation réelle de notre jeunesse, dans le respect des liens intergénérationnels et non son endoctrinement par des structures politisées du type Léo Lagrange ? Nous en voyons actuellement l’exemple avec l’initiative Jeunes en ville. Le communiste Yvon Renévot cornaquant nos jeunes, cela me gêne un peu… Nous n’attendons d’ailleurs pas grand-chose des « assises » de février qui en seront le résultat. Sans doute leurs conclusions ont t-elles été « scénarisées » à l’avance ?

À quand les mots et les actes, durs mais justes, contre ceux qui rendent la vie impossible dans les quartiers : les voyous de Prézégat et de le Bouletterie, ou bien ces dealers au vu et au su de tous au niveau du Bon passage… en pleine journée et en plein centre-ville ?

À quand un plan de développement équilibré de nos quartiers, où ceux-ci ne seraient d’ailleurs plus perçus comme des coteries, comme des fiefs « tenus » par tel ou tel adjoint n’ayant de « proximité » que le nom ? Nous nous questionnons, d’ailleurs, sur ce double magistère de certains adjoints locaux sur leur quartier et la présidence de leur conseil de quartier. Ce n’est pas la délibération pour, mais nous préciserons prochainement notre vision, qui veut attribuer les présidences de conseils des quartiers à des représentants de la société civile, les extirpant de la majorité pour les rendre à la démocratie dans toutes ses nuances d’opinions, opposition y compris. Cela devra changer lors du renouvellement des conseils de quartiers, fin 2017.

Pour revenir aux quartiers nazairiens, nous le savons, le comportement électoral des habitants chagrine de plus en plus le maire, président de la CARENE. La Ville de Saint-Nazaire et la CARENE assurent une progressive et légitime rénovation des quartiers les plus sensibles. En échange, elle semble attendre d’eux le satisfécit d’un vote de gauche. Mais qu’elle n’est pas sa déception, le jour des élections venu ! En lieu et place d’un blanc-seing au socialisme, c’est à hauteur de 20 %, 25 %, parfois 27 % que les quartiers nazairiens les plus sujets aux fragilités sociales donnent suffrage au Front national pour proposer l’autre politique, c’est-à-dire celle des intérêts nazairiens d’abord.

Vous n’entendez rien à cela, vous plaignant de ces Nazairiens dont on rénove le cadre de vie et qui, n’ayant rien compris manifestement, voteraient quand même FN. Mais rénover ou redécorer ne fait pas tout ! Alors, oui, ce sont de bien jolis revêtements vantant l’identité industrielle de notre ville qui ont été placés la semaine dernière sur les parois du Paquebot. Mais non, cela ne change rien. Cela ne change rien au taux de vacance commerciale, qui reste toujours à 15 %, le double de la moyenne nationale. Un cache-misère ne fait pas une politique d’urbanisme !

Les Nazairiens le savent. Ils le sanctionnent. Même là où la vie est moins dure, le vote FN devient plus homogène. Mais votre incompréhension est la même, comme si tout allait bien partout, y compris en centre-ville, où ce vote n’est plus anecdotique. Il n’est qu’une juste réponse à la désertification commerciale et culturelle consentie depuis des années par la gauche, ces commerces de proximité, ces cafés, ces animations qui n’existent pas ou plus ; ce paquebot qui tangue faute d’incarner le vaisseau amiral d’un centre-ville attractif.

Cela fait bien des griefs, et il est inutile d’aller plus loin. Je pourrais évoquer votre fascination pour la métropole nantaise, qui ne va pas contre le décrochage de nos quartiers. Mais la position du FN est connue… Aussi je préciserai simplement que, comme pour la délibération n° 3, je ne donne aucun blanc-seing à ce type de plan détaché de toute réalité. Et donc, je voterai contre.

Monsieur le président, mes chers collègues, je vous remercie pour votre attention.

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