Conseil municipal de Saint-Nazaire : interventions du 18 novembre 2016

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Interventions de Stéphanie Sutter et Gauthier Bouchet au conseil municipal de Saint-Nazaire, séance du 18 novembre 2016

Délibération n° 1

Décisions prises par le maire en application de l’article L 2122-22 du Code général des collectivités territoriales (période du 11 septembre au 5 novembre 2016) — Compte rendu au conseil Municipal — Communication

Intervention de Stéphanie Sutter

Seul le prononcé fait foi.

J’aimerai revenir sur une décision prise par monsieur le maire, concernant la direction de la logistique — Service restauration municipale — cession du petit matériel de cuisine à la société ASCM37 situé en Indre-et-Loire. Il s’agit d’une décision prise le 6 octobre dernier.

Pour une somme très modique, ce matériel est cédé à une société privée, spécialisée dans le secteur d’activité de la vente par automates et autres commerces de détail hors magasin, éventaires ou marchés.

Nous sommes très heureux de leur bonne fortune, mais, ici même à Saint-Nazaire ou sa région, des œuvres caritatives préparent des repas chaque jour pour les plus infortunés. N’auraient-elles pas pu bénéficier soit gracieusement soit par un euro symbolique de ce type de matériel ? Au vu de la somme en jeu, je doute que cela face un énorme trou dans le budget très conséquent de la Ville.

Merci de nous éclaircir à ce sujet.

Délibération n° 2

Communauté d’agglomération de la région nazairienne et de l’Estuaire (CARENE) — Rapport d’activités 2015 — Communication

Intervention de Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Ce rapport d’activité de notre communauté d’agglomération en 2015 va, nous le supposons, donner lieu à débat. En tout cas, même s’il s’agit simplement de donner acte, le groupe Saint-Nazaire Bleu Marine aurait quelques remarques.

Merci pour la clarté du document, les chiffres, les grands projets, bien résumés, qui donnent une idée assez globale de ce qu’est notre intercommunalité. Vous contribuez, monsieur le maire — en tout cas les services de communication de la CARENE — à rendre plus accessible ce qui, d’ordinaire, est assez difficilement compréhensible des Nazairiens comme des neuf autre communes, les « Caréniens », comme vous dîtes… Il y a quelques mois nous disions, en badinant un peu… mais avec un fond de sérieux, tout de même que, pour beaucoup de Nazairiens, la CARENE se résume à un logo sur leurs poubelles. Et pour le reste c’est opacité, transferts de compétences depuis les communes concernées, et, malgré votre volonté forte et affichée de présider le conseil de la CARENE selon un mode assez transpartisan, assez apaisé, c’est quand même une gestion assez politisée… et même assez politicienne. Il faut observer par exemple que, si le Parti socialiste, à Saint-Nazaire, adopte désormais la politique du mandat unique — madame Lucas nous l’a assez rappelé l’an dernier — vous contournez indirectement ce principe, en étant à la fois maire de Saint-Nazaire et président de notre intercommunalité. C’est donc un deux poids-deux mesures : un de plus. Et c’est aussi une double indemnité : 4 100 euros et 4 100 euros… qui font plus de 8 000. Eh oui. Enfin !…

Merci pour ce rapport, donc, clair et bien documenté. Mais nous aurions quelques réflexions à formuler.

D’abord, il ne suffit pas, monsieur le maire, pour agir dans le réel, de proclamer de bonnes intentions. Nous voulons tous, croyez-le bien, que la région nazairienne soit une « terre d’emplois et d’activités », que ses « services soient au plus près de [ses] citoyens », qu’il faille « imaginer notre territoire » et autres grandes idées, très généreuses… très générales. Mais nous ne croyons pas qu’il existe une seule collectivité en France qui se projette comme « terre de chômage », avec des « services toujours plus éloignés des concitoyens »… Même dans les municipalités Front national, vous le savez, chez les méchants, on a ce goût de l’intérêt général. Mais c’est tellement évident qu’il ne sert pas à grand-chose de le proclamer ainsi, de manière incantatoire, d’autant plus quand cela recouvre une réalité assez inverse.

Car ensuite, il faut bien dire les choses, en guise de « terre d’emplois » nous avons toujours une ville en décrochage, qui connaît le chômage, malgré vos offensives régulières de communication, malgré cette attention par petites touches, par petites pastilles, au commerce de notre centre-ville, malgré nos performances industrielles historiques, cette année. Nous savons tous, sur ce dernier point, qu’en mai dernier, Saint-Nazaire était à la fête. Les ouvriers de Saint-Nazaire ont mis la dernière main au plus grand paquebot du monde, l’Harmony of the Seas, même si finalement à lire la presse, on avait plutôt l’impression que c’était David Samzun qui, comme ça, à mains nues, avait forgé ce paquebot. Et vous étiez comme nous tous, comme des milliers de Nazairiens (peut-être même des dizaines de milliers, je ne sais pas combien on était dans la rue), monsieur le maire, le jour du lancement, dans la rue, à la fête… évitant soigneusement au passage Jean-Claude Blanchard et moi-même lorsque vous les croisiez, mais vous étiez à la fête quand même. Et puis, patatra, en juin, on nous annonçait la perspective d’immenses difficultés pour les Chantiers navals, malgré le carnet de commandes plein jusqu’en 2026, ces immenses difficultés que vous niez en bloc, même si les syndicats et le Front national sonnaient régulièrement l’alarme, depuis trois ans. Alors, le « Ça va mieux » présidentiel que vous proclamiez dans les médias, même nationaux, s’est envolé, monsieur le maire. Tout comme s’envolera, d’ici quelques mois, le « Ça va mieux » que vous croyez percevoir dans notre centre-ville. Selon nous, cela ne va pas mieux dans le centre-ville. Déjà, il est étrange, dans ce document, que le fonds d’aide de 2015 soit mentionné comme étant destiné « au centre-ville et [aux] centres-bourgs de la CARENE ». « Centres-bourgs » au pluriel, on le comprend puisqu’il y a neuf communes. Mais qu’est-ce que c’est, le « centre-ville de la CARENE » ? Est-ce que cela existe ? Vous parlez bien sûr du centre-ville de Saint-Nazaire, et c’est la preuve que la CARENE, comme la plupart des intercommunalités, est au service de l’influence d’une ville-centre. Mais surtout, le prétendu « centre-ville de la CARENE » n’est pas l’image d’Épinal que vous en donnez. Nous sommes navrés, mais cette photo que nous avons en page 12, c’est une image d’Épinal. Ce n’est pas l’illustration de la réalité du centre-ville nazairien et du commerce nazairien. C’est « visuel non contractuel », comme l’on dit. Cette image, elle existe. Mais on la voit essentiellement les samedis après-midi, entre le Paquebot et le Ruban bleu. Et pour le reste, ce sont d’autres images : rues vides, animations faibles, sécurité peu évidente — et nous le constations encore jusqu’à il y a quelques semaines au Bon passage — beaucoup de commerces fermés aussi, puisque Saint-Nazaire a toujours 15 % de taux de vacance de ses locaux commerciaux, même si vous essayez, depuis l’hiver dernier, de maquiller cette vacance avec de grandes affiches, positives, croyez-vous.

Enfin, il y aurait d’autres choses à dire sur votre volonté continuelle de vouloir en rajouter systématiquement sur le thème du vivre-ensemble. La position du Front national est assez connue. On ne va pas y revenir. Mais, monsieur le maire, qui êtes aussi président de la CARENE, songez à ces remarques.

Délibération n° 17

Grand café — Demande de subventions auprès de la DRAC et du Département

Intervention de Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Cette demande de subventions du Grand café auprès de la Direction régionale des affaires culturelles et du Département amène quelques remarques de la part de notre groupe d’élus. Plus exactement, nous rappelons une position que nous avions déjà exprimé dans un précédent conseil, en novembre 2014,  puisque débattant sur une demande de subvention équivalente, les élus du Front national exprimaient alors des réserves sur la programmation culturelle du Grand café, dont nous sommes bien obligés de dire qu’elle n’a pas beaucoup varié, nous semble-t-il, en deux ans.

Nous vous savons, monsieur le maire, très attachés au Grand café, à l’institution, à ses œuvres, à l’atmosphère créative qui semblerait se dégager de ce point de rencontre de la culture nazairienne, cet ancien « gueuloir » du XIXe siècle. C’est monsieur Bulting qui nous avait rappelé que c’était un gueuloir . Je ne sais pas pourquoi, d’ailleurs, monsieur Bulting a précisé tout à l’heure qu’il était membre du PRG, alors qu’il me semblait que l’on avait pas le droit de parler de nos formations politiques respectives. Cela m’étonne un peu, d’autant que le PRG, c’est une toute petite chose. C’est 1 % de 30 % du corps électoral. Donc, cela n’en valait pas la peine, je pense. Ce Grand café, donc, c’est pour un nombre important de Nazairiens un lieu éminent de la culture. Il fut fondé par la famille Briand, qui est un des pères éminents de notre république. Et pour nous, c’est l’intérêt principal de ce lieu, parce que ce n’est ni un lieu grand public, ni le haut lieu culturel que vous prétendez.

Le Grand café se prétend être le lieu de passage d’une multitude de Nazairiens. Mais il accueille assez peu de public, et avant tous des scolaires, qui gonflent naturellement son audience. Cela n’est pas la ruche de la création nazairienne que beaucoup semblent voir ici dans la majorité, mais un quasi-désert où l’on ne se fréquente qu’entre classes sociales acceptables.

C’est l’autre grand problème du Grand café. Il promeut l’image d’un art populaire, libre et en adéquation avec l’histoire et la culture nazairennes, en tout cas, officiellement. Mais en réalité, il est l’artisan d’un art bourgeois, élitiste et subventionné — nous en savons quelque chose, puisque nous votons une subvention —  en décalage croissant avec ce que sont les véritables attentes des Nazairiens en termes d’art, leurs préoccupations et leur conception même de l’art. Je ne rappellerai ici l’anecdote que nous évoquions il y a deux ans, mais il y a quand même cette tendance du Grand café à vouloir infantiliser ceux qui viennent le visiter, au prétexte de la pédagogie…

Monsieur le maire, nous vous avertissions, il y a deux ans, de la nécessité de diversifier l’offre culturelle, artistique et créative du Grand café. Comme nous vous l’expliquions alors, « nous nous attachons à un art qui puisse rendre justice à l’aspect singulier de notre ville [et] regrettons qu’il préfère constamment piocher aux quatre coins du monde dans sa programmation… »

Comme d’habitude, vous restez dans vos certitudes, et refusez d’infléchir un tant soit peu votre politique.

Monsieur le maire, mes chers collègues, je vous remercie pour votre attention.

Délibération n° 19

Maison des écrivains étrangers et des traducteurs (MEET) — Département de Loire-Atlantique — Institut français — Convention à conclure — Autorisation de signature

Intervention de Stéphanie Sutter

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Au nom de Saint-Nazaire Bleu Marine, je ferai quelques brèves remarques sur la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs (MEET). Cette délibération revient régulièrement dans nos débats, et il est bon de faire un point d’étape.

Sur le fond, la MEET aurait tout pour nous plaire. En soutenant cette initiative, qui fête cette année ses vingt ans, la ville de Saint-Nazaire s’affirme ainsi comme le point de ralliement d’écrivains venus du monde entier, accueillis avec hospitalité au Building.

Mais dans la forme, la MEET doit encore fournir quelques efforts. Étant subventionnée par l’argent public, il lui faut en retour rendre un peu de cette aide généreuse. Les auteurs animant la MEET devraient par principe, sans forcément dédier leurs œuvres à Saint-Nazaire (car il ne s’agit pas de vouloir brider leur créativité) au minimum consacrer quelques pages à l’opinion qu’ils se font de notre ville, dans le cadre d’une préface ou d’un avant-propos.

Ce serait là le meilleur et le plus symbolique remerciement qu’ils pourraient faire aux Nazairiennes et aux Nazairiens pour les accueillir. Une clause de cette convention devrait être imaginée, qui fixe cette exigence : celle de donner un peu à Saint-Nazaire, pour en recevoir beaucoup.

Notre groupe votera en faveur de cette délibération.

Je vous remercie.

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