Conseil municipal de Saint-Nazaire : interventions du 1er juillet 2016

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Interventions de Jean-Claude Blanchard, Stéphanie Sutter et Gauthier Bouchet au conseil municipal de Saint-Nazaire, séance du 20 mai 2016

Question préalable

Intervention de Jean-Claude Blanchard


Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, chers collègues.

Le vivre-ensemble socialiste ou la loi républicaine au conseil municipal ? Le groupe socialiste nous abreuve à chaque conseil municipal du fameux « vivre-ensemble ». La question que nous avons déjà posé en tant que groupe Saint-Nazaire Bleu Marine, est : « Vivre ensemble avec qui ? ». « Vivre ensemble » avec monsieur Cotta, adjoint au maire, le vivre-ensemble dans l’insulte et le mensonge ?

Monsieur Cotta, au cours et après un conseil municipal, qualifiait notre collègue Gauthier Bouchet, de « facho » et de « nazillon ». Le groupe Saint-Nazaire Bleu Marine-Front national demande officiellement la démission de Christophe Cotta.

En effet, le 20 mai dernier, après le conseil municipal, monsieur Cotta, dans un tweet, falsifiait les propos de monsieur Bouchet, affirmant que monsieur Bouchet rêvait de « passer les socialistes au Zyklon B » propos que n’a jamais tenu, ni même pensé monsieur Bouchet, qui se fait qualifier dans ce tweet de « facho ». Dans un deuxième temps, à dix-sept heures trente, un nouveau tweet de monsieur Cotta, envoyé aux journalistes — à madame Ryo de L’Écho de la Presqu’île, à madame Robin de Ouest-France, et monsieur Dahéron de Presse Océan — qualifiait monsieur Bouchet de « nazillon ».

Tous ces faits ont fait l’objet d’une constatation par voie d’huissier. Que monsieur Cotta s’affranchisse ainsi des règles et des lois républicaines a amené monsieur Bouchet à porter plainte devant le Tribunal.

Cette affaire date d’un mois maintenant. Je n’ai vu, ni entendu Monsieur Cotta regretter les termes qu’il avait employé, ce qui devrait l’amener à nous les répéter et à les confirmer aujourd’hui même de vive voix devant ce conseil. Je n’ai ni vu, ni entendu la majorité municipale socialiste se désolidariser, ou regretter l’outrance de ces propos, ce qui nous amène à penser : « Qui ne dit rien, consent. »…

Je vais prendre le risque de répondre à l’insulte par l’insulte. Ce n’est pas bien, je le reconnais.

J’ai participé dans notre ville aux manifestations syndicales contre la loi Travail. J’ai entendu un mot par des milliers de travailleurs nazairiens, qui remettent en cause la régression sociale, la casse des droits sociaux, les tentatives d’interdiction de manifestations, le ou les 49.3, etc.

Oui, ce mot qui devient une insulte, je vais le prononcer. Oui, monsieur Cotta vous êtes bien un socialiste. Et nous demandons votre démission.

Merci de votre attention.

Délibération n° 18

Extension et restructuration du gymnase de Kerlédé Paul Lièvre à Saint-Nazaire — Demande auprès de l’Europe au titre du FEDER 2014-2020 — Investissement territorial intégré (ITI) — Axe 4, « Soutenir la transition vers une économie à faibles émissions de carbone dans tous les secteurs » — Modification et approbation

Intervention de Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Disons-le dès maintenant, pour ne plus en reparler : oui — évidemment, oui — à l’extension et la restructuration de ce gymnase. Nous soutenons d’autant plus cette mesure qu’elle procède d’une politique de transition énergétique et écologique, au service de la décarbonation de notre économie, c’est-à-dire, rendre notre économie moins dépendante des énergies fossiles, « classiques », qui se raréfient. Mais cela n’est vraiment pas le sujet principal. Parlons des 164 000 euros du Fonds européen de développement économique et régional (FEDER) 2014-2020, attribués pour cette opération. Et rappelons, à ce titre, quelques vérités sur notre appartenance à l’Union européenne.

J’observe que débattre sur les sujets européens, et vous venez de le rappeler par vos ricanements, devient désormais difficile dans nos assemblées locales. Mardi dernier, j’essuyais d’ailleurs au conseil de la CARENE des critiques infondées de Jean-Claude Pelleteur et d’Alain Saillant, élus de Pornichet, qui remettaient en cause une intervention ayant selon eux plus de place « au Parlement européen ». Je ne le pense pas. Vous le savez, et je l’ai d’ailleurs évoqué plus loin en séance, ce n’est pas la vision du Front national, qui veut parler des vrais sujets, dire franchement les choses et ne regarde pas la taille ou la forme des assemblées… Mais nous vous savons, pour un certain nombre d’entre vous, fascinés par les ors. Et des assistants parlementaires parmi les membres de cette majorité les connaissent déjà bien, ces ors. Alors pour eux, le débat, ce type de débat, tout type de débat, d’ailleurs, n’a sa place qu’au Parlement. Et ici, cela ne serait qu’une chambre d’enregistrement. Eh bien non ! L’Europe doit pouvoir être expliquée et débattue jusque dans le conseil municipal, ne serait-ce que pour la faire aimer, parce que je ne suis pas certain que nos concitoyens aiment tellement l’Europe ; il est certain qu’en plus, si vous n’en parlez pas ici, ils l’aimeront d’autant moins.

Nous sommes obligés de dire des choses qui relèvent du lieu commun. Mais avec vous socialistes, il faut parfois souligner à l’excès des banalités pour espérer être entendus, tant vous faussez constamment le réel. Il est banal de dire que le FEDER et l’Union européenne sont liés, le premier étant le fruit du second. Il est banal, encore, d’indiquer selon nous, que, l’on parlerait moins bien, voire, qu’il ne serait pas possible de parler, puisque il serait difficile de comprendre, du FEDER et de ce type de fonds structurels sans, d’une part, évoquer l’Union, et, éventuellement, en débattre.

En occultant du débat public toute opinion sur l’intégration européenne, quitte par exemple à citer l’ancien président Mitterrand — vous essayez monsieur Samzun, vous essayez… mais il faut connaître les citations ; monsieur Mitterrand, il n’a pas parlé du populisme au Parlement européen, le 17 janvier 1995, mais du nationalisme, bon, vous avez essayé, cela n’a pas réussi — cette majorité, la vôtre, montre combien elle est sectaire. Pourtant, ce sectarisme n’est pas partout de mise. Ainsi, le conseil régional a consacré, le 24 juin, une demi-heure de débats au lendemain du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Ce n’est pas ce que je suggère ici, mais c’est un complet décalage avec ce que je vois dans nos assemblées locales. Et vous le savez que ce débat a eu lieu, puisque notre ancienne collègue, Violaine Lucas, siégeant dans cette assemblée, eh bien, le groupe socialiste a pris part au débat, aux côtés des écologistes. Et mieux, ou pire, vos vingt-deux élus ont cru bon et pertinent de pouvoir apposer le petit fanion européen à étoiles d’or sur leurs pupitres, chose qui ne semble absolument pas vous avoir dérangé. Mais au reste, qu’est-ce que vous contestez, exactement ? Critiquez-vous que l’on parle d’Europe, ou que l’on en parle mal ?

Il faut en tout cas remarquer, et faire savoir à tous les Nazairiens, que vous ne supportez pas le débat contradictoire sur des institutions qui, pourtant, par leur caractère supranational (c’est-à-dire, qui se place au-dessus des nations) conditionnent les lois et le devenir de cinq cents millions d’Européens. Vous ne supportez pas que des Nazairiens puissent douter de l’Europe actuelle, alors qu’un cinquième d’entre eux tout de même vote pour des formations politiques se revendiquant comme « eurosceptiques ».

Pour les Nazairens, comme les Français en général, les sujets européens, tout à la fois intéressent (parce que ils sont intéressants) et demeurent inaccessibles, en même temps. Et, nous le pensons, ils demeurent volontairement inaccessibles. C’est notamment ce qui motive l’opposition de fond du FN à la forme contemporaine de notre construction européenne : outre que nous la contestons politiquement — sinon, philosophiquement — nous la savons illisible, et craignons qu’il s’agisse d’un choix délibéré de nos dirigeants, pour isoler le peuple dans ses doutes, l’isoler dans le désintérêt, et conforter, toujours plus, une technocratie « sachante », des experts qui « savent ». Nous savons pourtant qu’ils ne savent pas tout, pire encore qu’ils ne savent pas grand-chose, et qu’ils sont jaloux de leur peu de savoir.

Écologiste sincère, vous ne sauriez par exemple, j’en suis sûr, madame Hameau, ne pas être indignée comme nous le sommes que, dans un tout autre domaine, les « sachants » européens refusent l’accès public au savoir du futur traité de libre-échange transatlantique TAFTA… sinon à une poignée de parlementaires dépouillés de tout stylo, papier, appareil photo ou d’enregistrement, pour que le savoir des sachants reste entre ceux qui savent.

Alors, sur les fonds européens, comme sur ces traités, décloisonnons les savoirs, et faisons savoir… que cela marche mal, et bientôt cela ne marchera plus. Le Royaume-Uni vient d’ouvrir la voie. Il donnait, lui aussi, son argent à l’Union européenne (15 milliards ou 15,2 milliards d’euros par an) et il ne veut plus, comme une majorité de Français, gaspiller son argent. Ainsi, comme chaque année, lors de ce type de délibérations, nous disons — je ne sais pas si c’est une litote ? — « Votons pour notre argent. » Nous disons des évidences… C’est étrange à dire mais, monsieur Samzun, petit personnage que l’européisme rend bruyant, nous force à dire ces banalités. Disons cette évidence, mais changeons de politique, l’an prochain.

Délibération n° 41

Quartiers Petit Caporal, Dolto et Landettes — Mise en place de conteneurs enterrés pour la collecte en apport volontaire des déchets ménagers — Convention à conclure entre la CARENE, l’OPH SILENE et la Ville de Saint-Nazaire — Approbation et autorisation de signature

Intervention de Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

J’interviens pour indiquer, brièvement, un vote favorable de notre groupe concernant cette délibération sur les nouveaux conteneurs enterrés de déchets. Je ne doute pas du caractère unanime des votes de notre conseil… Mis en place ces dernières années dans un nombre croissant de collectivités, y compris beaucoup de communes plus petites que Saint-Nazaire, ces conteneurs ou colonnes enterrés présentent bien sûr un grand nombre d’avantages.

Tout d’abord, la conséquence de ce type de dispositifs, c’est de progressivement diminuer le nombre d’anciens bacs mobiles à ordures, qui sont un peu encombrants, malodorants, qui sont sujets, éventuellement, aux risque d’incendies, et qui gâchent un petit peu, il faut dire, notre paysage urbain. Ces bacs siglés de l’ancien logo de la CARENE furent d’ailleurs d’une certaine façon, depuis 2001, le premier contact, le premier moyen, pour les Nazairiens, de se familiariser avec ce qui constitua alors une nouveauté : l’association de neuf communes dans une même communauté — c’est-à-dire l’intercommunalité actuelle, moins Pornichet, pour rappel — notamment pour mutualiser la gestion de leurs déchets.

Et à ce titre, même si nous reconnaissons à la marge un certain nombre de mutualisations intéressantes offertes par les intercommunalités — elles ne sont pas très nombreuses, selon nous, mais elles existent — dans des domaines comme le traitement des déchets, et puis quelques autres (le tourisme, la culture, la politique sociale…), personnellement, nous, élus du Front national, aimerions pouvoir jeter la CARENE à la poubelle dès avril 2020, au profit d’une simple conférence annuelle consultative des élus, tous groupes politiques confondus, élargie d’ailleurs aux acteurs syndicaux, associatifs, socio-économiques, si bien sûr une loi nouvelle sur les EPCI nous le permettait. Et s’agissant de cette CARENE à jeter, bac mobile ou colonne enterrée, eh bien, nous prendrons ce qui existe, on ne serait pas difficile, et nous appliquerons le tri sélectif des élus, entre les différentes nuances de filous.

Deuxième avantage des colonnes, les conditions de travail des agents de collecte sont améliorées : moins de contact avec les déchets, moins de risques d’accidents en montant et descendant des marchepieds des camions.

Ensuite, par leur seule installation, ces conteneurs devraient logiquement entraîner une raréfaction du vrac, ce qui n’est toutefois pas toujours le cas. J’en fais personnellement régulièrement l’expérience dans ma rue, le soir ou aux petites heures du jour, où le bloc de colonnes qui est situé entre le Paquebot et la rue d’Ypres est systématiquement encombré de vrac, alors qu’il est rarement saturé. Alors il y a peut-être quelque chose à faire, je ne sais pas, au niveau de la Mairie, en termes de sensibilisation des habitants, pour que cela cesse à l’avenir, ou que cela ait moins lieu, dans l’intérêt de chacun et pour garantir la propreté de nos espaces publics, de tous nos espaces publics, surtout dans un centre-ville déjà fragilisé économiquement, et qui ne doit donc pas subir une avarie supplémentaire, qui est celle de la saleté.

Car enfin, et ce n’est pas la moindre de choses : ce type de dispositif, en rendant nos rues plus propres, au-delà d’un impératif de propreté, est un impératif dans le domaine du symbole, une juste réponse face à ces idées reçues péjoratives sur Saint-Nazaire, mais en fait, les villes industrielles en général. Nous avons tous en mémoire, en effet, les remarques désobligeantes formulées début février dernier sur Canal + par les humoristes Éric et Ramzy, sur notre ville, « moche », entièrement « à détruire ». Moi, je ne partage pas cet avis…

Ce type d’affront sera bien sûr lavé par des politiques publiques ambitieuses, qui, hélas, sont encore absentes de ce municipe, à quelques exceptions spectaculaires du type Front de mer III, mais qui forment un effet de loupe pour faire oublier ce qui ne marche pas. Il n’y a pas de petites mesures toutefois pour améliorer l’image, la vitalité économique et la propreté de notre ville, et il faut donc approuver cette extension de nos colonnes enterrées.

Merci de votre attention.

Délibération n° 46

Réponse à Jean-Luc Séchet et Vincent Séguéla, conseillers municipaux socialistes

Intervention de Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

C’est pour faire suite aux propos de monsieur Séchet et de monsieur Séguéla. Je me suis expliqué, parce que on me l’a demandé (je ne me suis pas manifesté) dans Ouest-France au mois de mars, sur le fait qu’étant élu local et élu communautaire, je ne me voyais pas la nécessité d’être prosélyte dans le conseil de quartier auquel j’appartiens, et de constamment concentrer la parole publique. Cela me semble inutile.

Votre position sur la présence du FN dans les conseils de quartiers me semble malhonnête. Stéphanie Sutter rappelait qu’elle était présente à son conseil hier soir, et très participative. Voilà, c’est toujours la même malhonnêteté. Je ne vois pas très bien pourquoi le FN n’aurait pas le droit de participer aux conseils de quartiers. Je ferai quand même la remarque que si vous n’interdisiez pas les appartenances partisanes, vous n’auriez pas dans Ouest-France des focales sur la présence du FN, puisque il ne serait pas plus présent que les autres partis. Voilà.

Mais, tout le monde sait que vous changerez le règlement en 2017 pour que les élus locaux n’y soient plus. C’est votre affaire, ce n’est pas la nôtre.

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