Conseil municipal de Saint-Nazaire : interventions du 20 mai

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Interventions de Jean-Claude Blanchard, Stéphanie Sutter et Gauthier Bouchet au conseil municipal de Saint-Nazaire, séance du 20 mai 2016

Question préalable

Jean-Claude Blanchard

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Où en est le socialisme nazairien ? On peut se le demander, entre ses absences et ses errements. Par exemple, notre groupe d’élus souhaiterait obtenir quelques éclaircissements sur vos absences récentes lors de cérémonies officielles. En effet, nous n’avons pas eu l’honneur de votre présence le 8 mai dernier pour commémorer la victoire alliée sur le nazisme, ni le 10 mai pour la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Que motivent ces absences : des congés bien mérités, je suppose ?

Étonnés par cette regrettable absence, nous vous appelons à vous conformer à l’ensemble de vos devoir de maire, parmi lesquels celui de votre assiduité aux cérémonies officielles… Ou bien alors, il ne faut pas vous complaire en critiques et réprimandes vis-à-vis des élus du Front national sur ce même sujet de l’assiduité, comme vous le faites depuis deux ans.

Voilà ce qui arrive, à force de cumuler : présidence de la CARENE, Mairie de Saint-Nazaire… Cela fait beaucoup pour un seul homme, qui, par ailleurs, critique le cumul des mandats d’une partie de son opposition, sans s’être jamais, il y a quelques années encore, étonné du cumul de sa propre majorité, celui de monsieur Grosvalet, celui de madame Bouillé, tout comme, en 2016, celui de madame Meignen, qui, de Saint-Malo-de-Guersac à Nantes — avec un crochet par Saint-Nazaire — cumule depuis plus d’un an ses trois mandats de conseillère municipale, conseillère communautaire et conseillère départementale.

C’est constamment, une double éthique qui anime le PS — le parti des socialos (je n’ose plus dire celui des socialistes !) — soit critiquer l’assiduité des élus de l’opposition, mais ne pas être assidu soi-même, critiquer le cumul des mandats, mais cumuler soi-même, les indemnités de dix-mille euros mensuels allant avec, l’équivalent de neuf SMIC ! Nos gars de l’Harmony of the Seas, qui, bien malgré eux, bâtissent votre carrière, apprécieront.

Mais David Samzun est-il un cas à part dans les rangs socialistes ? Non ! Bien loin de là… Et il nous faut, pour être complet, dresser un état des lieux de la corruption socialiste. Alors, parce qu’il est dans la moyenne du PS, on comprend mieux le comportement du de notre maire, David Samzun, sans l’excuser.

Il existe des listes honteuses ! Vous pointez du doigt le Petit Guide Bleu Marine. Ce n’est que pour mieux faire oublier la Grande liste rose. Cette liste, ce n’est pas un site d’extrême drooaate qui la diffuse, mais un certain Jean-Noël Guérini, ancien président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône. Je le cite : « Je pourrais envisager de démissionner lorsque tous les élus du PS condamnés définitivement — et ils sont nombreux, malheureusement — auront également démissionné de toutes leurs fonctions exécutives. Cette règle doit être également appliquée à tous les élus socialistes mis en examen. Il y a cinquante-sept élus socialistes, maires de grandes villes, parlementaires ou présidents de conseils généraux, qui ont été mis en examen ou condamnés, et qui continuent à occuper d’éminentes fonctions. »

S’ensuit une liste d’une cinquantaine de personnalités du Parti socialiste. Je ne vais pas vous l’apporter en mains propres, comme vous l’avez fait théâtralement lors de la dernière séance du conseil municipal. Mais je tiens à votre disposition cette Grande liste rose, celle du rose mafia, dont je ne peux m’empêcher de citer certains grands personnages :

  • Andrieux, Sylvie, députée, condamnée à trois ans de prison dont deux avec sursis, pour complicité d’escroquerie et détournement de fonds public, qui siège encore aujourd’hui à l’Assemblée, et vote donc des lois avec un bracelet électronique… ;
  • Ayrault, Jean-Marc, ministre des Affaires étrangères et qui, en 1997, alors député, avait été condamné pour délit de favoritisme dans l’attribution d’un marché public ;
  • Cambadélis, Jean-Christophe, premier secrétaire de votre parti, accusé de recel d’abus de confiance, condamné en 2006 à six mois de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende dans l’affaire des emplois fictifs de la MNEF ;
  • Désir, Harlem, condamné à dix-huit mois de prison avec sursis pour avoir reçu un salaire fictif mensuel par une association pour « l’éducation des migrants » ;
  • etc., etc.

Et que dire de Monsieur Thévenoud et de sa « phobie administrative », de monsieur Cahuzac, tristement « connu » pour une affaire de blanchiment de fraude fiscale ? Je vous fais grâce de la quarantaine de noms qui suivent, mais cela fait beaucoup de « rose mafia ».

Pour en revenir au socialisme gouvernemental, et donc au socialisme municipal dont vous êtes le représentant local, quelques questions se posent, monsieur le maire… Vous sentez-vous à l’aise dans le parti du 49.3 ? Vous sente-vous à l’aise dans le parti de la loi el-Khomri ? Vous sentez vous à l’aise dans le parti qui laisse les groupuscules d’extrême gauche mettre à sac nos villes : Nantes, Rennes, etc. ? Contrairement à l’une de vos déclarations, où vous instrumentalisiez la Journée du souvenir des déportés pour attaquer le FN, moi, je n’entends pas le bruit des bottes de l’extrême droaate sur l’Europe. Mais je vois tous les jours les milices d’extrême gauche tolérées par le pouvoir socialiste, attaquer la police, jusqu’à la tentative de meurtre. Nous aurions d’ailleurs apprécié voir un représentant de la municipalité à la manifestation de soutien aux policiers de Saint-Nazaire, mercredi dernier, devant le commissariat. Mais vous n’étiez pas présents le 8 mai, ni le 10. Pourquoi espérer, bêtement, votre soutien des policiers contre les casseurs ? Sur ce sujet comme tant d’autres, oui, entre vos absences, vos coups de com’, et vos errements, nous ne voyons aucun cap. Nous ne savons pas vers où votre parti, et la majorité qu’elle commande, souhaite conduire Saint-Nazaire, si ce n’est dans le mur. Où en est le socialisme nazairien ? Chacun se le demande…

Monsieur le maire, chers collègue, je vous remercie de votre attention.

Réponse à Philippe Deguiral, maire-adjoint (EÉLV)

Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Je vais répondre à monsieur Deguiral, qui nous accuse d’être les falsificateurs de l’Histoire. Vous parlez, donc, de l’exemple de Villers-Coterêts, où il y a effectivement un maire Front national, qui s’appelle Franck Briffaut. Il faut quand même se rappeler que Villers-Coterêts, c’est aussi l’Édit de Villers-Coterêts, qui consacre la langue française comme langue d’État, et qui fait que nous pouvons protester en des très beaux textes, en des textes très poétiques, contre l’esclavage, dans cette belle langue qu’est la langue française.

Et puis, vous vous dîtes détaché de la majorité socialiste. Vous en seriez un peu l’allié ou le pseudopode, je ne sais comment l’on peut dire. Vous êtes écologiste. C’est votre droit. Et en cela, vous dîtes, « Nous ne sommes pas forcément solidaires de tous les choix de la majorité socialiste. Nous ne sommes pas forcément solidaires de toutes les options du Parti socialiste. », et vous essayez de faire une falsification — une bonification, en quelque sorte — du rôle de ce qu’était le parti socialiste de l’époque, c’est-à-dire, la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), dans la Deuxième guerre mondiale.

Je voudrais simplement rappeler que sur les quinze membres de la commission permanente du principal parti collaborationniste français, le Rassemblement national populaire (RNP), dirigé par un député SFIO, Marcel Déat, il y avait un homme de droite, un communiste, treize élus ou militants SFIO. Cela se vérifie très facilement sur Internet. Au besoin, nous pouvons publier une nouvelle liste, si vous le souhaitez…

Quant à son chef, Marcel Déat, ça n’était pas tout à fait un vendeur de L’Humanité, ça n’était pas quelqu’un qui, comme ça, par hasard, aurait cotisé deux ou trois mois à la SFIO. Cet homme-là appelait à ce qu’il se constitue en France des camps de concentration. Essayez de vous en rappeler, avant de nous faire la leçon, s’il vous plaît, monsieur.

Délibération n° 3

Police municipale — Acquisition de gilets pare-balles — Demande de subvention — Autorisation de signature

Jean-Claude Blanchard

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, chers collègues.

Concernant cette délibération sur la fourniture de gilets pare-balles, bien sûr, le groupe Saint-Nazaire Bleu Marine, ne s’abstiendra pas, ne votera pas contre. Il l’approuvera, mais… Nous étions les premiers, pendant la campagne des élections municipales, il y a trois ans, à réclamer la création d’une police municipale à Saint-Nazaire. Notre proposition fut moquée par toute la classe politique nazairienne.

Mais, miracle, la majorité socialo de Saint-Nazaire changeait de braquet l’an dernier, et proposait de créer une police municipale. Bravo ! Nous vous avons soutenu. Aujourd’hui, il s’agit de l’équiper de gilets pare-balles. Encore une fois, bravo ! Comme vient de le dire monsieur Perrin, c’est tout à fait prioritaire à Saint-Nazaire.

Le métier de policier municipal est un métier à risques. Rappelons-nous à ce titre de la policière municipale Clarissa Jean-Philippe, assassinée l’an dernier à Montrouge par le terroriste islamiste Amédy Coulibaly.

Nous disons donc oui aux gilets pare-balles. Mais allons jusque au bout de cette logique. Si nos policiers courent un risque accru dans l’exercice de leurs fonctions, ils doivent pouvoir se défendre. Alors, armons la police municipale. De nombreuses municipalités, de droite comme de gauche, se sont résolues à cette solution. Cela ne fera pas de Saint-Nazaire une municipalité d’extrème droaate !

Monsieur le maire, chers collègues, je vous remercie de votre attention.

Délibération n° 19

ZAD du Soleil Levant — 11 rue du Ménaudoux — Acquisition d’un terrain — Les Consorts Dieulangard, propriétaires

Stéphanie Sutter

Seul le prononcé fait foi.

Sur la délibération précédente, nous avons acté une acquisition de terrain à 138 euros le mètre carré. Ici, le terrain qu’on nous propose au vote est situé dans la même zone, voire elle touche presque la parcelle sise rue du Soleil Levant. Or, le terrain situé 11 rue Ménaudoux nous est proposé à 170 euro le mètre carré, soit 20 % de différence.

S’agissant de nos deniers publics, nous souhaiterions savoir pourquoi il y a une telle disparité entre ces deux parcelles. Notre vote sera fonction de la réponse que vous y apporterez.

Monsieur le maire, mes chers collègues, merci de votre attention.

Délibération n° 26

Subventions et contributions à diverses œuvres, sociétés ou associations — Examen des demandes

Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Comme elle le fait régulièrement, notre commune s’apprête à attribuer des subventions associatives, qu’il nous faut examiner puis voter. Avant ce vote, prenons quelques minutes pour analyser ce qui, selon notre groupe d’élus, mérite ou non l’aide de la collectivité. Rappelons d’ailleurs, et faisant suite en cela à des récriminations de votre majorité, parce que le Front national avait qualifié il y a quelques mois les subventions associatives comme « le bon grain et l’ivraie », que c’est bien l’argent des Nazairiennes et des Nazairiens, de nos contribuables, et pas un argent magique qui sortirait comme cela, d’on ne sait où, qui est attribué aux associations. Il importe donc que les Nazairiens, dont nous sommes ici les représentants, désignés par le suffrage universel, aient un droit de regard sur les subventions en question.

Est-ce que vous le faites par tactique politicienne ou par une ouverture d’esprit sincère — en fait, peu nous importe, parce que cette démarche concourt à l’intérêt général — vous semblez désormais accepter le principe de votes un peu plus nuancés des subventions associatives. Inlassablement, nous demandions cette écoute depuis juin 2014. Nous sommes désormais un peu plus entendus et précisons donc, en nuances, le détail de nos votes. À la logique du vote nuancé, vous ajoutiez d’ailleurs en séance de mars celle du vote argumenté. Vous l’aviez fait de manière un petit peu théâtrale… Vous vous étiez levé de votre siège pour nous déposer une liste sur laquelle vous nous sommiez de désigner des noms ; on ne sait pas trop s’il fallait cocher ou les déclamer à l’oral. Cette demande de transparence est louable en apparence. Mais la méthode interroge un petit peu. Que diriez-vous si l’un de nos élus se levait pour vous déposer une liste ? Comme vous l’avez vu, nous aurions pu le faire avec cette « Grande liste rose », et par respect de nos usages, nous ne l’avons pas fait. Nuançons et argumentons, donc…

Nuançons, en précisant que le Front national refuse par principe de voter des subventions à certains types d’associations, qu’il considère comme communautaristes, antinationales, favorables à l’immigration, favorables à l’intégration européenne et/ou politisées. Il faut quand même d’ailleurs avouer que souvent ce sont souvent plusieurs de ces choses. C’est rarement toutes les choses à la fois. Mais souvent, c’est un ensemble de plusieurs choses. Admettez quand même que, inversement, si le FN nazairien, demain, créait une association, vous n’accepteriez pas de la subventionner, vraisemblablement, subtilité dont ne semblent pas beaucoup s’embarrasser certains partis de notre ville. Je parle de partis de gauche — en tout cas, qui se revendiquent de gauche — qui maintiennent une influence artificielle sur la société civile nazairienne par un biais associatif, lequel, d’évidence, ne peut fonctionner qu’avec l’argent public… et non seulement les cotisations de leurs propres adhérents, qui sont très peu nombreux en général. On a des associations avec dix, quinze ou vingt adhérents. Ce ne sont quand même pas des masses humaines…

Argumentons ensuite, par l’énoncé des associations que nous ne souhaitons pas financer. Comme ça, l’on ne pourra pas nous dire que nous sommes dans le vague. Nous disons les choses, quand nous nommons par exemple :

  • la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen (LDH), qui dérive d’une vigilance nécessaire quant au respect des droits de l’homme vers une lutte explicite contre le Front national ;
  • nous parlons aussi du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), qui dérive du combat antiraciste et humaniste, nécessaire làn aussi, vers une lutte explicite contre le Front national ;
  • nous parlons encore de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), qui dérive du refus des discriminations ethniques et religieuses vers une lutte explicite contre le Front national ;
  • et nous parlons enfin du Mouvement de la paix (MDLP), qui dérive du pacifisme vers une lutte explicite contre le Front national ;

Nous pourrions y ajouter les différents syndicats. Mais nous constatons inversement qu’ils parviennent, pour leur part, à se « tenir ». Vous nous demander de nous « tenir » en brandissant le Petit Guide Bleu Marine. Les syndicats se tiennent très bien, nous aussi, d’ailleurs. Ils se tiennent dans leur parole publique et contiennent l’expression parfois haineuse de minorités politisées, toujours de plus en plus minoritaires, à mesure que la majorité de leurs adhérents rallient les idées et le vote du Front national… sans toutefois le prosélytisme sur leur lieu de travail que l’on déplore chez les syndiqués communistes, qui eux, font quand même beaucoup de politique au travail : c’est bien fâcheux ! Fidèle à l’idéal d’apolitisme syndical, nous appelons l’ensemble des adhérents syndicaux à conserver cette discrétion, et à poursuivre la défense des salariés contre des idées et un système économique et social aliénant, et non pas simplement contre un parti légalement constitué, qui n’est pas responsable de ce système, puisque il n’a jamais été au pouvoir les quarante dernières années (les quarante prochaines, il pourrait le devenir). Nous soutenons également les syndicats dans le combat que mène une majorité d’entre eux contre le projet de loi Travail. Et nous voterons, bien sûr, les subventions dues à leurs organisations.

Précisons ensuite que refuser un soutien financier à certaines associations de notre commune ne témoigne ni d’une forme d’irrespect, ni que nous ne serions pas républicains. Parce que, ce sont deux arguments qui sont couramment évoqués à l’endroit du Front national. Eh bien, cela est faux !

Déjà, précisément, nous les respectons ces associations, en leur disant, droit dans les yeux de dirigeants que nous croisons parfois lors de réunions ou de commémorations, des dirigeants souvent assez hostiles vis-à-vis du Front national, que faute de l’argent public, de l’argent de l’État et de ses collectivités, elles n’en seraient finalement que plus libres, et plus sincères vis-à-vis d’institutions de notre pays qu’elles contestent très diversement : parfois, c’est simplement des aspects mineurs, et puis, parfois, elles contestent jusqu’à l’existence même de ces institutions. Elles n’en seront que plus libres sans les fonds publics.

Enfin, rappelons que ce n’est pas ça, être républicain, ou antirépublicain, d’ailleurs ! Ne sont pas antirépublicains des élus d’opposition qui auraient, une fois l’an, refusé quelques milliers d’euros à des structures qui souvent sont trop peu représentatives. Tout comme il n’est pas suffisant, pour être un bon républicain, de donner l’argent public à tous ceux qui le sollicitent. Ça n’est pas cela, être républicain. Cela, c’est être clientélistes. Ce n’est pas tout à fait la même chose… Je sais bien que vous confondez un peu les concepts historiques, philosophiques, tout est mélangé dans le vivre-ensemble, mais il y a vraiment des nuances. Le clientélisme et la République, normalement, c’est antinomique, ce n’est pas lié. On sait qu’avec la gauche, cela est lié, mais ce n’est pas du tout le cas, en réalité. Être clientéliste, vous le montrez, monsieur le maire, en vous décernant un brevet de bonne conscience en croyant que l’argent public se donne à tout le monde, parce que il n’appartiendrait à personne. Quelle conception minimaliste et intéressée des idées républicaines cela est ! Être républicain, au-delà de ne jamais oublier que la France précède de treize siècles la République, qu’elle naît plutôt avec Clovis et les Francs qu’avec Robespierre, et que cet ensemble forme un bloc, un tout, c’est vibrer au récit de Valmy, de Fleurus, de Jemmapes, de la Commune de Paris, des taxis de la Marne, de la Résistance intérieure française, de la poche de Saint-Nazaire… cette poche que vous confondez trop souvent avec la poche du Nazairien.

Sortez donc les mains de nos poches et, encore une fois monsieur le maire, conformez-vous à vos devoirs, celui par exemple, si vous êtes un républicain sincère, au moins, d’un républicanisme à la française, pas à l’américaine, si possible, merci… et qui donc ne soit pas un républicanisme des communautés, des corporations, des clientèles, la République n’étant pas un distributeur de subventions ou de prestations assurant votre réélection future, comme cela, tous les ix ans. Ce n’est pas cela, la République… La République n’a pas été construite pour monsieur Samzun. La République, c’est simplement le régime politique que s’est donnée une majorité de Français. Entendez-le !

Monsieur le maire, mes chers collègues, je vous remercie pour votre attention.

Délibération n° 29

Dispositif de lutte contre le ragondin — Approbation

Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Évidemment, il faut poursuivre ce plan de lutte contre le ragondin à Saint-Nazaire. Il faut le soutenir par nos votes. Je pense qu’il n’y aura aucune opposition particulière, que cela sera un vote unanime. Comme le rappelle cette délibération, le ragondin est classé parmi les animaux dits « nuisibles ». Sa prolifération est rapide, sachant qu’un couple peut mettre bas jusqu’à quatre-vingt-dix descendants en deux ans. Les trous creusés par un ragondin équivalant jusqu’à parfois un mètre cube de terre, on mesure le potentiel de « nuisance » de ces animaux.

De ce fait, les propriétaires de plans d’eau sont tenus par la loi de participer à la lutte contre cette espèce. Celle-ci semble porter ses fruits en Loire-Atlantique, avec quelque cinquante mille captures annuelles, assurées notamment par des piégeurs communaux bénévoles ou quasiment bénévoles, moyennant fourniture de cages et de primes symboliques (c’est deux ou trois euros en général par ragondin), à l’initiative de certaines communes.

Et cependant, il nous faut revenir sur la notion même de « potentiel de nuisance ». C’est une étrangeté de la langue qu’un animal comme le ragondin soit perçu comme un « nuisible », parce que il ne fait qu’exister selon un mode de vie qu’il ne choisit en rien. Pour autant, admettons le terme et son imperfection, puisque il n’y a pas de synonyme. Alors, à quoi nuit le ragondin ? Eh, il nuit, et c’est ce qui nous concerne finalement, aux activités humaines, que nous parlions en termes économiques, sanitaires, agricoles, d’habitat…

Par cette nuisance, pour autant, le ragondin est-il seul à Saint-Nazaire ? Non ! Et s’il n’est jamais qu’un nuisible malgré lui, que nous pourrions comparer à des nuisibles conscients d’eux-mêmes, qui produisent des dégâts identiques, sinon bien supérieurs. Ces nuisibles-là, ils vivent dans le même milieu, c’est-à-dire qu’ils stagnent dans le marais. Mais c’est le marais politique, et ce sont nos socialistes.

Les ragondins endommagent nos ouvrages hydrauliques. Les socialistes le font aussi ! Les premiers le font par leurs dents, et les seconds par voie de privatisations, ce qui est un plus problématique au final car, le potentiel de nuisance des socialistes est beaucoup plus élevé, s’appliquant à de plus grosses structures. Cela vous fait rire, moi, cela ne me fait pas tellement rire, que l’on songe à privatiser une cinquantaine de nos barrages hydroélectriques cette année 2016, sous l’injonction, devinez de qui : de l’Union européenne.

Les ragondins posent des problèmes de santé publique. Mais les socialistes le font aussi ! Les premiers portent en eux la leptospirose et la douve du foie, et les seconds, par laxisme et renoncement devant les institutions européennes, exposent la santé des Français aux OGM, au glyphosate, aux autres aberrations de la chimie. Faute de lutte, demain, contre le projet de traité TAFTA, vous continuerez, monsieur Samzun, le parti et le gouvernement que vous soutenez, à exposer les Français à pire : au bœuf aux hormones, au poulet au chlore, au porc à la somatropine… Ne poursuivons pas cette triste liste.

Cette comparaison étant faite, nous avons au final beaucoup plus de sympathie pour les ragondins que pour les socialistes. Et, une fois à la Mairie, en avril 2020, si nous poursuivrons évidemment le plan de lutte contre les ragondins, nous chasserons également les socialistes.

Monsieur le maire, mes chers collègues, je vous remercie pour votre attention.

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