Conseil municipal de Saint-Nazaire : interventions du 23 septembre 2016

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Interventions de Jean-Claude Blanchard et Gauthier Bouchet au conseil municipal de Saint-Nazaire, séance du 23 septembre 2016

Délibération n° 3

Revue Place publique — Soutien financier de la Ville — Convention à conclure avec l’association Mémoire et Débats — Autorisation de signature

Intervention de Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Merci monsieur le maire de me donner la parole. Juste avant de m’exprimer, j’aurai quand même souhaité manifester que, au nom du Front national de Saint-Nazaire, je comprends sans réserves aucune ces femmes et ces hommes qui, pendant à peu près une heure, ont manifesté. Vous les avez traités avec une condescendance qui ne nous étonne pas, qui est assez illustrative de votre personnage, un personnage hautain. Ces femmes et ces hommes, ils figurent parmi les énergies les plus saines du Saint-Nazaire de demain, et ils ne doivent peut-être pas entendus dans l’exhaustivité de leurs revendications, mais, au moins, écoutés. Et c’est ce que vous ne faites pas.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Pour revenir à la délibération 3 sur le soutien financier à Place publique, cette mise au débat du soutien financier de la Ville à la revue Place publique conduira le groupe Saint-Nazaire Bleu Marine à rappeler sa position sur ce sujet.

Depuis notre premier vote concernant cette revue, en octobre 2014, le Front national a régulièrement précisé, y compris, au-delà de cette assemblée, jusqu’en commission permanente du conseil régional, certaines critiques au sujet non seulement du subventionnement public accordé à cette revue, mais même, de la revue en tant que telle, puisque il y a certaines choses qui ne nous conviennent pas, et qui ne conviennent pas à une majorité de Nazairiens, en tout cas, cette part congrue de Nazairiens et de Nantais qui connait cette revue.

Il convient, à ce titre, d’indiquer ce qu’est Place publique, de l’expliquer aux Nazairiennes et aux Nazairiens, puisque finalement, leurs impôts financent chaque année la diffusion de cette revue, à hauteur de trente mille euros quand même… Alors je sais, monsieur Samzun, pour vous, trente mille euros, ce n’est pas grand-chose, c’est à peu près un trimestre de salaire. Oui, mais c’est beaucoup pour la majorité de la population. Donc, il faudra vous y faire, d’avoir un rapport peut-être plus rationnel à l’argent.

Il faut d’abord rappeler combien la diffusion de cette revue est confidentielle. Elle est de l’ordre du millier d’exemplaires (je dis cela de mémoire, je ne suis pas sûr à la centaine de mes chiffres, mais il me semblait qu’en 2014, c’était mille cent exemplaires) par numéro. Encore faut-il faire la part des choses entre les exemplaires disposés chez les marchands de journaux et une part importante d’exemplaires « gratuits », en fait achetés par des collectivités, parfois pour des élus, y compris à Saint-Nazaire d’ailleurs, puisque chacun des quarante-neuf conseillers municipaux reçoit un Place publique. Eh bien, les achats massifs de cette revue, ils n’auront plus cours dans quelques années, quand la majorité changera d’orientation politique. Vous vous en doutez bien…

Il faut ensuite faire savoir ce que c’est, la revue Place publique, parce que, loin d’être neutre comme elle le prétend, elle est en réalité partisane et militante. Il y a deux ans, nous expliquions qu’elle était une revue du pouvoir. Et, hélas, notre analyse n’a pas vraiment été démentie depuis, que l’on regarde le traitement éditorial de la séquence électorale 2015 (élections départementales, élections régionales), ce constat n’a pas été démenti. Et, au-delà, un certain nombre des articles de cette revue ne se contentent pas d’être dans une description avec un esprit critique, par exemple des politiques publiques qui sont menées à Saint-Nazaire et à Nantes, et dans leurs agglomérations respectives, mais c’est un traitement partisan, un traitement de complaisance. Les entretiens réguliers que vous donnez, monsieur le maire, ainsi que Johanna Rolland, maire de Nantes, sont à peu près du même tenant. Et, ce qui est un petit peu la cerise sur le gâteau, l’insertion régulière de tribunes d’élus de droite — pas trop souvent, quand même, parce que c’est une revue au service du socialisme, donc, l’on fait une petite goutte de droite — cela en dit quand même beaucoup de la mentalité de Place publique, au final, parce que, il s’agit d’ouvrir la parole à beaucoup d’élus de gauche, à un petit peu d’élus de droite, et à aucun élu du Front national, alors que cette formation politique représente 20 % de l’électoral régional et 25 % de l’électorat national. Ce n’est pas suffisant, a priori, pour justifier qu’elle ait voix au chapitre.

Il faut enfin dire la vérité sur le comité éditorial de cette revue, qui pose véritablement problème, parce que, est-ce que des sociologues, des universitaires, des experts en tous genres, des hauts fonctionnaires, qui, généralement, sont plutôt aisés, qui sont plutôt hauts diplômés, qui sont plutôt urbains, et qui, pour tout dire, sont plutôt de gauche, représentent-ils réellement trois cents cinquante mille Nazairiens et Nantais dans leurs diversités sociologiques, dans leurs diversités de parcours, leurs diversités culturelles, professionnelles ? Moi, je n’en suis pas vraiment certain…

Pour l’ensemble de ces raisons, et votre conduite pitoyable au début de séance, nous nous abstenons de voter cette délibération.

Délibération n° 30

Engagement de la Ville pour la jeunesse — Projet directeur

Intervention de Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

Cette délibération relative à la jeunesse, concernant le Schéma directeur et le Conseil nazairien de la jeunesse, nous conduit à revenir sur un sujet important, mais dont nous considérons qu’il est rarement traité de la bonne façon.

Pour rappel, alors que le conseil de la CARENE délibérait à propos des Assises de la jeunesse en décembre 2015, le Front national émettait pour sa part certaines réserves que la suite des événements n’a hélas pas totalement contredites. Encore faut-il signaler que ces Assises, qui ont été organisées le 27 février dernier à l’Agora, ont au moins eu une vertu, que rappelle d’ailleurs cette plaquette. C’est celle de la parole libre accordée à nos jeunes, ce qui a permis de mettre en exergue un certain nombre de problèmes récurrents dans la ville de Saint-Nazaire.

Hors, loin de dresser le tableau que la majorité semblait peut-être attendre d’eux, un tableau idyllique pour le présent et pour l’avenir, les jeunes Nazairiens qui ont assisté à ces Assises ont, en réalité, délivré un discours un petit peu différent, un discours sur un certain nombre de manques : manque d’offres culturelles, manque d’animations à Saint-Nazaire, particulièrement dans le centre-ville, et ce qui est plus grave, un manque de sécurité dans certains quartiers. À ce titre, l’ouverture annoncée dans le centre-ville d’un nouveau lieu consacré à la jeunesse est une excellente nouvelle. Il est plus que bienvenu. Mais pour le reste, monsieur Renévot, le compte n’y est pas. Et vous en revenez à vos éternels lieux communs sur nos jeunes…

Nous émettons certaines réserves, concernant le Conseil nazairien de la jeunesse (CNJ), que ses futurs représentants doivent nécessairement, je vous cite, « disposer d’un tiers qui leur garantisse la liberté de parole, (…) choisi parmi un prestataire extérieur ». Nous ne pensons pas que cela soit une très bonne chose, parce que faire ce choix d’intervenants plus âgés et extérieurs au CNJ, au prétexte de garantir leur liberté de parole, n’est-ce pas, hélas, le moyen le plus sûr de contraindre cette dernière ? Voilà, c’est un petit peu paradoxal. Bon, c’est assez communiste comme principe. C’est logique, en fait.

Il vous faudra répondre à cette question, une vraie réponse, pas simplement éluder la question : une question, une réponse, s’il vous plaît. Responsabilisons notre jeunesse. Ne l’infantilisons pas…

Précisons cependant que nous saluons la mise en place dans les jours à venir du CNJ — si j’ai bien compris, c’est le 8 octobre — non sans toutefois de sérieuses réserves, à la fois sur ses modalités d’organisation et sa représentativité future. Nous ne nous faisons pas trop d’illusions sur la propagande politique, une propagande douce, mais qui est une propagande tout de même, qui y sera assénée, compte tenu de l’implication de la Fédération Léo Lagrange dans ce dispositif. Je ne sais pas si c’est une association, c’est un organisme, en tout cas, qui est clairement engagé à gauche.

Plus généralement, nos réticences restent les mêmes que celles que nous avions exprimé il y a à peu près deux ans lors de la constitution des nouveaux conseils de quartiers, qui étaient censés être des laboratoires de démocratie locale, et qui sont devenus dans certains quartiers des organisateurs de kermesses, ce qui est un petit peu léger quand même. Je me rappelle d’une séance d’un conseil de quartier, c’était au mois de mai ou juin, où l’on discutait quand même de la forme des écailles qui devaient être celles de petits Post-it qui représentaient des poissons en papier, qui eux-mêmes devaient constituer un plus grand poisson, et un arbre à idées. Bon, c’est un petit peu léger quand même, et cela n’est pas réellement notre conception de l’engagement public, qui est plus sérieuse que cela, qui est peut-être un peu altière, mais qui est plus sérieuse que cela.

Merci par avance de répondre — donc une vraie réponse, s’il vous plaît — à notre question concernant les « tiers » qui accompagneront le CNJ. Qui seront t-ils ? Seront t-ils bénévoles ? Seront t-ils salariés ? Quel sera leur rôle exact ? Le tout n’est pas très explicite. Donc, n’éludez pas cette question. Même si, après tout, c’est le Front national qui vous la pose, répondez-y quand même.

Avenir des chantiers navals de Saint-Nazaire

Intervention de Jean-Claude Blanchard

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire.

Vous nous avez accusés, en tant que Front national d’avoir fait le bashing contre STX et les chantiers navals de Saint-Nazaire. Au contraire, nous avons été les premiers à réagir au conseil régional. Nous avons même été les premiers à envoyer des mails aux organisations syndicales, en disant : « C’est maintenant qu’il faut réagir ! ».

Nous demandons ici, comme au conseil régional, que l’État prenne une part majoritaire dans l’actionnariat. Où est la position du Parti socialiste ? Je vous entends parler d’un nouveau potentiel acheteur. J’espère que nous ne parlons pas du même… Parce que, si nous parlons du même, nous sommes bien renseignés, nous sommes en contact avec des retraités de cette entreprise. Beaucoup de leurs travaux ont été effectués dans des entreprises extérieures à la France. J’espère que nous ne parlons pas de la même entreprise, monsieur le maire.

Aïd el-Kébir à Saint-Nazaire

Intervention de Jean-Claude Blanchard

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire.

Nous avons reconnu la semaine dernière une erreur de communication concernant ce qui s’était passé pendant la fête du sacrifice de l’Aïd el-Kébir à Saint-Nazaire.

En effet, aucun mouton n’a été égorgé dans cette salle. Les huit cents musulmans présents n’ont pratiqué aucun sacrifice dans ce lieu.

Vous nous accusez de mensonge. Moi, j’y vois une erreur de communication. En effet, les informations parcellaires qui nous étaient parvenus, nous ont fait croire que le sacrifice aurait été consommé dans cette salle. C’est une erreur de notre part. Je le reconnais. Ces moutons ont été égorgés ailleurs.

Mais je vous en prie, monsieur le maire, pas de leçons de morale.

Est-ce une erreur de communication, un mensonge, ou pire, de la part de monsieur Cotta, votre adjoint, qui qualifie monsieur Bouchet, conseiller municipal de Saint-Nazaire, de « facho », puis de nazillon ? Je n’ai entendu aucune « excuse », même pas la mention d’une erreur de communication de sa part, ni d’ailleurs de votre majorité … Rien. C’était le vide sidéral !

Pas de leçons de morale, monsieur le maire ! Abstenez-vous, encore, des leçons de morale, tandis que Laurianne Deniaud, première adjointe, en février 2011, au temps où elle était présidente du Mouvement des Jeunes socialistes (MJS), a laissé diffuser dans certaines de ses fédérations une affiche représentant le président Sarkozy le bras levé, dans une imitation du dictateur Adolf Hitler. Était-ce une erreur de communication ? Je ne sais pas. Donc, je vous en prie : pas de leçon, pas de morale.

Pas de leçon, ni de morale, quand les participants de la Grande liste rose, des corrompus, condamnés par la justice, membres du Parti socialiste, dont ils sont les parlementaires ou les cadres dirigeants, sont toujours en place, au gouvernement, à l’Assemblée nationale, dans la haute fonction publique ou des présidences de collectivités. Alors pas de leçons de morale, monsieur le maire !

Pas de leçon de morale non plus, quand au plus haut du sommet de l’État, le président Hollande trahit ses promesses de campagne, celle de combattre la finance, pour entrer dans « la France qui va mieux ». Qui peut le croire ? Tout le monde en rit ! Est-ce une erreur de communication, ou plus grave : un mensonge de la part des plus hautes personnalités de l’État ?

J’ajouterai que si nous avons des excuses à faire, ce sera vis-à-vis des musulmans de Saint-Nazaire, dont les représentants du culte m’ont reçu fort cordialement à la mosquée, il y a un an et demi. Vous m’accusez de les haïr. Pourquoi, dans ce cas, serions-nous engagés dans un dialogue avec leurs représentants, à commencer par monsieur Titren, par un échange de messages, en vue d’une prochaine rencontre ?

Je vais rajouter une chose, monsieur le maire, qui n’était pas prévue. Vous nous dîtes carrément que toutes les associations, quelles qu’elles soient, ont le droit de louer des salles à Saint-Nazaire. Je vais vous rappeler, quand même (vous n’étiez pas le maire, à l’époque, c’est un fait) que le Front national a demandé une salle pour faire une grande réunion avec Marine Le Pen, ce qui a été refusé par la Mairie de Saint-Nazaire.

Donc, monsieur, pas de leçons de morale, s’il vous plaît.

Question préalable

Intervention de Gauthier Bouchet

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le maire, mes chers collègues.

L’actualité récente de la crise migratoire amène notre groupe, comme, semble-t-il, d’autres tendances politiques, à demander que la majorité, qui représente ici la parole officielle, en quelque sorte, de la Ville de Saint-Nazaire, clarifie sa position sur la politique qui sera sienne durant l’année à venir concernant l’accueil des populations migrantes.

Saint-Nazaire accueillait à l’automne 2015 quelques dizaines d’immigrés venus de Syrie, d’Irak et d’Érythrée, après que notre maire, David Samzun, ait émis le souhait que notre commune assume une sorte de devoir d’accueil par référence — un petit peu facile, tout de même — à sa devise, Aperit et nemo claudit. Mais une devise municipale ne saurait pas, selon nous, être un éloge pour n’importe quoi, même si vous semblez y voir un plaidoyer pour l’ouverture des frontières. Mais, passons…

De l’autre côté de l’estuaire de la Loire, à Saint-Brevin-les-Pins, les choses sont similaires. Mais elles sont pires, aussi. Ou bien, elles sont meilleures. En fait, cela dépend de quel côté l’on se place, pas de l’estuaire, mais du spectre politique.

Vous êtes de ceux, socialistes, communistes, écologistes, pour qui l’immigration est une chance, pour qui c’est un bienfait, pour qui c’est le moyen d’un avenir radieux et, semble-t-il, le salut des peuples et des civilisations — on ne parle pas assez des civilisations, mais ce sont des civilisations — qui y apportent leur contribution par cette présence massive, loin de leurs racines et de leurs identités d’origine.

Nous sommes de ceux, patriotes, républicains — et j’entends « républicains » pas comme le nom du parti mais comme l’attachement à la forme républicaine de nos institutions — pour qui l’immigration est une malchance, un méfait, un recul pour la France et, surtout, un abîme pour les peuples qui y apportent leur contribution, affaiblissant politiquement, culturellement et économiquement leurs pays d’origine.

À Saint-Brevin, donc, les choses semblent similaires qu’à Saint-Nazaire, l’an passé. Mais elles sont également pires, et pas meilleures.

Le maire de Saint-Nazaire ouvre grands les bras aux migrants. Le maire de Saint-Brevin les refuse, mais il le fait assez mollement, finalement.

Le maire de Saint-Nazaire en avait accueilli une quarantaine, même si on parle éventuellement de deux cents à l’heure actuelle, alors, je ne sais pas quels sont les chiffres, vous clarifierez cela. Le maire de Saint-Brevin doit désormais en recevoir soixante-dix, forcé par une décision arbitraire de l’État.

Alors, face à ce drame humain qui impose des réponses certes humanitaire, mais tout simplement humaines et avant tout politiques, le groupe Saint-Nazaire Bleu Marine vous propose, monsieur le maire, d’affirmer une parole différente de celle qui fut par le passé la vôtre. Il est encore temps de changer d’opinion tant la crise migratoire est chaque jour plus violente pour les populations en migration, souvent pour motifs économiques, il faut tout de même le redire, parce que il n’y a pas beaucoup de femmes et pas beaucoup d’enfants, donc, l’on a tendance à avoir du mal à croire au thème « réfugiés de guerre ». Mais, c’est avant tout un drame pour les populations qui, bien souvent les accueillent malgré elles, et pas avec leur plein assentiment…

Nous vous proposons donc que notre conseil se rallie à la proposition du maire de Hénin-Beaumont, Steeve Briois. Ah oui, cela vous fait rire… Qu’un homme du peuple puisse avoir été élu maire, c’est tout de suite rigolo. Cela nous rappelle beaucoup de choses. Enfin bon, il a été élu maire, c’est comme ça ! Eh bien, le Parti socialiste était descendu à 9 %, aussi… Alors ! Steeve Briois a fait une proposition d’une association et d’une charte qui s’appellent Ma commune sans migrants, qui ont été déposés il y a quelques jours. Nous en sommes sûrs, monsieur le maire, vous saurez dire à nos côtés que l’accueil des migrants « génère un coût financier et social que nos communes, soumises à la baisse des dotations de l’État, ne peuvent plus supporter », qu’encore, ils engendrent « des tensions avec les administrés », qu’ils « nuisent à l’ordre public », qu’ils « menacent l’exercice des libertés individuelles garanties constitutionnellement », etc. Je ne vais pas vous réciter un tract du Front national. Notre position est connue, celle de monsieur Briois aussi. Il vous appartient simplement, maintenant, de décider si par honnêteté intellectuelle et une véritable conscience de gauche — je ne suis pas sûr que vous connaissiez ce mot, mais, enfin… — si vous êtes intéressé par la question sociale, de vous rallier à ses arguments, qui n’ont rien d’un délire du Front national, qui n’ont rien d’une rumeur de la fachosphère, mais qui sont des faits, simplement des faits. Et, il y a un siècle de cela, quasiment jour pour jour (c’était en 1917), Lénine écrivait dans sa Lettre aux camarades que « Les faits sont têtus. »

Ceci étant dit, monsieur le maire, pour faire suite à votre motion ou communiqué — je ne sais pas très bien, l’on a pas voté, en tout cas — dans lequel vous expliquez que le Front national fragmentait la société française, mais, au juste, qui fragmente la société française ? Est-ce le Front national, qui est dans l’opposition depuis quarante ans, ou le Parti socialiste, qui alterne avec la droite depuis quarante ans au pouvoir, et qui, donc, fragmente la société française, qui crée les nouveaux fragmentés, en quelque sorte ? Qui sont les fragmentés ? Est-ce que c’est vous, monsieur le maire ? Vous n’aimez pas que l’on rappelle votre salaire. Votre salaire est-il faux ? Ne gagnez-vous pas dix mille euros par mois ? Vous n’êtes pas beaucoup fragmentés.

Par contre, il existe de vrais fragmentés. Il existe les nouveaux précaires. Il existe les chômeurs de longue durée. Il existe ces agriculteurs acculés à la faillite, ces policiers réduits au suicide. Il existe ces étudiantes qui sont obligées de se prostituer pour se payer un logement. Il existe ces chômeurs, aujourd’hui à Belfort et demain, à STX Saint-Nazaire. Il existe ces fonctionnaires qui sont harcelés par un management imbécile. Ceux-là sont les vrais fragmentés de la société française !

Alors, monsieur le maire, qui est responsable de cette fragmentation de la société ? Si c’est vous, vous devez démissionner dans l’instant. Et, je me demande, au fond, quand serez-vous un homme public responsable de vos propos et de vos actes ?

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