Conseil régional : interventions en séance plénière des 19 et 20 octobre 2017

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Interventions en séance plénière des 19 et 20 octobre 2017 du conseil régional des Pays de la Loire


Intervention de Jean Goychman

Madame la Présidente

Bien chers collègues

Tout d’abord, permettez-moi, au nom du groupe FN-RBM, de vous souhaiter la bienvenue, à vous et votre équipe, dans vos nouvelles fonctions. Je voudrais également, toujours au nom de notre groupe, remercier le président sortant Bruno Retailleau et son équipe, pour le travail accompli depuis décembre 2015.

Certes, nous n’avons pas toujours été d’accord, loin s’en faut, sur les positions prises par votre majorité, mais si nous nous sommes opposés sur certains sujets, celà n’a jamais été motivé par un calcul politicien. Seules nos convictions profondes sur les différents sujets abordés ont guidées notre attiude et nos décisions de vote. Et c’est justement l’honneur de toute démocratie que de laisser s’exprimer librement toutes les opinions, fussent-elles contraires à ce que d’aucuns nomment « le politiquement correct » qui consiste trop souvent à calquer sa pensée sur celle que certains médias veulent faire passer pour majoritaire dans l’opinion.

Nous avons également noté avec satisfaction que sur certains dossiers d’importance vitale pour notre région, nous avons su nous retrouver, toutes opinions politiques confondues. Nous espérons sincérement que tel sera le cas dans l’avenir.

Nous avons vécu une lrès longue période où les campagnes électorales se sont succédées. Les rivalités peuvent s’exacerber les propos tenus, voir certaines attitudes, peuvent s’en ressentir.

Dorénavant, nous souhaitons que la sérénité préside à nos débats, et celà d’autant plus que nous allons probablement vers une période qui s’annonce difficile. Nous nous exprimerons sur le sujet lors du débat sur le projet d’orientation budgétaire.

On entend souvent dire que nous sommes anti-européens. C’est inexact. Il y a depuis l’immédiat deux conceptions de l’Europe qui se sont opposées. L’une, de toute évidence poussée par la finance internationale qui avait théorisé son action en l’asseyant sur un libéralisme économique enseigné par l’Ecole de Chicago dès 1946, et qui veut détruire les Etats-nation pour avancer vers une sorte de gouvernement économique et financier mondial.

L’autre, basée sur la réalité de la non-existence d’un peuple européen, qui prend en compte les nations , leur histoire et leur culture propre et qui propose les rapprocher en leur faisant développer en commun un certain nombre de projets, permettant ainsi de réaliser dans un ensemble plus vaste et des moyens plus importants ce qu’aucune ne pouvait faire seule. C’est évidemment cette conception de l’Europe, que de Gaulle avait largement défendue. que nous faisons nôtre, au nom du principe de réalité.

Pas plus que nous sommes pour l’intégration des nations « comme les marrons dans la purée », nous n’approuvons une immigration massive et non contrôlée qui interdirait toute intégration et ne pourrait mettre notre pays que sur la voie d’un communautarisme déjà préexistant, dans lequel il serait illusoire de voulois maintenir l’identité du peuple français et les valeurs, universellement reconnues, qui sont les siennes.

C’est donc suivant ces deux axes majeurs que s’orienteront nos décisions de vote avec, naturellement la prise en compte des intèrêts de la population des Pays de la Loire qui nous a confié notre mandat.

Intervention de Jean Goychman

Madame la Présidente, Chers collègues,

Le rapport de développement durable que vous nous présentez, et qui vise à faire le bilan et à valoriser l’action de la région, reprend les cinq engagements auxquels vous avez souscrit au cours de deux années écoulées de cette mandature, engagements que vous souhaitez poursuivre, comme vous le faites valoir dans le document d’orientation budgétaire que vous nous avez présenté.

Sans passer en revue de façon exhaustive ces cinq engagements, je me contenterai de partager avec vous quelques brèves remarques.

Quelques-uns ici connaissent mon attachement particulier à l’Ile de Noirmoutier, et au littoral vendéen en général. Aussi, je saluerai tout d’abord l’engagement de la Région aux côtés des collectivités locales, dans la protection du trait de littoral, afin d’assurer la sécurité de nos concitoyens.
Je serai plus réservée sur certains autres points.

Sur la mise en œuvre de la feuille de route sur la transition énergétique, nous regrettons les atermoiements et le peu de visibilité des projets de l’EDF concernant la mise en place de brûlage de biomasse à la centrale thermique de Cordemais. A ce jour, l’avenir de cette centrale dont le rôle est essentiel pour la production d’énergie des Pays de La Loire reste menacé.

Ceci nous conduit à renouveler également nos réserves sur le développement de l’éolien, coût de production d’énergie élevé, nuisances, problèmes à venir d’obsolescence… les inconvénients sont multiples. Des zones dans la région sont déjà surchargées en éoliennes. Je pense particulièrement au Nord du département de la Loire Atlantique. Et si nous sommes plus favorables aux parcs d’éoliennes marines, certains projets, tels que le parc prévu au large de l’ile d’Yeu de de Noirmoutier, sont contestables sous plusieurs aspects alors que des éoliennes flottantes sauraient un impact écologique moindres.

Concernant la réhabilitation thermique des logements, les actions menée au niveau régional et non pas au niveau national trouvent vite leurs limites. Certaines des annonces du ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, dans le cadre de son Plan climat, qui serait assorti par un train de mesures coercitives nous paraissent inquiétantes… Nous avons dans ce contexte présenté un vœu, dont vous avez tous pu prendre connaissance. Ces mesures nous semblent constituer une menace pour le parc immobilier privé. Elles vont aggraver l’écart entre les métropoles – qui bénéficient d’un parc important de logements sociaux – et la ruralité. Cela posera également problème aux centres-bourgs, par une plus grande désaffection encore des logements anciens, en compliquant la rénovation de l’habitat. La perte se fera également jour au niveau du patrimoine, et de l’uniformité ( ???).

Enfin, concernant les questions environnementales, tant durant le débat d’orientations budgétaires que dans ce rapport, vous faites état d’un engagement fort de la Région sur le plan de développement durable.

Pourtant, ces engagements, en matière de qualité de l’eau, de biodiversité, de gestion durable de l’espace, me paraissent entachés de quelques incohérences.

Vous affirmez que ainsi que la qualité de l’eau est un enjeu crucial. La Région s’est engagée en soutien de plusieurs actions allant dans le sens de l’amélioration de la qualité des eaux. Mais quelle est la cohérence de votre politique quand par ailleurs vous soutenez le projet du transfert de l’aéroport à Notre Dame des Landes ?

En effet, nous déplorons la menace que ferait peser ce projet sur les zones humides, s’il venait à être mis en place. Il s’agit d’un millier d’hectares de zones humides et de bocages, promis à destruction, et qui sont pourtant de première utilité pour la santé des Ligériens. Plus généralement, les zones humides de notre région représentent 3 500 kilomètres carrés, soit 11 % de la surface des Pays de la Loire. Nous souhaitons rappeler à ce titre combien les zones humides contribuent à l’amélioration qualitative des eaux, par leur dépollution. Au-delà, ces zones limitent les effets des inondations comme des sécheresses. Elles stockent le carbone et constituent, aussi, des réservoirs de biodiversité. Ces zones humides disparaîtront, comme ont d’ores et déjà disparu en France deux tiers d’entre elles durant le XXe siècle. Cette artificialisation des milieux conduit inévitablement à aggraver les inondations, l’infiltration des eaux ne fonctionnant plus correctement.

Il devrait par ailleurs être refusé que, sans inventaire exhaustif dans le cadre d’études d’impacts, ni compensation décente, l’on procède au saccage d’une centaine d’espèces protégées.

Toujours sur l’aéroport, concernant la nomination récente à la présidence du Syndicat mixte aéoportuaire (SMA) du Grand Ouest de Philippe Grosvalet, elle nous paraît relever du conflit d’intérêts. Il n’était déjà pas heureux que Bruno Retailleau le préside, en ce qu’il était dans le même temps président du conseil régional des Pays de la Loire (et président de son groupe d’élus au Sénat, par ailleurs). Mais son remplacement par Philippe Grosvalet, président du conseil départemental de la Loire-Atlantique, relève d’un même principe : une gestion politisée, là où il ne devrait pas y avoir de politique, l’application d’une alternance droite-gauche ressemblant à un don contre don politicien, et qui donne un mauvais signal aux habitants de notre région, comme si l’on se moquait d’eux.

Conséquemment, nous sommes réservés sur la possibilité que le président du SMA soit, dans le même temps, président d’un exécutif. Ce cumul ne peut naturellement participer d’une gestion impartiale de ce dossier. Il conviendrait donc, à expiration du mandat actuel, que la présidence de la SMA soit réservée à un élu n’exerçant pas de fonction exécutive.

De manière générale, votre majorité ne semble pas sensible aux arguments rationnels sur ce transport aéroportuaire. En témoigne l’intervention que vient d’effectuer Bruno Retailleau ce matin, en comparant les populations concernées par l’aéroport à celles de la Suède et de l’Autriche, à qui on ne dénierait pas le droit d’avoir leur propres plateformes aéroportuaires. Les chiffres avancés sont exacts, mais l’exemple est de mauvaise foi, car il s’agit d’Etats souverains, à qui personne ne songerait à faire la leçon (si ce n’est l’Union européenne, peut-être ?). D’ailleurs, monsieur Retailleau joue avec les chiffres : il se satisfait d’un référendum concernant 1,3 million de personnes, mais en évoquant l’exemple étranger, il parle de 7 millions, exactement le nombre d’habitants de nos deux régions, lesquelles cofinancent le projet de transfert aéroportuaire.

La même remarque d’irrationalité peut s’appliquer à l’objectif affiché de protection de la biodiversité des territoires La défense de l’environnement ne saurait se limiter aux quatre parcs naturels régionaux (PNR), pendant que les destructions continuent ailleurs. Quant à « Favoriser une gestion durable de l’espace » où est la « gestion économe du foncier » que vous évoquez avec le gaspillage de terres agricoles qui serait causé par le futur aéroport ? Au contraire, nous ne voyons pas venir la fin de la métropolisation de notre territoire.

Vous vous êtes engagés dans des actions visant à assurer l’accès à la santé pour tous, et à renforcer l’offre de santé dans les territoires les plus menacés. Nous constatons des avancées en matière de Maisons de santé, puisque cinq projets sont prévus, et que vous prévoyez d’en soutenir dix à quinze soutenus d’ici la fin du mandat.

Quelle part des besoins seront ainsi couverts ? Dans quelle mesure le nombre de projets soutenus pourrait être augmenté si le plan de 40 millions d’euros envisagé par l’actuel gouvernement pour doubler le nombre de maisons de santé est mis en œuvre ?

Si le projet de loi de Finances 2018 comprend des mesures de lutte contre le phénomène de désertification médicale dont nous espérons sincèrement, pour le bien des populations, qu’elles porteront des fruits, (je note d’ailleurs que certaines de ces mesures sont semblables à ce que qui est inscrit au programme de Marine Le Pen, comme faciliter l’activité des médecins retraités dans les zones sous-cotées par des exonérations de charges), par ailleurs, rien n’est prévu pour relever le numerus clausus d’accès aux études de santé, pour augmenter le nombre de médecins formés alors que les médecins étrangers sont de plus en plus nombreux , ni pour réformer le mode de sélection des étudiants qui ne prend pas en compte le facteur humain, ni le cursus des études, afin de valoriser la médecine générale. D’ailleurs l’existence d’un numérus clausus est-il encore justifié face à l’aggravation de la désertification médicale ? Ainsi, nous le savons tous, la politique régionale sera limitée et impactée par la politique nationale, et pas seulement dans sa dimension budgétaire.

Enfin, derrière remarque, où est la cohérence dans l’action régionale dans le volet « Favoriser l’agriculture biologique et de proximité dans la restauration collective « « favoriser le bio en restauration collective »… quand ceux qui s’y engagent ne soutiennent pas ce type de mesure au niveau national ? Je fais là allusion au fait que monsieur Retailleau a voté contre l’imposition un quota de 20 % dans les cantines scolaires le 9 mars 2016 au Sénat.

Enfin, en ce qui concerne les mesures agro-environnementales et climatiques MAEC, nous vous faisons part fréquemment de notre opposition aux mécanismes des fonds européens, qui, nous ne cesserons pas de le rappeler, restent inférieurs aux versements de la France à l’Union européenne.

Force est de constater que malgré tous les efforts que la région déploie, et les actions qu’elle mène auprès des autorités concernées en faveur de nos agriculteurs, nos réserves sont justifiées, puisque les fonds sont difficilement débloqués

Intervention de Jean-Claude Blanchard

Monsieur le président, mes chers collègues.

Comme annuellement en séance du conseil régional, est étudié le bilan de l’exploitation du réseau régional SNCF. Compte tenu de différents éléments de contestation, notre collectivité souhaite approuver son propre bilan. Celui-ci indique une diminution des charges du compte TER correspondant à une réalisation du plan de transport annuel inférieure à 98 % de ce qui avait été préalablement établi par convention. Cette réalisation incomplète du plan de transport (PTA) — soit 94 % de l’offre en 2016, l’équivalent de 580 000 trains-kilomètres supprimés — est la conséquence directe des grèves ferroviaires. Cette non-réalisation du plan entraîne une réfaction et pénalité de 1,6 million d’euros.

La SCNF se voit également pénalisée à hauteur de 23 000 euros (sous forme de contribution régionale diminuée) pour l’irrespect de ses obligations en termes de délais de transmission de documents, des Plans de transport et de l’information en cas de grèves.

Durant cette année 2017, nous avons fait le constat de nombreux épisodes de grèves ferroviaires dans la Région. En tant qu’usagers, et souvent d’ailleurs, d’usagers au quotidien, les Ligériens perçoivent bien l’impact immédiat d’une grève de trains. Ils ne se doutent pas d’un deuxième effet : les grèves entraînant la suppression de trains, lesquelles entraînent des pénalités financières fragilisant le service public. De même, ne voient-ils pas forcément le troisième effet : le déclenchement occasionnel de mouvements sociaux qui, aussi légitimes soient-ils, arrivent parfois lors de pics de pollution, comme nous l’avons vécu en janvier dernier. Ce facteur devrait mieux être pris en compte par des organisations syndicales prétendant servir la qualité du service public, mais qui pénalisent en sanctionnant doublement les usagers : en les empêchant de se déplacer, et en surexposant leur santé (par exemple aux particules fines), par l’usage accru de l’automobile naturellement constaté en cas de diminution du trafic ferroviaire.

Cette récurrence des grèves n’étant pas neutre, la reversion globale de la SNCF à la Région atteindra environ 2,6 millions d’euros. La grève est un droit, mais il n’est pas sans coût, ni pour celui qui le pratique, ni pour celui qui en pâtit. Près de trois millions d’euros sont donc rendus à la collectivité, parce que le service public n’a pas fait œuvre de service public, mais s’est caractérisé cette année par des manquements plus préoccupants encore que l’année précédente. Et ce n’est pas fini.

En effet, le différend entre la SNCF et la collectivité concerne de même la qualité du service. On le retrouve à propos du bonus-malus qualité. Pour 2016 et la deuxième année consécutive, la SNCF se voit appliquer un malus, pour ne pas avoir atteint ses objectifs de ponctualité, accueil, propreté, confort et état des équipements, relativement à son réseau TER. Huit critères qualitatifs sur treize seulement ont été atteints : l’information à bord des trains et dans les gares, l’accueil dans les gares, le fonctionnement des toilettes, des équipements, l’information, le confort et la propreté dans les gares. L’objectif de ponctualité, fixé à 95,1 %, n’est pas atteint… et de justesse (94,6 %) ! Le malus induit, d’environ 2 780 euros, correspondra à une baisse de contribution régionale.

Régulièrement, en cette assemblée, le Front national rappelle son souci que notre réseau ferroviaire régional assume une bonne qualité de service. En juin dernier, je résumais notre position dans une formule qui renvoie en fait aux fondamentaux d’un service public de transports : la « triple exigence de sûreté, de qualité et de ponctualité ». Sur l’exigence de sûreté, vous connaissez d’ailleurs l’amendement deux fois déposé à ce jour pour une police régionale des transports ; demande régulièrement faite par les usagers, mais que notre majorité régionale ne prend pas en compte, ni bien sûr, les oppositions de gauche.

Avec mes collègues élus du FN, je ne retire rien de ces objectifs de sûreté, qualité et ponctualité, d’autant plus à la vue des cinq critères manquants à une bonne évaluation du réseau TER. Pour se faire une idée, les huit critères atteints sur treize possibles, ramenés à une note scolaire, nous feraient un douze sur vingt, soit une copie passable. Plus sérieusement, il faut plus que jamais la mise en place d’outils de contrôle concernant la ponctualité, les coûts de service et la qualité du réseau ferroviaire régional.

Est également proposée l’approbation d’un règlement d’intervention de gratuité pour les forces de l’ordre dans le cadre de leurs déplacements domicile-travail. Il convient bien sûr de l’accepter. Le FN appelle à ce que l’unanimité se fasse en faveur de cette mesure.

Plus généralement, notre groupe sait gré à la majorité de l’attention qu’elle porte à ce que la SNCF soit à la hauteur de sa mission de service public. Nous savions l’ancienne majorité de gauche plus passive à ce niveau, accordant tous ses caprices au réseau, pour ne pas froisser le monde syndical, et surtout ses alliés communistes. L’ancienne majorité s’était d’ailleurs assurée que rien ne change, en mettant un élu du PCF — Gilles Bontemps — à la vice-présidence aux transports du conseil régional.

Depuis deux ans, cela est heureusement du passé, d’abord parce que 97 % des électeurs de notre région n’ont pas fait confiance à la liste communiste lors des élections, mais surtout, parce que notre majorité, aussi imparfaite soit-elle, a su « désidéologiser » la commission Transports, la faire sortir de ses présupposés idéologiques et de son attentisme vis-à-vis d’un syndicalisme doctrinaire qui prenait jusque-là les usagers du réseau en otage. Continuons maintenant à desserrer l’étreinte qui pèse sur les « Ligériens du quotidien », ceux du Pays réel. Et offrons d’ici l’an prochain un service public plus compétent encore : je veux pouvoir dire depuis ce siège en octobre 2018 que, cette fois, « l’intégralité des treize critères de qualité du réseau TER sont pleinement atteints, ce qui est une bonne chose ».

Monsieur le président, chers collègues, merci de votre attention.

Intervention de Brigitte Nédélec

Madame la Présidente, Chers collègues,

Le rapport de développement durable que vous nous présentez, et qui vise à faire le bilan et à valoriser l’action de la région, reprend les cinq engagements auxquels vous avez souscrit au cours de deux années écoulées de cette mandature, engagements que vous souhaitez poursuivre, comme vous le faites valoir dans le document d’orientation budgétaire que vous nous avez présenté.

Sans passer en revue de façon exhaustive ces cinq engagements, je me contenterai de partager avec vous quelques brèves remarques.

Quelques-uns ici connaissent mon attachement particulier à l’Ile de Noirmoutier, et au littoral vendéen en général. Aussi, je saluerai tout d’abord l’engagement de la Région aux côtés des collectivités locales, dans la protection du trait de littoral, afin d’assurer la sécurité de nos concitoyens.

Je serai plus réservée sur certains autres points.

Sur la mise en œuvre de la feuille de route sur la transition énergétique, nous regrettons les atermoiements et le peu de visibilité des projets de l’EDF concernant la mise en place de brûlage de biomasse à la centrale thermique de Cordemais. A ce jour, l’avenir de cette centrale dont le rôle est essentiel pour la production d’énergie des Pays de La Loire reste menacé.

Ceci nous conduit à renouveler également nos réserves sur le développement de l’éolien, coût de production d’énergie élevé, nuisances, problèmes à venir d’obsolescence… les inconvénients sont multiples. Des zones dans la région sont déjà surchargées en éoliennes. Je pense particulièrement au Nord du département de la Loire Atlantique. Et si nous sommes plus favorables aux parcs d’éoliennes marines, certains projets, tels que le parc prévu au large de l’ile d’Yeu de de Noirmoutier, sont contestables sous plusieurs aspects alors que des éoliennes flottantes sauraient un impact écologique moindres.

Concernant la réhabilitation thermique des logements, les actions menée au niveau régional et non pas au niveau national trouvent vite leurs limites. Certaines des annonces du ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, dans le cadre de son Plan climat, qui serait assorti par un train de mesures coercitives nous paraissent inquiétantes… Nous avons dans ce contexte présenté un vœu, dont vous avez tous pu prendre connaissance. Ces mesures nous semblent constituer une menace pour le parc immobilier privé. Elles vont aggraver l’écart entre les métropoles – qui bénéficient d’un parc important de logements sociaux – et la ruralité. Cela posera également problème aux centres-bourgs, par une plus grande désaffection encore des logements anciens, en compliquant la rénovation de l’habitat. La perte se fera également jour au niveau du patrimoine, et de l’uniformité ( ???).

Enfin, concernant les questions environnementales, tant durant le débat d’orientations budgétaires que dans ce rapport, vous faites état d’un engagement fort de la Région sur le plan de développement durable.

Pourtant, ces engagements, en matière de qualité de l’eau, de biodiversité, de gestion durable de l’espace, me paraissent entachés de quelques incohérences.

Vous affirmez que ainsi que la qualité de l’eau est un enjeu crucial. La Région s’est engagée en soutien de plusieurs actions allant dans le sens de l’amélioration de la qualité des eaux. Mais quelle est la cohérence de votre politique quand par ailleurs vous soutenez le projet du transfert de l’aéroport à Notre Dame des Landes ?

En effet, nous déplorons la menace que ferait peser ce projet sur les zones humides, s’il venait à être mis en place. Il s’agit d’un millier d’hectares de zones humides et de bocages, promis à destruction, et qui sont pourtant de première utilité pour la santé des Ligériens. Plus généralement, les zones humides de notre région représentent 3 500 kilomètres carrés, soit 11 % de la surface des Pays de la Loire. Nous souhaitons rappeler à ce titre combien les zones humides contribuent à l’amélioration qualitative des eaux, par leur dépollution. Au-delà, ces zones limitent les effets des inondations comme des sécheresses. Elles stockent le carbone et constituent, aussi, des réservoirs de biodiversité. Ces zones humides disparaîtront, comme ont d’ores et déjà disparu en France deux tiers d’entre elles durant le XXe siècle. Cette artificialisation des milieux conduit inévitablement à aggraver les inondations, l’infiltration des eaux ne fonctionnant plus correctement.

Il devrait par ailleurs être refusé que, sans inventaire exhaustif dans le cadre d’études d’impacts, ni compensation décente, l’on procède au saccage d’une centaine d’espèces protégées.

Toujours sur l’aéroport, concernant la nomination récente à la présidence du Syndicat mixte aéoportuaire (SMA) du Grand Ouest de Philippe Grosvalet, elle nous paraît relever du conflit d’intérêts. Il n’était déjà pas heureux que Bruno Retailleau le préside, en ce qu’il était dans le même temps président du conseil régional des Pays de la Loire (et président de son groupe d’élus au Sénat, par ailleurs). Mais son remplacement par Philippe Grosvalet, président du conseil départemental de la Loire-Atlantique, relève d’un même principe : une gestion politisée, là où il ne devrait pas y avoir de politique, l’application d’une alternance droite-gauche ressemblant à un don contre don politicien, et qui donne un mauvais signal aux habitants de notre région, comme si l’on se moquait d’eux.

Conséquemment, nous sommes réservés sur la possibilité que le président du SMA soit, dans le même temps, président d’un exécutif. Ce cumul ne peut naturellement participer d’une gestion impartiale de ce dossier. Il conviendrait donc, à expiration du mandat actuel, que la présidence de la SMA soit réservée à un élu n’exerçant pas de fonction exécutive.

De manière générale, votre majorité ne semble pas sensible aux arguments rationnels sur ce transport aéroportuaire. En témoigne l’intervention que vient d’effectuer Bruno Retailleau ce matin, en comparant les populations concernées par l’aéroport à celles de la Suède et de l’Autriche, à qui on ne dénierait pas le droit d’avoir leur propres plateformes aéroportuaires. Les chiffres avancés sont exacts, mais l’exemple est de mauvaise foi, car il s’agit d’Etats souverains, à qui personne ne songerait à faire la leçon (si ce n’est l’Union européenne, peut-être ?). D’ailleurs, monsieur Retailleau joue avec les chiffres : il se satisfait d’un référendum concernant 1,3 million de personnes, mais en évoquant l’exemple étranger, il parle de 7 millions, exactement le nombre d’habitants de nos deux régions, lesquelles cofinancent le projet de transfert aéroportuaire.

La même remarque d’irrationalité peut s’appliquer à l’objectif affiché de protection de la biodiversité des territoires La défense de l’environnement ne saurait se limiter aux quatre parcs naturels régionaux (PNR), pendant que les destructions continuent ailleurs. Quant à « Favoriser une gestion durable de l’espace » où est la « gestion économe du foncier » que vous évoquez avec le gaspillage de terres agricoles qui serait causé par le futur aéroport ? Au contraire, nous ne voyons pas venir la fin de la métropolisation de notre territoire.

Vous vous êtes engagés dans des actions visant à assurer l’accès à la santé pour tous, et à renforcer l’offre de santé dans les territoires les plus menacés. Nous constatons des avancées en matière de Maisons de santé, puisque cinq projets sont prévus, et que vous prévoyez d’en soutenir dix à quinze soutenus d’ici la fin du mandat.

Quelle part des besoins seront ainsi couverts ? Dans quelle mesure le nombre de projets soutenus pourrait être augmenté si le plan de 40 millions d’euros envisagé par l’actuel gouvernement pour doubler le nombre de maisons de santé est mis en œuvre ?

Si le projet de loi de Finances 2018 comprend des mesures de lutte contre le phénomène de désertification médicale dont nous espérons sincèrement, pour le bien des populations, qu’elles porteront des fruits, (je note d’ailleurs que certaines de ces mesures sont semblables à ce que qui est inscrit au programme de Marine Le Pen, comme faciliter l’activité des médecins retraités dans les zones sous-cotées par des exonérations de charges), par ailleurs, rien n’est prévu pour relever le numerus clausus d’accès aux études de santé, pour augmenter le nombre de médecins formés alors que les médecins étrangers sont de plus en plus nombreux , ni pour réformer le mode de sélection des étudiants qui ne prend pas en compte le facteur humain, ni le cursus des études, afin de valoriser la médecine générale. D’ailleurs l’existence d’un numérus clausus est-il encore justifié face à l’aggravation de la désertification médicale ? Ainsi, nous le savons tous, la politique régionale sera limitée et impactée par la politique nationale, et pas seulement dans sa dimension budgétaire.

Enfin, derrière remarque, où est la cohérence dans l’action régionale dans le volet « Favoriser l’agriculture biologique et de proximité dans la restauration collective « « favoriser le bio en restauration collective »… quand ceux qui s’y engagent ne soutiennent pas ce type de mesure au niveau national ? Je fais là allusion au fait que monsieur Retailleau a voté contre l’imposition un quota de 20 % dans les cantines scolaires le 9 mars 2016 au Sénat.

Enfin, en ce qui concerne les mesures agro-environnementales et climatiques MAEC, nous vous faisons part fréquemment de notre opposition aux mécanismes des fonds européens, qui, nous ne cesserons pas de le rappeler, restent inférieurs aux versements de la France à l’Union européenne.
Force est de constater que malgré tous les efforts que la région déploie, et les actions qu’elle mène auprès des autorités concernées en faveur de nos agriculteurs, nos réserves sont justifiées, puisque les fonds sont difficilement débloqués

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