Crise politique à Trignac : la vérité

Témoignage de Lydia Poirier, conseillère municipale et ancienne maire-adjointe de Trignac

Trignac (Loire-Atlantique)

 Jeudi 13 novembre 2014

Je veux par mon témoignage démasquer les hypocrites, et les confondre. En décembre, lors du prochain conseil municipal à Trignac, je demanderai aux membres de la majorité de regarder tout à gauche de la table. Ici serait leur place, sans mon collègue Roland Stal, le Front national, et ses électeurs, qui en font désormais le premier parti de notre commune : plus de 24 % des suffrages exprimés aux dernières élections européennes, quand la formation du maire David Pelon, l’UMP, n’atteignait même plus 13 % à ce même scrutin.

Il est piquant d’apprendre, par l’entremise du maire, la « désolidarisation de la majorité municipale de Trignac vis-à-vis de madame Poirier », au prétexte de mon appartenance au FN. En effet, c’est bien ce même FN qui a permis, faute de liste contre David Pelon, l’élection de ce dernier à la Mairie en mars, puis son élection à la vice-présidence de la Communauté d’agglomération de la région nazairienne et de l’Estuaire (CARENE) en avril, alors qu’il était bloqué à trente voix. Manquait-il une seule voix pour le désigner à ce poste influent, au bout du troisième tour de scrutin ? Ce fut celle de Jean-Claude Blanchard… tête de file du FN dans la huitième circonscription de Loire-Atlantique et au conseil municipal de Saint-Nazaire. Le FN « n’existe pas » dans la vie politique trignacaise, à en croire David Pelon. Son portefeuille n’est pas d’accord. Et il rappelle au maire qu’il touchera grâce au FN, 139000 euros au titre de six années d’indemnités comme vice-président de la CARENE, qui n’eurent jamais existé sinon…

Mais le plus gros mensonge, dans les mots de monsieur Pelon, aura consisté à faire croire aux Trignacais que j’avais décidé d’annoncer ma candidature aux élections départementales de 2015 aux côtés de Jean-Claude Blanchard dans le second canton de Saint-Nazaire — couvrant Trignac — par voie de presse, sans en référer au préalable à son maire. Cela est faux. Et je tiens à ce titre à rappeler à monsieur Pelon notre réunion de septembre dans mon bureau, au Centre communal d’action sociale (CCAS) de Trignac, lui indiquant ma candidature. David Pelon m’assurait alors combien, selon lui, je méritais cette candidature, en des termes fort élogieux… mais finalement très hypocrites : « Tu es jeune et tu es une femme. Tu es maire-adjointe, ton parti a tout intérêt à te mettre en avant. Mais tu es trop douce, tu n’as pas assez la niaque… Il va falloir montrer les crocs. » Ces crocs monsieur le maire, je compte bien les montrer, dans cette explication qui me fera j’espère en partie justice, car je vis actuellement un véritable coup monté, de vous et votre majorité.

Depuis un an, je me suis énormément investie, sans pour autant négliger ni mon emploi, ni ma famille. Bien au contraire, puisque j’acceptais librement la discipline et les contraintes de cet engagement au service d’un projet municipal, sans jamais compter mes heures, pour que les travailleurs de cette commune et ma fille, comme tous les enfants et toutes les familles de Trignac, bénéficiaires de choix politiques plus justes, puissent mieux vivre ces six prochaines années. Me faire ainsi limoger sur la base d’arguments fallacieux, dans le secret d’une réunion de la majorité où, du reste, ni moi, ni Roland Stal ne furent conviés, après m’avoir fait tant de compliments et prodigué tant de conseils, m’est incompréhensible.

J’estime que l’on s’est débarrassé de moi, non sans avoir quémandé pendant de longs mois les voix du FN durant la campagne des élections municipales !

Les mensonges de David Pelon vont très loin. Ils fonctionnent également par l’omission. Monsieur Pelon oublie de dire que, durant la campagne municipale, sa proposition à l’automne 2013 d’une coopération avec le FN trignacais dans le cadre de la constitution de sa liste concernait non pas deux mais six candidats, sur vingt-neuf à présenter ! Par pudeur et le souci de ne pas politiser à dessein une liste d’intérêt local, Jean-Claude Blanchard s’y refusait, en ne proposant la candidature que de deux de ses militants, qui furent élus. Par ailleurs, monsieur Pelon me reproche aujourd’hui d’être sortie du cadre de mes fonctions d’adjointe. Au demeurant, la responsabilité de mon élection comme troisième adjointe lui revient entièrement. En effet, je n’étais nullement candidate à ce poste, et le FN ne lui a jamais imposé ma position sur la liste. Sa responsabilité est, encore une fois, entière, à l’égal de son mensonge.

Je me perçois comme la victime de manœuvres occultes, politiques — sinon politiciennes ? — qui ne servent pas l’intérêt des Trignacais. Dans le même temps, la décision du maire et de l’actuelle majorité, ses deux élus FN exceptés, se présente comme relevant de ce même intérêt des Trignacais. Selon le maire, je suis écartée pour avoir trop politisé ma fonction. Mais qui, aujourd’hui, politise la municipalité de Trignac à son profit, sinon cette majorité de droite UMP trop honteuse de son parti, et à laquelle je ne reproche pas l’appartenance ? Je ne demandais en retour que de n’être pas mis au rebut moi-même pour mon appartenance au FN, car ce mouvement recueille désormais l’adhésion d’un quart des Trignacais. Il est la majorité d’aujourd’hui et peut être demain, je le sais, aux commandes dans notre ville : je m’y emploierai d’autant plus que je ne suis plus la bienvenue dans cette majorité.

En réalité, rien n’explique le comportement du maire et de sa majorité, sinon une inqualifiable démission de l’esprit devant l’honneur de la parole donnée, sous le poids des pesanteurs partisanes de sa formation politique, d’ordres venus de Nantes et de pressions venues de Paris. Monsieur Pelon se refuse à politiser sa liste municipale ? Que n’a-t-il pas politisé, ultra-politisé, « droitisé » sa décision de m’écarter en espérant peut-être encore les miettes de clémence de l’UMP départementale et de la commission nationale qui doit statuer de son éventuelle exclusion pour « crime d’intérêt général » aux côtés du FN et contre les communistes… Cette décision ne peut ni ne doit être pardonnée. C’est d’ailleurs si vrai que la propre femme du maire, Cécile Nicolas, maire-adjointe aux ressources humaines et à l’administration générale, se serait publiquement indignée du sort politique qui m’était réservé, dans cette « réunion des caciques » où je n’ai pas été invitée…

Les choses sont maintenant expliquées, au vu et au su de tous les Trignacais, qui pourront en tirer les conclusions qu’ils souhaitent dans le secret de l’isoloir, aux élections départementales de mars prochain.

Sans les attaches protocolaires de ma délégation de maire-adjointe, je prends ce jour une liberté de parole nouvelle et, avec elle, mon bâton de pèlerin pour mieux appréhender les problèmes de Trignac et faire de la politique autrement dans cette commune. Le siècle de gestion à gauche semble avoir trop marqué l’actuelle municipalité qui, n’ayant peut-être pas cru à sa propre victoire — à cinquante voix près — paraît désormais glisser dans une série de cafouillages et d’actes manqués dont la mise au ban de ses partenaires du FN est aujourd’hui l’illustration. Monsieur Pelon ne dirige pas : il perd les pédales.

Dans cet exercice nouveau de ma liberté, je ne suis pas, comme le prétendait David Pelon d’un ton paternaliste il y a quelques jours, « jetée dans la fosse aux lions », je poursuis mon combat, pour Trignac et les Trignacais, avec ma famille : le Front national.

 Lydia Poirier

 Conseillère municipale de Trignac

Ancienne maire-adjointe

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