Détachement chez la sous-traitance STX

Tribune libre du Rassemblement Bleu Marine (RBM) de Saint-Nazaire

Pour obtenir le marché du fameux paquebot le plus gros du monde, les entreprises du bassin d’emploi nazairien sont contraintes par différentes pressions de faire massivement appel à de la main d’œuvre étrangère. Et il s’agit hélas d’une dynamique en expansion. Car si, à l’automne 2013, cela ne concernait que quelques dizaines de travailleurs étrangers engagés chaque semaine, nous en sommes, un an plus tard, à quelques centaines par semaine. Plus officieusement, une source informait il y a peu l’un des militants de notre section d’un ratio de cinq mille travailleurs étrangers en « détachement » contre deux mille locaux : moins de 30 % de Français au total.

Depuis quelques mois déjà, nos ouvriers se retrouvent donc à laisser leur place à des sociétés venant majoritairement d’Europe orientale : Lituanie, Pologne, Roumanie… Que vont alors devenir tous les commerces nazairiens travaillant avec nos salariés locaux ?

Le « plus que low coast » se déversant à Saint-Nazaire chaque semaine met à mal nos emplois et un confort de vie souvent déjà bien précaire. Jusqu’en 2012, un ouvrier touchait 12 euros de l’heure, avec un panier-déplacement journalier. Désormais, c’est fini : le taux horaire passe en 2014 à 10,90 euros, et le déplacement est supprimé. Ce sont malheureusement les contraintes à supporter pour pouvoir travailler de nos jours. Mais nous ne nous y résignons pas.

Sachant que les travailleurs détachés se restreignent, afin d’envoyer le maximum de leur salaire dans leurs pays, et que nos travailleurs sont désormais amputés d’une partie de leur pouvoir d’achat, qui va consommer dans nos commerces ? Dans certains secteurs d’activités, cette arrivée massive de travailleurs en détachement pose déjà des problèmes en termes économiques. Que vont devenir nos familles, touchées bientôt par le chômage ou la délocalisation ?

Il est temps de prôner dès maintenant l’égalité de salaires et de charges pour toute personne ou entreprise venant travailler en France. De même, il est grand temps d’imposer à nos grands groupes d’arrêter de faire appel à ces sociétés de sous-traitance, dans le seul but d’engendrer un maximum de bénéfices au plus court terme, quel qu’en soit le coût social pour les Français.

Cela fait des années que l’on entend que le coût du travail est cher en France. Aujourd’hui, tant le président de la République que le Premier ministre et ceux de l’Economie, du Budget et du Travail, ne semblent pas capables pour autant de réunir tous les acteurs socio-économiques – syndicats des ouvriers et du patronat, cadres, représentants des PME-TPE et de l’artisanat, etc. – afin de les obliger à trouver des solutions pour faire baisser le coût du travail.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *