Détachement : la CGT bafouille de gêne…

Tribune libre du Rassemblement Bleu Marine (RBM) de Saint-Nazaire

Mardi soir encore, sur le plateau du Grand journal de Canal +, Jean-Claude Blanchard et les militants du Front national de Saint-Nazaire ont fait tousser. Une fois de plus, c’est la question des travailleurs détachés d’Europe de l’Est qui aura gêné les bien-pensants. Trois semaines après les dénis du Premier ministre Manuel Valls sur ce même plateau, sur le mode « Tout va bien, l’emploi repart. », ce fut au tour de Philippe Martinez, nouveau secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT), de nier en bloc le problème du détachement à Saint-Nazaire.

Confronté aux images de nos militants en pleine action, distribuant leurs tracts de campagne aux ouvriers de STX, à deux pas du local CGT des Chantiers navals, monsieur Martinez est resté droit dans ses bottes. « Il faut renforcer les règles européennes. » s’est-il borné à dire, sans préciser combien la CGT a toujours soutenu, en dernier ressort, le gouvernement socialiste, précisément acquis à toutes les règles européennes. Dans sa gêne face à un FN conquérant à Saint-Nazaire, Martinez a même trébuché sur le terme des salariés détachés, devenus « salariés té-achés ».

Philippe Martinez trébuche, comme bientôt son empire. Voilà que le syndicat, historiquement lié depuis un siècle au Parti communiste, se disloque pour retrouver — un peu — de ses idéaux d’origine, cet ouvriérisme patriote garant de l’intérêt des travailleurs Français d’abord.

De cette CGT jugée en pleine déroute (mais n’est-elle pas plutôt en pleine émancipation ?), des pans entiers se détachent, depuis les militants de base jusqu’aux dirigeants locaux, qui penchent désormais vers les idées du FN. Quand ces idées sont mûries, réfléchies, discutées à la cafétéria ou après la débauche, elles deviennent la conscience d’un vote futur en faveur de Marine Le Pen et de ses candidats. Le dégoût des travailleurs est en effet si grand !

Déjà, l’écœurement des militants syndicaux s’était manifesté l’an dernier durant l’affaire Lepaon, et la réfection à hauteur de centaines de milliers d’euros de son bureau et de son appartement (du porte-papier-toilettes à 700 euros… payé par les cotisations syndicales !). Une première claque avait d’ailleurs été administrée lors des élections professionnelles de décembre dernier : – 3,5 points à La Poste, – 4,3 points chez EDF…

Le syndicalisme-godillot des politiques gouvernementales a vécu ! Et les Nazairiens, comme les Français, cherchent maintenant d’autres réponses pour défendre leur travail, y compris en retrouvant le chemin des bureaux de vote.

Ce travail, il se fait souvent rare à Saint-Nazaire, affaibli par l’incertitude chronique des commandes navales — tant de bonnes nouvelles qui en deviennent de mauvaises — et de réguliers plans sociaux parmi les sous-traitants industriels.

À Saint-Nazaire et dans sa région, on ne plaisante pas avec le travail. Dans le même temps, la journée du jeudi 9 avril est une date importante pour les travailleurs de ce pays. Une majorité d’organisations syndicales appellent à la grève générale, en protestation contre le projet de loi Macron « pour la croissance et l’activité » dont l’objectif officiel de « déverrouiller l’économie française » ne trompe personne.

Dans l’Ouest, Saint-Nazaire sera nous l’espérons, une fois encore, l’aiguillon-moteur, non des mécontentements et des couinements, comme le pouvoir caricature nos camarades, mais de la contre-société qui se lève contre les injustices, y compris s’il le faut par la grève.

Si les syndicats actuels sont de moins en moins légitimes, la grève contre les injustices l’est toujours, en plus de constituer un choix courageux. Ce jeudi, les travailleurs nazairiens, trignacais, dongeois, montoirins, doivent peser le pour et le contre. Nous savons qu’ils réfléchiront en conscience s’ils souhaitent consentir à un sacrifice de plus : faire une croix sur le salaire d’une journée de travail pour rallier sur le pavé le grand front social, politique et syndical contre l’indigne loi Macron.

Ce front, ils pourraient d’ailleurs très bien le poursuivre dans les urnes des consultations électorales, en décembre prochain, comme ils l’ont déjà fait massivement le mois dernier, ce dont nous les remercions.

Le 10 avril 2013, les militants du FN étaient à la gare de Saint-Nazaire, aux côtés des travailleurs précarisés par le fallacieux accord national interprofessionnel (ANI). Deux ans plus tard, presque jour pour jour, nous leur rappelons que, dans cette ville d’industrie et de tradition ouvrière, nous sommes et serons toujours de leur côté.

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