2012 : Présidentiel.

Photos du meeting de Bouguenais

Présidentielle 2012 — Compte-rendu d’étape, par Gauthier Bouchet

BOUGUENAIS (Loire-Atlantique) — C’est un travail de longue haleine. « Mais on y est arrivé ! », peut proclamer à ses militants Marguerite Lussaud, la responsable locale du FN. Depuis novembre, la fédération de Loire-Atlantique du Front national sait que sera organisé, dans son département, l’un des meetings présidentiels régionaux de Marine Le Pen. Restait à savoir où, et quand. Initialement prévu pour le 13 avril à Saint-Nazaire, cette grande réunion publique de campagne est finalement avancée de deux semaines, et déplacée à Bouguenais, où elle est organisée dans des conditions plus précaires que prévues. Mais les partisans de Marine Le Pen connaissent apparemment suffisamment les difficultés, sur les marchés ou durant leur quête des parrainages, pour vraiment voir une différence avec leur quotidien militant, plus âpre que ces quelques complexités d’organisation.

En l’occurrence, la difficulté supplémentaire, et qui vient s’ajouter à toutes les autres ces derniers mois — dont le refus de la mairie de Saint-Nazaire d’accorder une salle — concerne l’organisation « matérielle » du rendez-vous. Pas de salle standard, type parc des expositions. Mais un chapiteau monté plusieurs jours à l’avance, au lieu-dit de Port-Lavigne, qui sert habituellement comme garage de bateaux (tous enlevés pour l’occasion). Le coût du meeting s’en ressent logiquement , passant du simple au double. C’est sans compter, de plus, sur la volonté de la préfecture d’interdire cette manifestation pour « raison de sécurité », jusqu’à la veille de celle-ci. Un arrêté municipal empêche par ailleurs la circulation jusqu’à deux kilomètres du rendez-vous, obligeant les participants à emprunter à pied l’unique chemin — de terre — menant au chapiteau. Le tout sous la menace potentielle de manifestants de l’extrême gauche.

Mais les participants sont finalement nombreux. Mieux, ils viennent de l’ensemble des départements des Pays de la Loire, ainsi que de Bretagne et du Poitou-Charentes. Cette foule dense et compacte, où essaiment les drapeaux tricolores faits-main (tel un drapeau bleu-blanc-rouge orné de la flamme FN) réitère ainsi la dynamique du meeting mayennais de Vaiges, en septembre dernier, lequel avait déjà vu converger quelques mille deux cents sympathisants du grand Ouest. En ce chaud dimanche de mars, ils sont encore plus nombreux — mille cinq cents — à venir écouter et acclamer Marine Le Pen à Bouguenais.

Non loin du lieu du meeting, une semaine plus tôt, Marion, quatorze ans, meurt égorgée dans des conditions d’un rare sordide. C’est un promeneur qui la trouve, lardée de dizaines de coups de couteaux, dans des toilettes publiques. Pas étonnant donc que le public présent ce dimanche à Bouguenais soit particulièrement remonté contre cette banalisation de la criminalité. Parmi la série de quatre affiches thématiques lancées l’hiver précédent par l’équipe de campagne de Marine Le Pen, figure d’ailleurs ce constat à la fois révélateur de ce ras-le-bol et prophétique des événements de mars : Insécurité 2002-2011 + 45 % de violences contre les personnes. Sarkozy a-t-il été élu pour ça ? Car les jours précédant immédiatement le meeting de Marine Le Pen à Bouguenais — laquelle n’a pas tenu de réunion publique depuis celle d’Ajaccio, le 17 mars — voient également surgir l’actualité du septuple meurtre orchestré par Mohamed Merah, un fondamentaliste musulman. Le discours de Marine Le Pen, une semaine après les faits, à Bouguenais, ne peut donc manquer, logiquement, de s’attaquer à l’islamisme. Un islam radical que le Front national a tôt fait de dénoncer, seul parmi l’ensemble de la classe politique française. « Combien de Mohamed Merah en France ? » est assurément la phrase que chacun retient dans ce nouveau discours de Marine Le Pen, militants comme médias. Elle pose, pour celle qui veut « mettre l’islam radical à genoux », tant la question du fondamentalisme et du terrorisme, que celle, plus en amont, de l’immigration. Car Merah, au final, est aussi l’un de ces Français issus d’une immigration « devenue incontrôlée », pour Marine Le Pen, de celle qui n’est pas une « chance pour la France », selon l’un des mots-clefs de la sémantique frontiste.

La Bretagne à l’honneur

En parcourant les travées du meeting présidentiel de Marine Le Pen, ce dimanche de fin mars à Bouguenais, on peut s’apercevoir que les drapeaux y sont plus « divers » que d’habitude. Les plus motivés des militants viennent, pour commencer, souvent avec leurs calicots personnels, pour lesquels seule Marine peut sauver la nation française. Mais ce qui retient le plus le regard, parmi l’immense majorité de drapeaux bleus, blancs et rouges, reste ces drapeaux bretons, qui tranchent dans le paysage. Ils traduisent, comme durant le traditionnel défilé annuel du 1er-Mai, qui met à l’honneur les fédérations — dont le FN breton de Jean-Paul Félix — l’attachement particulier pour une Bretagne historique qui, bien sûr, n’est pas absente ce dimanche du discours de Marine Le Pen. La candidate a ainsi a cœur de rappeler son attachement aux petites patries charnelles au sein de l’ensemble, qu’elle veut garder « un et indivisible » de la nation française. Parmi ces patries, la Bretagne, et l’arrière-plan historique d’une province française parmi trente-cinq autres… bien avant les régions administratives de la Cinquième République.

Du fait de l’actualité des meurtres de Montauban et Toulouse, l’accent est surtout mis, dans ce discours, sur cette thématique immédiate, Marine Le Pen rappelant son attachement à combattre tous les fondamentalismes religieux, pour que « pas un pouce du sol de la République française ne tombe sous leur joug ». Mais cette évocation consécutive, et plus apaisée, de la Bretagne, permet une ouverture finale sur d’autres thèmes plus locaux et, parce qu’ils sont moins « marquants » dans le buzz médiatique, moins commentés toutefois.

Nantes, pour Marine Le Pen, c’est par exemple les massacres de Jean-Baptiste Carrier ; ce qui permet ainsi à la candidate soutenue par le FN de « prendre toute l’histoire, comme un bloc ». Elle ne renie rien ainsi, ni de la Révolution française, ni de ce qu’elle estime être ses abus, dans le contexte spécifique des guerres de Vendée, durant lesquelles le gouvernement républicain ordonne des mesures d’exception particulièrement répressives. Dans un ensemble un peu pêle-mêle, Marine Le Pen évoque également ceux qui sont « toujours stigmatisés, plus que les véritables délinquants », notamment les automobilistes. Une remarque qui fait son effet dans un public attaché au recouvrement d’un peu de bon sens populaire, au-delà des enjeux souvent volontairement techniques et abstraits des discours de campagne d’autres candidats. Marine Le Pen, à Bouguenais, réussit de toute évidence ce dimanche le pari de réintroduire ce parler-vrai si absent de la campagne, devant les mille cinq cents participants présents.

Communiqué de presse du Front national (FN) de Loire-Atlantique

Dans le cadre de la campagne pour les élections présidentielles de 2012, Marine Le Pen tiendra une grande réunion publique, sous chapiteau, le dimanche 25 mars prochain, à 15 heures 30, à Bouguenais.

Contact presse : 02 40 06 52 68,  ou 06 81 45 47 42

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