En Loire-Atlantique, une percée du FN

Article de Breizh-info du lundi 23 mars 2015

En Loire Atlantique, le Parti socialiste disposait d’une forte majorité en sièges (34 sur 59). Pour compenser la démobilisation attendue d’une partie de l’électorat de gauche déçue par le Président Hollande et le gouvernement Valls, il comptait sur le redécoupage des cantons. En effet, celui-ci s’apparentait à un véritable « charcutage » dans le seul but de faire conserver au PS sa majorité départementale.

Au vu des résultats du dimanche 22 mars, il n’a pas obtenu les effets escomptés. Il en est de même pour la hausse de la participation de 8 %. Le Parti socialiste ne réalise que 21,48 % des suffrages. Si on ajoute le score de 13,12 % des divers gauche, on obtient un total 34.60%. Ce résultat est proche des 33,09 % de l’UMP/UDI. Celles-ci n’ont d’ailleurs pas non plus bénéficié significativement de la baisse de l’abstention.

Le PS demeure toutefois en tête dans les grandes villes du département où il bénéficie d’un fort réseau associatif et clientéliste constitué depuis des décennies. C’est le cas dans tous les cantons nantais, nazairiens, rezéens et herblinois.

Dans la plupart des cantons ruraux, le PS avait fait disparaître prudemment son étiquette pour celle de « divers gauche ». Le Front de gauche, lorsqu’il se présentait seul, est en net recul. Il atteint 4,11% des votes. Par contre EELV, malgré un maigre 3,93% des suffrages au niveau du département, conserve une forte clientèle électorale « bobo » dans les cantons nantais. Il n’a pas bénéficié de l’effet Notre Dame des Landes.

Les candidats de l’UMP , de l’UDI et divers droite sous l’étiquette « Démocratie 44 » n’ont pas profité partout du recul socialiste. Ils arrivent pourtant en tête dans 15 cantons sur 31, principalement dans les cantons ruraux et du littoral. D’autre part, elle est affaiblie dans les sept cantons nantais par la dissidence de Sophie Van Goethem. Cela ne permet pas à une UMP, par ailleurs très divisée, de pavoiser.

Avec un résultat départemental en forte progression de 18,30 %, malgré un contexte très difficile, c’est le Front national qui réalise la meilleure opération. En effet le FN présentait pour la première fois des candidats dans tous les cantons. Il n’a pas été loin de réaliser son objectif d’être présent au second tour dans une dizaine de cantons.

Finalement, il ne sera présent au second tour qu’à Pornic, Nantes-7 et Saint Nazaire-2 . Dans ce dernier, Jean-Claude Blanchard et Lydia Poirier obtiennent plus de 24 % face au président PS du conseil général, Philippe Grosvalet.

Dans la plupart des cantons ruraux, le FN effectue une notable percée, avec plus de 20 % des suffrages. Nicolas Grelier et Denise Joly manquent de peu le second tour à Nort-sur-Erdre avec 23 % (ils obtiennent près de 30 % à Notre-Dame-des-Landes). Il en est de même à Ancenis, Châteaubriant, Guémené-Penfao, Guérande, Machecoul et Vallet. Dans une moindre mesure l’avance du FN est aussi notable dans certains cantons urbains – Saint-Herblain-1 et Rezé-1.

La question est donc de savoir ce que feront les électeurs du FN dimanche prochain. A la veille du 1er tour, le responsable de l’UMP, conseiller général sortant de La Baule, Gatien Meunier avait déclaré préférer le PS au FN. De son côté le président départemental de l’UMP , François Pinte, très contesté dans son mouvement, a déclaré dimanche soir sur France 3 qu’il voterait socialiste en cas de duel avec le FN en contradiction avec les consignes de Nicolas Sarkozy tout en tendant la main aux électeurs du FN !

C’est donc ce vote populaire, rural et urbain, et l’éventuelle mobilisation des abstentionnistes qui seront la clé des résultats le 29 mars. En Loire atlantique rien ne permet d’en préjuger l’issue et, donc, la couleur de la future majorité départementale.

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