François Fillon : faux conservateur, faux souverainiste, faux libéral

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Tribune de Pascal Gannat, président du groupe Front national-Rassemblement Bleu Marine au conseil régional des Pays de la Loire

À travers leur vote pour Nicolas Sarkozy lors de primaire de la droite et du centre, 20 % des votants ont réclamé davantage d’identité, d’autorité et de sécurité.

En effet, quoi qu’il en soit de la réalité du bilan de Nicolas Sarkozy ou de la sincérité de ses convictions, c’est bien ces thématiques que celui-ci avait placé au cœur de sa campagne. Et ces électeurs, comme de manière plus marginale ceux ayant voté pour Jean-François Copé ou Jean-Frédéric Poisson, se retrouvent aujourd’hui orphelins. Il semble en effet évident que — quels que soient les ralliements opportunistes ou les calculs — ni Alain Juppé, ni François Fillon ne peuvent répondre à leurs aspirations. Leurs atermoiements sur la question des migrants ou leur faiblesse face à l’islamisme radical les disqualifient clairement. François Fillon a en effet déclaré qu’il accueillerait des migrants dans sa commune s’il était encore maire, et il a été le premier chef de gouvernement à inaugurer une mosquée (à Argenteuil). Il avait gouverné comme Manuel Valls aujourd’hui, par le laxisme et la dette. Il a fait de Sablé-sur-Sarthe une ville en crise, submergée par l’immigration et l’insécurité, et après ce bilan désastreux, il l’a quittée, comme il a quitté politiquement la Sarthe.

Car, plus fâcheux, François Fillon est l’homme des renoncements : il a abandonné la ligne souverainiste de Philippe Seguin, et s’est rallié au mondialisme de Bruxelles, mais son programme économique de réforme de l’État est inapplicable sans une réappropriation de notre souveraineté monétaire. De plus, il reste lié à un modèle technocratique étatique, car ce n’est pas le nombre de fonctionnaires qui pose problème, mais la redéfinition de leurs missions sur les fonctions régaliennes de l’État. L’effort pour diminuer la dépense publique doit se porter prioritairement sur les outils du clientélisme et du communautarisme que sont les subventions à perte à certaines entreprises, et à pléthore d’associations et d’organismes-bidons. Autre sujet qu’il n’aborde pas dans son programme : le coût de la formation professionnelle (la plus chère d’Europe et l’une des moins efficaces), qui explique en grande partie le dysfonctionnement de notre marché du travail. Ceci et d’autres grands thèmes feront l’objet de l’attention du FN qui présentera un vrai projet alternatif à celui très daté RPR des années 1970 de François Fillon.

Identité, autorité, sécurité sont au cœur du projet pour la France porté par Marine Le Pen, et c’est autour de sa candidature de rassemblement du peuple français — au-delà des étiquettes partisanes et des parcours politiques, de droite comme de gauche — que doivent se mobiliser tous les patriotes. Faux conservateur, faux libéral, faux souverainiste, François Fillon illustre toutes les illusions de la droite, et représente l’échec du quinquennat Sarkozy, promesses de rupture en 2007 et actes manqués jusqu’en 2012.

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