Infolettre du mois des conseillers régionaux FN (Loire-Atlantique, décembre 2016)

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Communication du groupe Front national au conseil régional des Pays de la Loire

Commissions sectorielles du 5 décembre 2016

Finances, ressources humaines, affaires générales, coopération interrégionale, affaires européennes et coopération internationale

« Diminution de 10 millions d’euros des dépenses de fonctionnement, une baisse de 16 millions de recours à l’emprunt, et une épargne brute en hausse de 11 millions » : Bruno Retailleau présente ainsi sa gestion rigoureuse des finances régionales. Le hic, c’est que cette annonce concerne le projet théorique du président de Région, sur les cinq années restantes de sa mandature. Il n’y a aucun rapport donc, avec le budget annuel 2017 que nous avons voté ces jours-ci. Ces prévisions ignorent deux grandes incertitudes, pourtant évidentes.

Tout d’abord, il y a l’incertitude des difficultés de l’Union européenne. Les grandes opérations régionales sont cofinancées à hauteur de 37 % par des fonds européens sur la période 2017-2021, lesquels ont commencé à diminuer en 2016. Qui peut garantir le maintien des fonds européens durant les prochaines années compte tenu des difficultés que connaît l’UE ? Comment procèdera alors Bruno Retailleau pour mener à bien les actions projetées dont aucune ne peut se monter sans fonds européens ?

Ensuite, il y a l’augmentation des taux d’intérêts. Nul ne peut certifier que les taux d’intérêt qui permettent le recours à l’emprunt demeureront stables sur cinq ans. La fragilité du système financier au travers des banques, le fait que les banquiers centraux aient demandé récemment aux états des politiques de relance par de grands travaux et investissements de structures, tout cela annonce la remontée des taux, qui a commencé il y a quelques mois.

Or , pour des raisons électorales et de consensus lié à la pression du centre gauche UDI-MoDem au sein de sa majorité, Bruno Retailleau a repoussé le retour à l’équilibre financier à la fin de la mandature, dans cinq ans, en maintenant encore sur plusieurs années le recours à l’emprunt et la dette, dans l’hypothèse d’une conjoncture égale à celle de 2016. Enfin ce budget fait l’impasse sur des lignes budgétaires d’envergure, comme le financement de Notre-Dame-des-Landes et de ses infrastructures (Rocade nantaise, franchissement de la Loire, voie ferrée dédiée, soit deux à quatre années budgétaires, entre deux et quatre milliards d’euros) qui demeurent des OVNI budgétaires. Autrement dit, la communication a cédé le pas sur l’opération vérité des comptes et retour à un taux d’épargne brut prévu pour 2022. Le maintien de la dette ce sera le maintien de la fiscalité qui pèse sur les failles et les PME et l’emploi. C’est pourquoi, bien que relevant un renversement de tendances incontestable par rapport à la gauche, nous avons voté contre ce budget, qui exprime le renoncement habituel de la droite à faire les réformes promises électoralement.

Pascal GANNAT  — Jean GOYCHMAN

Entreprises, développement international, tourisme, innovation, enseignement supérieur et recherche

Le Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’Internationalisation (SRDEII) soumis à notre vote, a tout d’un catalogue à la Prévert de bonnes intentions.

La majorité entend « faire émerger les PME du futur », c’est-à-dire encourager la création et l’innovation. Dans une économie mondialisée, l’innovation est souvent l’affaire des métropoles connectées. L’exécutif est semble-t-il passé à côté des chiffres de la pauvreté, qui s’accentue dans notre Région, notamment dans le Sud de la Sarthe (15 % de la population y vit sous le seuil de pauvreté). Ce schéma néglige l’accompagnement d’activités qui sont amenées à disparaître sous l’effet d’une mondialisation effrénée qui organise la production dans les pays à bas coûts salariaux. Pourtant, il est indispensable de relocaliser nombre d’industries traditionnelles, productrices de biens de consommation que nous importons massivement, souvent au détriment de notre indépendance énergétique, alimentaire ou stratégique. Ce schéma se propose de renforcer le « rôle des locomotives économiques de la métropole nantaise », des grandes agglomérations et des pôles d’équilibre, mais occulte ce faisant les success stories de petites PME industrielles qui relocalisent de la production manufacturière de haute qualité et de luxe, aux emplois non délocalisables.

C’est pourquoi nous nous y sommes opposés. Cela étant, une bonne chose à mettre au compte de l’exécutif. Ce schéma aborde l’enjeu de la simplification administrative, via la création d’un interlocuteur unique pour chacune des entreprises de la région. Nous nous félicitons que cette proposition formulée par le FN lors de la campagne électorale de 2015 ait été entendue. Nous ajoutons que pour une vraie efficacité, cet interlocuteur devra être pluridisciplinaire formée et bénéficiant d’une formation permanente régulière.

Pascal NICOT — Samuel POTIER

Éducation et lycées, orientation et lutte contre le décrochage, civisme

J’ai formulé un vœu sur la dénomination des lycées publics ligériens, à la suite d’un vote au sujet d’un lycée renommé « Rosa Parks ». En effet, quelle que soit la noblesse de la cause défendue par cette personne, j’estime que nos lycées doivent porter le nom de grandes figures issues du patrimoine national. Il faut en finir avec les références hors-sol.

Par ailleurs j’ai exprimé mon accord sur la décision de Bruno Retailleau concernant la suppression du dispositif Ordipass, qui a coûté aux contribuables ligériens la modique somme de onze millions d’euros sur cinq ans. L’intérêt pédagogique de ce dispositif semblait tout à fait aléatoire, sachant qu’il était avant tout utilisé par les élèves pour se connecter aux réseaux sociaux, ou permettre le recours à des formes de pédagogies néfastes ou inutiles pour la formation réelle et l’apprentissage des connaissances de base de trop de nos lycéens. Il est clair que cette dépense serait mieux employée pour renflouer les caisses du fonds social lycéen régional.

Alain AVELLO

Transports, mobilité, infrastructures

Lors de la dernière séance plénière du conseil régional, la mise au débat du rapport 106 relatif à la modernisation du parc de matériel roulant régional m’a donné l’occasion de rappeler le positionnement général du groupe FN-RBM sur le réseau ferroviaire. Je constate que la Région poursuit ses investissements massifs — encore 7 millions d’euros de remise à niveau du matériel votés ce 15 décembre — mais qu’en retour, elle n’a aucun contrôle ni sur la gestion du réseau, ni sur la qualité de celui-ci.

Cette absence de contrôle de notre collectivité sur la qualité du réseau ferroviaire régional est la raison pour laquelle, en plénière, j’ai soulevé pour la deuxième fois la question des délégations de services publics (DSP). Selon moi, poser ouvertement la question des DSP ferroviaires n’exclut d’ailleurs pas la SNCF a priori, pourvu que celle-ci fournisse l’offre la plus respectueuse d’un cahier des charges établi par la Région, ce dont je ne doute pas. Reste que des outils de contrôle doivent être mis en place, au sujet de la qualité, de la ponctualité et des coûts de service de notre réseau ferroviaire régional. Sur ce point, rien n’est clairement prévu et notre vigilance demeurera constante, DSP ou non : les Ligériens ne peuvent être doublement pénalisés, comme contribuables puis comme usagers du rail et des bus subventionnés.

Jean-Claude BLANCHARD

Territoires, ruralité, santé, environnement, transition énergétique, croissance verte et logement

Notre région importe près de 80 % de l’énergie qu’elle consomme, aussi avons-nous attentivement examiné la feuille de route régionale pour la transition énergétique présentée lors de la dernière commission thématique et votée en assemblée plénière.

Nous approuvons la volonté de la nouvelle majorité de développer la recherche et l’innovation au travers des énergies renouvelables, comme le solaire et des unités de méthanisation, le stockage de l’énergie et ainsi, de mettre fin à la prééminence de l’éolien terrestre soutenue par la précédente majorité socialiste. Nous préconisons l’organisation de référendums locaux en préalable à la mise en place de toute nouvelle éolienne terrestre.

Nous sommes plus sceptiques sur le succès futur, à échelle régionale, du plan de réhabilitation thermique du parc immobilier privé, en raison des difficultés de financement pour les foyers, mais aussi des entreprises, alors que l’INSEE dénombre près de 400 000 personnes en situation de pauvreté dans les Pays de la Loire. Nous considérons que les politiques menées jusqu’à ce jour depuis le premier choc pétrolier des années 1970 sont un échec, seul un plan massif à échelle nationale, tel que proposé par le Front national, soutenu par des prêts à 0 %, est susceptible de mettre fin à la précarité énergétique qui touche plus de 5 millions de foyers français selon Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE).

Pour ces motifs, nous nous sommes abstenus.

Aymeric MERLAUD — Brigitte NÉDÉLEC

Agriculture, agro-alimentaire, forêts, pêche, mer

Nous avons pris la parole dans l’hémicycle pour la défense d’un modèle agricole véritablement français, alors que notre région, tout en s’engageant dans un pacte pour la ruralité et un plan d’actions prioritaires pour l’agriculture, ne questionne jamais notre appartenance à la Politique agricole commune, et ses conséquences. En effet, comment croire que poursuivre dans une politique agricole non française permettra de conforter les intérêts des Pays de la Loire et de la France, pour nos agriculteurs, nos éleveurs, tout comme notre ruralité, dont ils sont les premiers aménageurs ?

Nous avons rappelé en séance un certain nombre de positions de principe qui font du FN le seul défenseur du monde agricole, alors que droite et gauche ne cessent de renoncer. En particulier, nous sommes les seuls à dénoncer les difficultés que connaissent actuellement les filières du lait et du porc, au sein d’une crise agricole plus générale, aggravée ces deux dernières années par l’embargo russe, soutenu par la France…. sur injonction de la Commission européenne !

Nos agriculteurs n’en peuvent plus, et demandent autre chose que l’indifférence de la gauche, autant que l’attention feinte de la droite, alors que celle-ci a contribué à effondrer notre agriculture, sous les ministères de François Fillon et de Bruno Le Maire. Nos agriculteurs demandent une politique agricole française au budget renforcé et national, plutôt que de quémander la rétrocession d’aides européennes issues de leurs propres impôts.

Marguerite LUSSAUD — Bruno de LA MORINIÈRE

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