La règle d’or, mais laquelle ?

Picto-Merkel

Communiqué de presse de Marine Le Pen, présidente du Front national

Dans sa politique ultralibérale folle visant à rassurer les marchés financiers et à sauver « l’euro à tous prix », le duo Sarkozy-Merkel est prêt à n’importe quel subterfuge électoraliste afin d’imposer des plans d’austérité drastiques (50 milliards d’euros d’économies en France) à partir de 2013.

Pour ce faire, ce duo s’est livré hier à un grand numéro d’illusionnistes, sur le thème des « finances publiques en crise ». D’autant que, dans le même temps, la France est attaquée par les spéculateurs et risque une dégradation imminente de sa notation financière AAA qui pèserait encore plus sur notre charge des intérêts de la dette.

Qu’en est-il de la « règle d’or » (nom du projet de loi gouvernemental d’inscrire dans la Constitution des règles prévoyant un retour progressif à l’équilibre budgétaire qui s’appliqueraient à la fois au budget de l’Etat et à celui de la Sécurité sociale) ? En apparence, on ne peut qu’y souscrire.

Cependant, à la lecture du projet de loi constitutionnel (n°722) voté le 13 juillet, le texte Sarkozyen montre qu’il n’a absolument rien à voir avec la « règle d’or allemande ».

En effet, dans le projet UMP de lois cadres budgétaires triennales, la « règle d’or française » n’exclurait pas du tout les déficits publics pourvu qu’ils soient programmés à trois ans.

De plus, l’article 1er du projet constitutionnel n’exclurait nullement que le parlement Français puisse modifier la loi de programmation triennale budgétaire à tout moment ; autant dire que la règle d’or à la sauce Sarkozy n’est qu’un monument vide et sonore.

Il n’en est pas du tout de même de la version allemande de la règle d’or qui est inscrite depuis 1949 dans les articles 110 et 115 de leur constitution. La réforme constitutionnelle allemande du 12 juin 2009 limite formellement le déficit structurel de l’Etat fédéral à 0,3 % du PIB à partir de 2016.

A noter d’ailleurs qu’il ne s’agit dans ce dispositif que de réduire les déficits mais en aucun cas d’entamer un plan de désendettement.

Par ailleurs, le PS fait mine au parlement de s’opposer sur le vote de cette loi, mais comment croire encore une classe politique (UMPS) disqualifiée et qui est incapable d’équilibrer le budget de l’Etat depuis trente-sept ans ?

Il est clair que dans leur conférence de presse commune, Madame Merkel et Monsieur Sarkozy parlaient d’une même voix mais de deux règles d’or, qui n’ont strictement rien à voir.

Ni les experts aujourd’hui, ni les marchés financiers demain ne seront dupes de ce flirt en trompe-l’œil…

Marine Le Pen, présidente du Front national, condamne ce simulacre de « règle d’or » sarkozyenne et exige d’abord que la France sorte de la soumission totale aux marchés et que soit imposée la vrai règle d’or du désendettement : l’emprunt public ne doit servir qu’à financer les investissements publics et non plus des déficits de fonctionnement improductifs.

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