À la CARENE

Intervention de Gauthier Bouchet en séance du conseil communautaire de la Communauté d’agglomération de la région nazairienne et de l’Estuaire (CARENE), mardi 31 mars 2015.

Délibération n° 1

Commission : Développement économique

Nantes-Saint-Nazaire Développement — Désignation des représentants — Approbation et autorisation de signer une convention avec l’association — Versement d’une subvention de fonctionnement au titre de l’année 2015

Gauthier Bouchet

Monsieur le président, mes chers collègues.

Vous connaissez la position des élus du Front national concernant la métropolisation de nos territoires, et les outils politiques la facilitant, au détriment, toujours, de nos campagnes et de nos banlieues, et d’une unité républicaine, procédant par l’égalité des territoires et des hommes, non par leur mise en concurrence. Votre majorité, ralliée d’ailleurs par des élus de droite, ne veut hélas parler d’aucun retour en arrière sur ce sujet.

Nantes-Saint-Nazaire Développement est votre nouveau jouet métropolitain. Il est arrivé le 1er janvier, cadeau socialiste que vous partagez bien sûr avec Johanna Rolland, présidente de son conseil d’administration. Le prétexte du « développement économique international » et la signature récente du pacte métropolitain, par le PS comme par l’UMP, viennent de servir, une fois encore, à la constitution d’une puissante et opaque infrastructure.

Cette énième agence de développement sera, nous n’en doutons pas, revendicatrice en droits et en deniers, « nanto-nantaise » en dépit de ses promesses d’association avec Saint-Nazaire, acquise aux principes contestables du « marketing territorial », mais surtout, peuplée d’élus socialistes, et donc inaccessible au peuple.

La présente liste des membres statutaires fondateurs dit d’ailleurs tout de vos choix en la matière : tout pour les élus, si possible de votre majorité, avec vingt-deux représentants, mais bien peu pour les véritables « experts » de la société civile, partagés entre la Chambre de commerce et de l’industrie et la Chambre des métiers et de l’artisanat, représentés par seulement dix membres.

Pour Nantes-Saint-Nazaire Développement, nous ne préconisons aucune subvention de fonctionnement de la part de notre communauté d’agglomération. Nous l’appelons à ce titre à solliciter des financements d’entreprises privées. On ne peut pas d’un côté vouloir se disperser sans cesse à l’international et revenir cependant chaque année prélever à Saint-Nazaire ses 240000 euros d’argent de poche auprès du contribuable. Je voterai donc contre cette délibération.

Monsieur le président, mes chers collègues, je vous remercie pour votre attention.

Interventions de Jean-Claude Blanchard en séance du conseil communautaire de la Communauté d’agglomération de la région nazairienne et de l’Estuaire (CARENE), mardi 9 décembre 2014.

Délibération n° 1

Rapport sur la situation de la CARENE en matière de développement durable — Présentation

Jean-Claude Blanchard

Monsieur le président, mes chers collègues.

Je ferai quelques remarques à propos du rapport 2014 de développement durable. Je crains que les points exposés dans ce rapport — lutte contre les dérèglements du climat, préservation de nos ressources, et surtout le développement de notre territoire — ne dépende pas de la CARENE, mais de l’État.

Je le sais désormais beaucoup plus volontariste que par le passé sur les questions d’environnement. Dans le même temps, le gouvernement que soutient la majorité de cette assemblée ne fait pas assez pour aider la France dans l’excellence environnementale. Mes adversaires politiques d’EELV ont d’ailleurs inventé un sigle très utile, que je leur emprunte volontiers : les GPII — pour désigner les « grand projets inutiles (mais) imposés » — tels l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou le barrage de Sivens. Ces méga-structures traduisent bien les contradictions d’un gouvernement pourtant de gauche sur la question de l’écologie.

De l’autre côté, pris en mains par la gauche, l’État se défausse de sa responsabilité de grand aménageur, pour les questions environnementales et territoriales, déléguant à ses nouveaux enfants chéris : les communautés d’agglomération. Alors oui, « cette année la CARENE a maintenu son engagement pour le développement durable, au travers de la mise en œuvre concrète du plan Climat-Énergie territorial », nous indique le rapport. Mais, au-delà du fait que c’est un rôle qu’elle vole à d’autres acteurs, comment peut-elle nous bercer d’illusions ? Croit-elle enrayer un réchauffement climatique planétaire à l’échelle d’une communauté de cent-mille habitants ?

Cette épreuve colossale du siècle ne sera pas ralentie par les « actions d’animation » de la CARENE, son « conseiller en énergie partagée » ou une coopération d’ailleurs non réciproque avec Cuba et la Tunisie. C’est par une transition énergétique qui dépasse le slogan que la pollution peut diminuer, et le changement climatique ralenti. Cette transition ne peut d’ailleurs s’opérer que par de très lourds investissements, nationaux au minimum. Mais ce n’est qu’un rêve. Créer cette transition, et pas qu’une posture, reviendrait en effet à retrouver notre souveraineté économique et monétaire. Car, comme l’avance l’économiste Philippe Murer, ancien compagnon de route du PS et auteur de La transition énergétique, une énergie moins chère : « Pour que cette transition puisse se faire, elle requiert des investissements très importants, plus importants encore que le programme nucléaire français. [ … ] Et pour les faire, il va falloir pouvoir emprunter de l’argent à la Banque de France, à des taux d’intérêts suffisamment bas. Cela signifie donc qu’il faut sortir de l’euro, car la Banque centrale européenne nous interdit qu’une entreprise publique comme EDF puisse emprunter auprès de la Banque de France. » Or cela, sortir de la BCE comme de l’euro, le président Hollande n’en veut pas ! Ce faisant, sa loi de transition énergétique d’il y a quelques semaines, malgré des avancées réelles (notamment sur l’obsolescence programmée) ne sera jamais, comme d’habitude avec lui, qu’une demi-mesure, et un plein renoncement.

Mais nous savons les communautés d’agglomération, à l’exemple de la CARENE, prêtes à dicter au climat, conjuguant au futur de l’impératif ! Les scientifiques sont formels. La submersion des Maldives et du Bangladesh va être ralentie puis stoppée par la CARENE dans quelques décennies. En l’attente, ses habitants ne sont pas invités à construire des digues chez eux contre la montée de l’océan, mais à venir migrer chez nous, en tant qu’ « éco-réfugiés ». Non… Retrouvons la juste mesure des choses.

Monsieur le maire, mes chers collègues, je vous remercier pour votre attention.

Délibération n° 2

Débat d’orientations budgétaires (DOB) 2015

Jean-Claude Blanchard

Monsieur le président, mes chers collègues.

J’observe que ce conseil regrette les effets dont il chérit pourtant les causes. Bien sûr que dans l’agglomération nazairienne, pour reprendre le terme de ce rapport pèse une « croissance atone ». Mais n’est-ce pas la faute de vos amis politiques socialistes, qui au gouvernement comme dans l’opposition, n’ont rien fait pour l’emploi, et en particulier dans notre territoire, l’emploi industriel, en restant bras ballants devant les délocalisations ?

Je constate de plus le choix particulier des mots dans ce dossier. Tous ne me convainquent pas. Les émergents sont dans l’incertitude ? Et pourtant la Chine vient d’être déclarée la semaine dernière comme première puissance mondiale en pouvoir d’achat réel, devant les États-Unis. Mais peu nous importe d’ailleurs, car nous sommes bien plus inquiets par les « incertitudes » françaises des cinq millions de chômeurs, dont l’agglomération de Saint-Nazaire fournit hélas un bon contingent…

J’exprime également mon étonnement devant certains paragraphes de ce dossier, dont je ne sais pas bien s’ils rendent comptent d’un bilan où s’ils ont valeur de propagande. Que viennent faire ces considérations sur une prétendue nécessaire « coordination des politiques budgétaires nationales » en Europe, selon vous « plus que jamais de mise » ? Cette coordination existe déjà en partie, mais par l’anarchie, celle de l’euro, taillé pour l’Allemagne, mais monnaie trop forte pour les exportations françaises. Épargnez donc vos conseils avisés sur la coordination des budgets entre des États souverains, aux vues nécessairement distinctes.

Monsieur le président, mes chers collègues, je vous remercie de votre attention.

Délibération n° 3

Finances — Convention d’objectifs et de moyens avec l’Agence pour le développement durable de la région nazairienne (ADDRN) – Approbation et autorisation de signer l’avenant 2

Jean-Claude Blanchard

Monsieur le président, mes chers collègues.

Dès les débuts de monsieur Batteux en tant que maire de Saint-Nazaire, celui-ci, comme dans toutes les instances dirigés par des socialistes, a délégué à des associations les thématiques qu’il estimait probablement les plus complexes. Ne sentait-il pas les salariés de la CARENE à la hauteur de la tâche ? Ne souhaitait-il pas qu’il y ait de concertation entre les services, de peur que quelque chose ne lui échappe ? Ou bien, a-t-il simplement créé cette association qu’est l’ADDRN dans le seul but de placer confortablement certaines de ses connaissances à des postes-clés ? Bref, de toute façon, nous ne le saurons jamais…

Rien n’est jamais inscrit dans le marbre en matière de politique. Ce n’est parce qu’une municipalité s’est désengagée d’une mission, qui de plus, soumet à sa volonté toutes les autres, que la nouvelle, ou devrais-je dire les nouvelles, doivent faire de même.

La méthode socialiste est bien huilée. On crée de multiples organismes et associations pour mieux noyer les poissons. Sauf qu’ici, les poissons sont les habitants de la communauté d’agglomération, qui ne savent plus où donner la tête et surtout, de qui s’occupe de quoi !

Que nous le voulions ou non, la CARENE est l’instance qui centralise les liens intercommunaux. Elle embauche près de quatre cents personnes. Nous les reconnaissons dans leurs compétences.

Dans le cas présent, nous devons voter pour une subvention de fonctionnement d’un million d’euros. Je propose que les missions de l’ADDRN soient transférées aux professionnels de la CARENE, ce qui, j’en suis convaincu, serait plus économique.

Monsieur le président, mes chers collègues, je vous remercie de votre attention.

4 novembre 2014

Délibération n° 1

Pôle métropolitain Nantes-Saint-Nazaire — Rapport

Jean-Claude Blanchard

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le président, mes chers collègues

Vous comptez prendre acte du rapport d’activité du Pôle métropolitain Nantes-Saint-Nazaire. Je le ferai aussi, mais pas pour m’en féliciter.

Je suis désolé de cette marche forcée à laquelle vous livrez le territoire nazairien. Vous l’orientez désormais vers toujours plus de promesses d’intégration des territoires, mais pour aboutir à quoi au final ? Le résultat, c’est moins de démocratie locale, moins de proximité entre élus et électeurs, moins de moyens de l’État et la volonté des’affranchir de sa protection, au prétexte de tout décentraliser, et au final,toujours plus de dépendance à l’égal de Nantes.

Notre pôle métropolitain englobe aujourd’hui les intercommunalités existantes, mais ne les remplace pas. Il constitue par conséquent un nouvel étage du mille-feuilles administratif, ce dont je ne veux pas, au nom du mouvement que je représente.

Nous jugeons ce pôle inutile, puisqu’illisible pour nos concitoyens. Simple constat de sémantique,d’ailleurs, lorsque nous retrouvons le mot « métropole » à la fois dans le Pôle métropolitain Nantes-Saint-Nazaire lui-même et le nom d’une des six intercommunalités le constituant : Nantes Métropole.

On voudrait rendre tout cela incompréhensible ? Eh bien, on ne s’y prendrait pas autrement. Et si,d’ailleurs, l’on voulait, au prétexte de la mondialisation, constituer une grande région Ouest, associant les actuelles régions administratives de la Bretagne, des Pays de la Loire et du Poitou-Charentes… en fait, exactement ce que souhaiterait le président Samzun, comme il l’avouait en séance du conseil municipal de Saint-Nazaire le 3 octobre, on ferait pareil. Pour ce projet d’un Grand Ouest, on se jetterait alors à corps perdu dans la constitution de ce Pôle métropolitain Nantes-Saint-Nazaire, petit maillon de la méga-région rêvée par certains, et nouvelle corne d’abondance du socialisme.

Mesdames, Messieurs, prenez vos responsabilités. Ne donnez pas l’onction au Pôle métropolitain qui ne fait rien de ce qu’il annonce. Le Pôle, trop affilié à l’action gouvernementale faute de compter en son sein de membres de l’opposition, ne fera rien demain pour le développement économique, dans une région plombée par le chômage, le détachement des travailleurs, les fermetures d’entreprises et d’usines et la désindustrialisation. Il ne sera pas davantage utile aux infrastructures de transports qui iront desservir prioritairement les intérêts métropolitains, pas les communes périurbaines ou rurales.

Aussi, je vous encourage collectivement à réfléchir à ce dans quoi vous engagez les communes de la région nazairienne en perpétuant le Pôle métropolitain…

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