Mémo SNBM sur la gare de Saint-Nazaire

Projet de rénovation de la gare ferroviaire de Saint-Nazaire

Participation du groupe municipal Saint-Nazaire Bleu Marine (RBM) à la phase de concertation

—Jeudi 18 septembre 2014—

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||| Le contexte

Faisant suite à la réalisation, en 2012, du réseau de bus à haut niveau de service (BHNS) Hélyce et d’une gare routière, l’objectif prioritaire de la rénovation de la gare ferroviaire de Saint-Nazaire, sous-préfecture de Loire-Atlantique et deuxième ville du département, avec quelque 67000 habitants, est la prolongation de la passerelle actuelle en direction du Nord. Celle-ci doit alors aboutir à un parking automobile récemment mis en place, et dont l’extension paraît souhaitable.

Subsidiairement, la rénovation de la gare devra permettre d’améliorer le hall d’accueil tout comme ses services, et de la mettre enfin aux normes à l’intention des personnes handicapées. À ce titre, les ascenseurs pour handicapés (2,4 x 2,4 m) seront judicieusement complétés de deux quais, par des rampes à inclinaison douce de 10 %, afin de ne pas rallonger trop les trajets piétonniers, ni de trop dépenser.

La rénovation de la gare présente également une solution au problème des escaliers, difficilement praticables pour ceux dont la mobilité est la plus réduite. L’amélioration des dépose-minute, quai Willy Brandt, fait également partie, à juste titre, de la feuille de route.

Quelque 3,2 millions d’euros sont investis dans l’opération de prolongement de l’actuelle passerelle vers le Nord, 1,5 million pour la réfection des dépose-minutes, et 1 million encore pour un réaménagement global de l’espace voyageurs, nettement sous-équipé pour une gare de sous-préfecture.

Avant d’évoquer plus en détail quelques pistes de réflexion de notre groupe municipal, nous tenons à rappeler l’engagement passé du conseil régional des Pays de la Loire d’ouvrir une liaison directe et sans rebroussement entre la métropole rennaise et Saint-Nazaire, consécutivement à la mise en place du raccordement à l’Ouest de Savenay. Cela devra être tenu.

La gare de Saint-Nazaire et son nécessaire réaménagement suscitent depuis des années de légitimes commentaires sur l’urgence de changer les choses. Et l’on voit bien que cette mise à l’amende dépasse finalement les clivages politiques et partisans, par la dénonciation d’une situation « indigne » (Joël Batteux, ancien maire), d’un « scandale » (Emmanuel James, ancien conseiller municipal), etc. La liste des « indignés », de la première ou de la vingt-cinquième heure, serait longue.

Et cependant, bien que nous partagions bien sûr ce sentiment d’indignation, que ne l’ont-ils pas dit avant ? Se dédouaner au profit de RFF et de l’« inertie » de cette « maison lente » – selon les mots de l’ancien maire, Joël Batteux – n’est à ce titre qu’une solution commode, car rien n’empêchait, en l’attente d’une intervention de l’État, de valoriser concrètement, au-delà de la gare elle-même, son quartier, avec des plans, une meilleure information touristique, une meilleure accessibilité aux locations de voitures et de vélos, etc.

||| Réalisations (2014-2017)

||| Nos propositions

Cela fait plus de dix ans que la gare de Saint-Nazaire mérite des travaux d’ampleur. Sa rénovation à horizon 2017 est plus que bienvenue, mais elle arrive un peu tard, de l’avis d’une majorité de Nazairiens. Aussi, proposons.

Gare rénovée, quartier réhabilité

Le quartier de la gare est l’entrée principale de la ville de Saint-Nazaire, depuis Trignac, au Nord-Est. Et pourtant, elle n’a plus aucun cachet, du fait des constants travaux qui se sont succédé. Ce quartier doit en conséquence être réhabilité, pour qu’il soit plus agréable pour tous de s’y déplacer, comme d’y vivre.

Le développement urbain de la zone de la gare paraît tout à fait insuffisant. Il en résulte, comme nous l’indiquions en introduction, un évident manque d’attractivité. Concernant la zone Nord à venir, il est suggéré une liaison vélo et piétons longeant les voies en passant sous le pont. De cette façon, Prézégat et le quartier trignacais des Herbins pourraient être liés en évitant le passage par le rond-point, par définition, peu sûr pour les vélos. Le quartier de la gare doit par ailleurs, selon nous, accueillir davantage d’immobilier de bureaux.

Globalement, nous faisons l’observation d’un manque tant de services que d’animations dans la gare et son quartier : une seule buvette, un kiosque à journaux dérisoire, pas de distributeurs de billets (ni d’agence bancaire proche), accès WiFi circonscrit, pas de système de rechargement électrique pour téléphones et ordinateurs, pas de consignes à bagages ni de caddies, un service de location de vélos proche mais pour autant mal indiqué, etc.

Bien s’orienter depuis la gare

Les copies des écrans d’information du pôle d’échange routier devraient demeurer disponibles à l’intérieur même de la gare, ainsi qu’un plan du quartier balisant, avec toutes les informations importantes à leur sujet, différentes infrastructures et services : hôtels, commerces, réseau BHNS Hélyce et de cars inter-urbains, taxis et loueurs de voitures, stationnements pour les vélos, etc.

Pour une bonne localisation dans l’espace, le plan de de Saint-Nazaire devrait être beaucoup plus largement décliné, avec la mention d’informations touristiques et des axes cyclables, couplé à un plan plus général du Pays nazairien et briéron. La carte 2014 d’Estuaire Nantes <> Saint-Nazaire, mi-topographique, mi-touristique peut à ce titre servir de modèle intéressant.

Adapter la gare aux circulations « douces »

La gare de Saint-Nazaire demeure l’un des principaux points d’entrée et de sortie pour les randonneurs à vélo qui souhaiteraient parcourir les bords de la Loire (Eurovélo 1, Vélodyssée 6…). Cependant, l’accès actuel aux trains, comme nous le disions plus haut, se fait par des escaliers d’une raideur qui limite l’usage du vélo.

De plus, ces escaliers ne sont pas pour le moment pourvus en goulottes. Cela suppose donc de porter son vélo dans les marches, un handicap qui gâche le plaisir du loisir cycliste. Munir les escaliers de goulottes métalliques serait une solution de bas coût pour les vélos, en attendant que soient mises en place des rampes.

Comparativement à la majorité des autres gares ferroviaires sur le parcours de la Loire à vélo, celle de Saint-Nazaire est très mal pourvue en terme d’informations sur les itinéraires de véloroute (en l’occurrence, vers Saint-Brevin-Les-Pins). Cela doit donc être amélioré.

La capacité actuelle des abris-vélos est obsolète. Ils saturent d’ores et déjà, pour certains depuis plusieurs années. Il nous paraît à ce titre nécessaire d’augmenter leur capacité. Il faudrait également en prévoir pour ceux qui, non-abonnés, voudraient s’en servir à l’occasion.

De manière générale, qu’il s’agisse de piétons, d’automobilistes ou de vélos, veillons à rendre la gare plus accueillante. Concernant les cyclises, améliorons l’information disponible sur les itinéraires de randonnées et les moyens d’y accéder. Il peut être utile, d’ailleurs, de prévoir une information en langue anglaise, pour tenir compte de la clientèle étrangère, surtout en période touristique.

Sécuriser la gare

La gare, parce qu’elle n’est pas pleinement sécurisée à l’heure actuelle, ce que prouvent hélas de réguliers et tragiques faits divers, doit être parmi les bénéficiaires principaux d’un programme de vidéo-surveillance.

Nous l’appelons de nos vœux depuis la dernière campagne municipale. Bien sûr, cet appel se fait sans que nous ne soyons jamais entendus (si ce n’est d’une majorité de Nazairiens). Par ailleurs, la gare de Saint-Nazaire doit également disposer d’une attention particulière des agents de la police municipale.

La gare comme objet historique et culturel ?

Sans doute totalement absent – nous le prévoyons – des propositions recueillies dans le cadre de cette concertation publique, un aspect de valorisation historique et culturelle de la gare de Saint-Nazaire devrait être envisagé. Saint-Nazaire, ville d’histoire de par son passé à la fois récent mais douloureux, ne peut y déroger.

Carte postale de 1910 représentant l’ancienne gare de Saint-Nazaire. Dans une démarche culturelle, nous souhaitons que le lien soit fait – et expliqué – entre la première gare et la seconde.

Nous ne pouvons pas réellement parler, en l’espèce, de valorisation « patrimoniale », car le bâtiment de la gare actuelle n’a même pas soixante ans. De plus, il présente selon nous un intérêt architectural assez quelconque. Cependant, deux pistes seraient, de notre avis, à suivre simultanément. Elles associeraient alors passé et présent dans une démarche de mémoire historique.

  • La mise en avant du lien entre l’ancienne gare (de 1857, près de la base sous-marine) devenue théâtre et la nouvelle (de 1955), par la présence de panneaux « Saint-Nazaire : d’une gare à l’autre » renseignant sur leurs histoires et réaménagements respectifs, avec comme pivot de ce lien, une mise en avant des raisons qui poussèrent à ce changement de lieu – les événements de la Deuxième guerre mondiale – par une réflexion avec pédagogie sur Saint-Nazaire durant la guerre, le rôle des cheminots dans celle-ci, etc. ;
  • La création, au niveau de l’ancienne gare, d’un espace muséal gratuit retraçant l’histoire de Saint-Nazaire vue par le prisme de sa gare, depuis la première gare de 1857. En particulier, la mise en avant par la vidéo et la photo des bâtiments d’époque (gare de marchandises, débarcadère…) pourrait servir de lien entre histoires ferroviaire (les métiers et les évolutions de la première gare) et architecturale (vision d’ensemble des anciens bâtiments entre 1857 et 1945). La scénographie de la Cité du train de Mulhouse ou du musée du rail de Rosny-sous-Bois, village de l’Est parisien devenant banlieue moyenne marquée par l’industrie d’extraction du gypse, à la même époque que Saint-Nazaire, peut à ce titre servir d’inspiration.

Ainsi, si nos suggestions concernant la rénovation de la gare de Saint-Nazaire, parce qu’elles nous paraissent procéder d’un bon sens qui pourrait venir de n’importe qui, citoyen ou parti, ne sont pas forcément plus « originales » que celles des autres, notre vision culturelle de la gare se veut très différente. Nous la voulons beaucoup plus consciente de l’identité industrielle de Saint-Nazaire, sachant que ces deux gares et leurs quartiers respectifs furent aussi des objets d’industrie tout comme le lieu de vie et de transit de milliers d’ouvriers.

Il est certes utile de penser la gare actuelle et désormais rénovée comme axe stratégique de développement urbain vis-à-vis du reste de la commune. Vouloir l’insérer au mieux dans sa fonction métropolitaine de connexion avec Nantes et la capitale relève d’une même évidence. Voilà pour l’impératif purement pragmatique, nécessité a minima. Mais valoriser et faire connaître l’histoire plurielle de la gare, encore une fois, « de l’une à l’autre », ne nous semble en fait pas moins essentiel, même si cela ne rapportera pas d’argent. En fait, cette rénovation est le moment idéal qui justifierait ce travail de valorisation. Ce serait faire du bien à Saint-Nazaire.

Parlons d’ailleurs du ferroviaire

Nous refaisons la gare de notre ville, sur trois ans. Prenons à ce titre l’occasion de rappeler les positions de notre groupe sur le secteur ferroviaire français, si mal en point. Certes, nous n’avons pas les leviers pour décider, à l’échelle locale, ni ne jugeons le gouvernement actuel capable ou soucieux de redresser la situation en ce domaine, ni dans tant d’autres hélas. D’ailleurs, la municipalité actuelle soutient de fait ce gouvernement, dont il partage l’affiliation politique.

Localement, il est piquant de constater, au passage, que le nouveau maire, David Samzun, ne parle pas une seule fois de la gare en vingt pages de programme, ni dans les vingt-huit pages de compte-rendu de sa concertation citoyenne de novembre-décembre 2013.

Sur le programme électoral du nouveau maire de Saint-Nazaire, pas de mention de la gare, ni sur la « carte virtuelle » qui recense les principaux objectifs de son municipe.

Le constat est d’ailleurs identique à la lecture des seize pages du programme électoral de son premier concurrent, Ludovic Le Merrer. Au final, seul le programme Saint-Nazaire Bleu Marine, présenté par Jean-Claude Blanchard en janvier 2014, revenait sur la gare et ses problèmes.

Sur le programme électoral du nouveau maire de Saint-Nazaire, pas de mention de la gare, ni sur la « carte virtuelle » qui recense les principaux objectifs de son municipe.

Pour autant, prétendre mettre la gare de Saint-Nazaire sur les rails d’une bonne intégration à l’économie-monde, en dépit de la sincérité de la démarche de consultation citoyenne (que nous mettions en avant en séance du conseil municipal le 27 juin 2014), peut sembler hypocrite si la municipalité nazairienne soutient un gouvernement qui met si à mal le secteur ferroviaire français.

Notre position – il est vrai nationale – procède a contrario de choix très différents, non pas d’un impossible « retour en arrière », mais la simple réaffirmation d’un État pleinement réinvesti dans ses prérogatives.

Il faudrait à ce titre, nous semble-t-il :

  • L’interruption des processus de libéralisation. Procédons à une renégociation des traités européens sur la question des services publics, et mettons fin au dogme de « la concurrence libre et non faussée » de même qu’à l’obligation de libéralisation du service public ferroviaire. L’exemple britannique, en la matière, devrait nous servir d’exemple : de contre-exemple… L’application des directives européennes de libéralisation du ferroviaire doit être gelée.
  • Conséquemment, le rétablissement du principe d’égalité des territoires. Actuellement, c’est davantage leur concurrence respective qui est organisée, pour de cyniques objectifs de profits à court-terme. Or, le service public ne recherche pas le profit économique, mais l’égalité des citoyens et des territoires, seule à même de garder la France « une et indivisible », avec la république qui la porte. Il y a beaucoup à changer en la matière, car la libéralisation du service public ferroviaire, telle qu’envisagée par l’Union européenne, porte atteinte à ce même principe d’égalité des citoyens devant les services publics. Cela est particulièrement vrai dans les zones rurales, les premières touchées. La libéralisation envisagée du transport ferroviaire de voyageurs, après celle du fret, contribuerait de plus à la fermeture des lignes SNCF non rentables.

||| Annexes

Intervention au conseil municipal de Saint-Nazaire

Conseil municipal de Saint-Nazaire
Séance du vendredi 27 juin 2014

Délibération n° 17 – Marché public de maîtrise d’œuvre et prestations intellectuelles associées pour le projet de modernisation et d’extension de la gare ferroviaire de Saint-Nazaire – Constitution d’un groupement de commandes – Convention à conclure entre la SNCF Gares et Connexions, RFF, la Ville de Saint-Nazaire et la CARENE – Autorisation de signature.

Déclaration de Stéphanie Sutter

Seul le prononcé fait foi.

« Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Notre groupe souhaiterait que soit précisé le périmètre exact de ces travaux de modernisation et d’extension de la gare. En l’état, notre vote sera fonction de ce périmètre.

Il étant temps de moderniser notre gare ! Et l’on ne peut que s’en féliciter. Concernant cette modernisation à venir, l’effort de communication est notable ainsi que la présentation de la plaquette. C’est un fort beau document. Et vous laissez, monsieur le maire, dans une démarche de démocratie, parole à tout citoyen pour qu’il donne sa vision des choses, dans un encart qui peut être renvoyé à la CARENE. Cette possibilité, les élus Saint-Nazaire Bleu Marine en prennent acte. Nous contribuerons au débat en remettant nos propres remarques, suggestions voire critiques dans le cadre d’un mémo présentant notre vision des choses.

Et cependant, à la lecture de cette plaquette, des choses interrogent. On y constate avec dépit que sur un budget prévisionnel d’investissement de plus de 15 millions d’euros, l’État n’est jamais que minoritaire, avec 25,6 % du tout (groupe SNCF compris). Inversement, la région Pays de la Loire occupe le devant de la scène (30,5 %) et l’on compte aussi la participation de communauté d’agglomération (18,2 %), du département (11,2 %) et de l’indispensable Union européenne, dans le cadre du fonds FEDER (5,1 %). Cela, certes la municipalité n’y peut rien, puisque ces choix procèdent d’en haut. On pourrait cependant attendre de la majorité qu’elle le déplore un peu plus. Car si vous regrettez régulièrement la baisse des dotations de l’État vis-à-vis de notre commune, pourquoi ne rien dire du peu d’empressement de l’État à moderniser notre gare, dépassé dans cet effort par une région que chacun sait sans identité réelle, mais qui s’arroge bien des pouvoirs ?

Je vous remercie pour votre attention. »

Extraits du programme municipal Saint-Nazaire Bleu Marine (janvier 2014)

Aménagement du territoire

Le quartier de la gare est l’entrée principale de la ville de Saint-Nazaire. Pour autant, elle n’a plus aucun cachet à cause des travaux qui se sont succédé. Nous devons réhabiliter ce quartier.

Nous proposons :

  • de mettre en place une commission en lien avec la SNCF,
  • de mettre en concurrence des architectes et des écoles d’architecture avant réalisation des travaux. Nous inviterons également les Nazairiens à voter pour le projet qu’ils estiment le plus beau ou représentatif de notre ville.

||| Contributeurs

  • Jean-Claude Blanchard, président du groupe Saint-Nazaire Bleu Marine au conseil municipal de Saint-Nazaire, conseiller communautaire à la CARENE
  • Stéphanie Sutter, conseillère municipale de Saint-Nazaire
  • Gauthier Bouchet, conseiller municipal de Saint-Nazaire

Contact : 06 60 96 13 34 – contact@elus-snbm.fr

Document imprimé en 10 (dix) exemplaires, l’un d’eux remis jeudi 18 septembre 2014 à la Direction de l’aménagement opérationnel de la Communauté d’agglomération de région nazairienne et de l’Estuaire (CARENE).

Vu, le bureau Saint-Nazaire Bleu Marine.

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