Notre–Dame-des-Landes, aéroport et consultation : pour le FN c’est non !

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Article de Breizh-info du samedi 18 juin 2016

Les élus FN des Pays de la Loire et de Bretagne ont tenu le 17 juin une conférence de presse pour réaffirmer leur opposition au transfert de l’aéroport de Nantes et appeler à voter Non à la consultation du 26 juin en Loire-Atlantique.

Si pour le premier intervenant, Gauthier Bouchet responsable du Collectif Nouvelle écologie et élu de Saint-Nazaire, le FN n’a pas d’hostilité de principe aux grands projets, celui de Notre-Dame-des-Landes amènera la destruction de 1200 hectares de zones humides qui sont un réservoir de biodiversité et un refuge pour des espèces protégées.

Jean Goychman, conseiller régional et ancien pilote de ligne fait ensuite l’historique du projet de transfert de l’aéroport qui a plus de quarante ans. Il le juge « obsolète, non adapté et dangereux ». L’actuel aéroport à sept kilomètres du centre de Nantes et avec une emprise au sol de 600 hectares attise la convoitise des promoteurs qui souhaitent y réaliser de grands programmes immobiliers avec le soutien actif de Nantes métropole.

Jean Goychman dénonce l’opacité du montage financier qui accorde à l’Aéroport du Grand Ouest, filiale de la multinationale Vinci, une concession exclusive de 55 ans. Ainsi dans les 87 articles du décret de concession 7 « ne peuvent être communiqués à des tiers au titre du secret commercial ».

Pascal Gannat chef de file des élus régionaux du FN insiste quant à lui sur l’aspect politique du dossier. Il rappelle que son mouvement a toujours été favorable aux référendums d’initiative populaire dans des consultations nationales ou locales mais souligne qu’à Nantes : « on nous propose un référendum alors que tout est décidé, les engagements juridiques sont signés et les pénalités prévues » et il ajoute « c’est totalement artificiel, ce n’est pas là une vraie consultation du peuple souverain ». Il déplore la limitation de cette consultation à la seule Loire-Atlantique rappelant que la Bretagne est concernée comme l’Anjou et la Vendée.

Pascal Gannat rappelle que si le niveau de rentabilité du nouvel aéroport n’est pas atteint, ce sont les collectivités territoriales qui en combleront le déficit. C’est l’occasion pour lui de dénoncer « l’implication de la haute administration avec de grandes entreprises comme Vinci, véritable État dans l’État ».

Pour Gilles Pennelle, conseiller régional de Bretagne et secrétaire départemental du FN d’Ille-et-Vilaine, «on demande aux Bretons de payer et de se taire». Son vœu d’extension du référendum à la Bretagne, voté par les élus Républicains et centristes s’est vu bloquer par le ministre-président Le Drian qui dans ce dossier formait un vrai binôme LR-PS avec Bruno Retailleau.

Que le projet passe ou non, Vinci y gagnera financièrement. Alors que les deux régions concernées sont dans une situation financière catastrophique, que les autres collectivités territoriales et l’État sont à bout financièrement, tous pratiquent une sorte de fuite en avant. Pour lui le Front national est dans ce dossier le seul défenseur des contribuables.

Interrogés sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les élus frontistes demandent son expulsion mais notent que l’État n’en a ni la volonté ni les moyens quand il ne manifeste pas une certaine complaisance avec ses occupants. Selon eux, les ‘zadistes’ sont des anarchistes, gauchistes et « antifas » avec qui les partis de gauche ont parfois montré une certaine solidarité et une interpénétration idéologique. La ZAD a été la base arrière des violences et saccages à Nantes et Rennes depuis deux mois. Ils estiment qu’il est malsain d’avoir présenté à l’opinion les zadistes comme des « Robins des bois ».

En conclusion, pour le FN « toutes les raisons portent à voter NON au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, que ce soit sur les plans économique, financier ou écologique celui-ci ne répond pas aux véritables besoins des populations ».

Illégitime dans son périmètre car on ne prend pas en compte les populations impactées, l’organisation du référendum dans la seule Loire Atlantique est une manipulation politicienne en espérant que le Oui y gagne.

Quel que soit son résultat le 26 juin, cette consultation servira-t-elle à quelque chose ? Pour le parti de Marine Le Pen, il faudra attendre le résultat des élections législatives de 2017 et le changement de majorité annoncé. « On a le sentiment que même Vinci n’y croit pas », remarque en aparté un élu FN.

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