Saint-Nazaire-1 : interview Breizh-info

Interview de Breizh-info du vendredi 20 mars 2015

— Breizh-info : Pouvez-vous vous présenter, ainsi que votre parcours, et présenter votre binôme ?

— Gauthier Bouchet : Gauthier Bouchet, né en 1987 (27 ans) à Nantes. Doctorant en histoire. Conseiller municipal et de quartier de Saint-Nazaire, ancien membre de la Direction nationale du FNJ (2010-2012). Adhérent au Front national depuis 2007.

Stéphanie Sutter, née en 1976 (38 ans) à Nantes. Commerciale et chargée de communication en recherche d’emploi. Conseillère municipale et de quartier de Saint-Nazaire. Adhérente au Front national depuis 2012.

— Breizh-info : Quel bilan tirez-vous de la mandature précédente au sein du conseil général de votre département ?

— Gauthier Bouchet : Ce bilan que nous tirons est globalement négatif. La présidence Grosvalet du conseil général de Loire-Atlantique s’en est tenue à la pure orthodoxie socialiste : métropolisation accrue de nos territoires urbains, enclavement, appauvrissement et relégation sociale des territoires ruraux, fiscalisme, explosion des frais de communication et de représentation, « vivre-ensemble », écologie-bidon totalement sourde au nécessaire besoin de relocalisation des flux commerciaux et humains, politique culturelle d’élite, laxisme partout, jusqu’au cœur de nos collèges, gérés par le Département et pour lesquels celui-ci refuse la vidéo-protection… la liste est longue, et non exhaustive !

— Breizh-info : Quel programme sera le vôtre lors de cette campagne ? Comment se déroule-t-elle ?

— Gauthier Bouchet : L’essentiel de notre projet politique pour le département vise à en garantir les prérogatives essentielles, notamment en terme d’action sociale et sanitaire, et d’une bonne et égale couverture en services publics de proximité, avec une attention particulière dans le domaine des transports.

Pour autant, notre principal document de campagne est un programme de huit pages, lequel est relatif aux enjeux nationaux de cette élection. Car ils existent, et ils sont prédominent, scrutin local ou pas… C’est là notre grande différence avec les partis dominants, qui se focalisent essentiellement sur l’aspect local du scrutin.

Nous expliquons à ce titre que, dans leur gestion commune des départements, PS comme UMP, ne procèdent pas à des choix politiquement fondamentalement différents. Que ce soit en terme de politique fiscale, de leur peu d’empressement à créer les conditions économiques indispensables à l’implantation d’un tissu d’entreprises variées ou l’abandon qu’ils consentent de nos zones rurales au profit des grands centres urbains, des intercommunalités et des métropoles (ce que l’on observe en Loire-Atlantique avec la mégapole de Nantes/Saint-Nazaire)… Rien ne change entre l’un ou l’autre de ces partis. Entre eux, tout n’est que connivence, et renoncement !

Quant à notre campagne, elle se veut une campagne de proximité. Nous arpentons les rues de Saint-Nazaire avec une dizaine de militants. Nous collons nos affiches et distribuons quotidiennement nos tracts de campagne. Notre équipe est également très présente sur les marchés : ce matin encore aux Halles de Saint-Nazaire, hier à Pertuischaud, avant-hier à la Bouletterie et dimanche dernier à Saint-Marc-sur-Mer… Nous n’arrêtons pas !

— Breizh-info : Quelles seraient les trois premières mesures que vous prendriez en tant que conseiller général ?

— Gauthier Bouchet : Nous demanderions une baisse substantielle des indemnités accordées aux conseillers départementaux, de l’ordre de 30 %, tout comme nous l’avions proposé en avril 2014 lors de notre arrivée au conseil municipal de Saint-Nazaire. L’application de cette mesure aurait permis à notre commune d’économiser près de 1,15 million d’euros. Hélas, le nouveau maire, David Samzun, n’en a rien fait !

Même si nous pouvons légitimement douter de notre capacité demain à faire appliquer une telle mesure, face aux réticences des politiciens du PS et de l’UMP devant toute menace contre leurs privilèges, il nous semble au moins nécessaire de formuler cette demande par principe, pour nous associer de manière solidaire, aux difficultés que rencontrent les Nazairiens. Nous ne faisons pas de la politique pour nous engraisser, mais pour être au service de tous les Nazairiens.

Les politiques publiques mises en œuvre doivent appréhender les problématiques du premier canton de Saint-Nazaire de manière exhaustive et impartiale, sans considération de conditions sociales… voire de clientèles électorales à cajoler !

Notre deuxième mesure serait donc de faire connaître cette vérité de bon sens dans l’assemblée du conseil départemental, quitte à déranger certaines « élites nouvelles », qui ne représentent d’ailleurs qu’elles-mêmes…

Troisièmement, nous écririons au président du conseil général pour nous enquérir de ses projets pour dynamiser Saint-Nazaire, et notamment son centre-ville.

Responsables publics, nous devrons conserver à l’esprit les seules questions importantes : « Que pouvons-nous faire pour rendre Saint-Nazaire plus agréable à vivre, ses commerces plus dynamiques, ses activités culturelles plus soutenues ? Rendre notre ville plus sûre ? Plus propre ? Et nous souhaitons nous intéresser particulièrement aux personnes âgées, aux retraités, à leurs préoccupations… ». Ce sont par les interactions que nous avons avec les Nazairiennes et les Nazairiens que nous fondons notre programme.

— Breizh-info : Quel est votre avis sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne : y êtes-vous favorable ou pas ?

— Gauthier Bouchet : Oui, nous sommes tout à fait favorables à un rattachement administratif du département de la Loire-Atlantique à la région de Bretagne. C’est la raison pour laquelle nous avons indiqué à Bretagne réunie, qui sollicitait notre opinion à ce sujet, que nous porterions ce vœu devant le conseil départemental de Loire-Atlantique avant 2016, une fois élus.

Si nous contestons les régions françaises actuelles dans leur validité institutionnelle, en modifier certaines (la Bretagne, mais aussi la Normandie par exemple) sur une base plus proche des frontières historiques des anciennes provinces françaises seraient déjà le premier pas d’une véritable réforme territoriale. En l’état, l’actuelle réforme du gouvernement Valls ressemble beaucoup plus à un charcutage !

— Breizh-info : Quel est votre avis sur l’aéroport de Notre-Dame-de-Landes : doit-il se faire ou non ?

— Gauthier Bouchet : Concernant le projet d’aéroport Grand-Ouest à Notre-Dame-des-Landes, notre analyse écologique et économique est claire, et n’a pas varié depuis la campagne des élections régionales, fin 2009. Nous sommes pour une modernisation de l’aéroport Nantes-Atlantique de Bouguenais, qui n’est aucunement saturé.

Au surplus, l’ancien aéroport devant être conservé pour l’usage d’Airbus, il y aurait alors deux aéroports fonctionnant en parallèle. Cela constituerait un non-sens économique. En effet, Airbus doit recevoir et envoyer par avion des pièces dans d’autres usines du groupe. Il serait en revanche envisageable de construire une piste Est-Ouest sur l’aéroport actuel, afin que le survol de Nantes soit moindre, et que les problèmes de bruit et de sécurité soient atténués.

De plus, ce projet de nouvel aéroport coûte très cher : 500 millions pour l’aéroport, mais aussi 3,5 milliards pour les liaisons routières. Cet aéroport est donc également une absurdité sur le plan économique.

Il ne semble être légitimé que par les appétits des politiciens locaux, dont les maires successifs de Nantes ayant fortement appuyé ce projet — Jean-Marc Ayrault, puis Johanna Rolland — mais en réalité une majorité de figures départementales du PS, à l’instar de Philippe Grosvalet, président du conseil général, David Samzun, président de la CARENE et maire de Saint-Nazaire, sans parler de nombre d’élus UMP.

Sur le plan environnemental, ce projet d’aéroport n’est pas plus heureux. Le nouvel aéroport compte détruire 8 kilomètres carrés de zones humides de grande valeur. Il ferait déménager de nombreux agriculteurs sur une zone de bocage de 20 kilomètres carrés, et causerait d’évidentes pollutions au kérosène, à l’antigel, etc.

Ajoutons à cela — et c’est révélateur de certains problèmes — que le préfet de région et de département ayant supervisé le projet aéroportuaire, Bernard Hagelsteen, après avoir quitté son affectation en juillet 2009, travaille désormais pour… Vinci, lequel a gagné l’appel d’offre de construction de l’aéroport en 2010 ! Cet aéroport soulève donc, au-delà des questions environnementales et économiques, des questions éthiques.

— Breizh-info : Concernant les subventions aux associations, le département doit-il ou non continuer à utiliser l’argent du contribuable en faveur d’associations qui ne justifient pas de leur utilisation la plupart du temps, et qui n’ont pas de caractère d’intérêt général ?

— Gauthier Bouchet : La réponse est déjà dans la question. Concernant ses subventions aux associations, le Département ne devrait aider que ce qui contribue à l’intérêt général. Du conseil municipal de Saint-Nazaire au conseil départemental de Loire-Atlantique, comment pourrait-il en être autrement ?

— Breizh-info : Quelles sont vos perspectives électorales dans ce canton ?

— Gauthier Bouchet : Nous partons de 16 % des votes à Saint-Nazaire, aux élections européennes de 2014. Il serait raisonnable de penser que, pour la première fois de ne notre histoire, nous atteignions 20 % dans le premier canton.

Cela serait naturellement un séisme politique. D’ores et déjà, nous voyons les socialistes particulièrement crispés, à commencer par le maire, David Samzun, qui n’hésite pas à dire du FN qu’il « salit la ville » de Saint-Nazaire par le débat qu’il ouvre sur la question du détachement des travailleurs.

Il est clair pour nous que nous serons au second tour. Une victoire serait difficile. Mais elle n’est pas impossible. Il faut dire que les candidats socialistes en face de nous sont purement inexistants, sans carrure, ni leadership. Ils ne représentent pas fidèlement les Nazairiens, ce qu’est le Nazairien ordinaire, quel est son quotidien, quelles sont ces doléances. Cette gauche de centre-ville, c’est le néant doctrinal.

Quant à l’extrême gauche, elle se caricature elle-même, s’empêchant de peser dans le scrutin par la candidature de Nathalie Bruneau, célèbre activiste anti-FN de notre ville, aux manettes de la « CACED », une petite officine qui met un point d’honneur à insulter nos militants et élus. La gauche nazairienne n’ira pas pleurer des scores du FN, elle qui part à la bataille si peu unie, et si mal représentée !

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