Saint-Nazaire-2 : interview Breizh-info

Interview de Jean-Claude Blanchard et Lydia Poirier par Breizh-info, mardi 17 mars 2015

Breizh-info a entamé un tour d’horizon des différentes candidatures aux élections départementales dans les cinq départements bretons. Ces élections auront lieu les 22 et 29 mars prochain, comme nous l’avions indiqué dans le mode d’emploi qui leur était destiné.

Aujourd’hui, c’est au tour de Jean-Claude Blanchard et de Lydia Poirier, candidats du Front National sur le canton St-Nazaire 2, de répondre à nos questions.

Breizh-info : Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours et présenter votre binôme ?

Jean-Claude Blanchard : Jean-Claude Blanchard, né en 1952 (62 ans) à Grand-Champ, dans le Morbihan. Retraité de la sécurité, ancien soudeur aux Chantiers de l’Atlantique (1972-1979), ancien délégué syndical. Conseiller municipal de Saint-Nazaire et ancien conseiller communautaire à la CARENE. Septième de liste aux élections européennes dans l’Ouest sur la liste du Rassemblement Bleu Marine. Adhérent au Front national depuis 1985.

Lydia Poirier, née en 1989 (25 ans) à Toulouse. Employée dans la restauration d’entreprise. Conseillère municipale de Trignac, ex-maire adjointe et ex-vice-présidente du CCAS. Adhérente au Front national depuis 2014.

Breizh-info : Quel bilan tirez-vous de la mandature précédente au sein du conseil général de votre département ?

Jean-Claude Blanchard : La Loire-Atlantique, comme tous les départements gérés par le Parti socialiste, majoritaire depuis 2004, vit sous un régime de gabegies et de quasi-féodalisme. En plus de dépenser trop d’argent — par exemple en frais de représentation et communication — et de contribuer à augmenter les impôts locaux, un président de conseil général tel que Philippe Grosvalet tout comme Patrick Mareschal avant lui s’est empressé de considérer la Loire-Atlantique comme son dû.

Cyniquement pour Philippe Grosvalet, la Loire-Atlantique n’est qu’un fief électoral. Ce n’est pas une terre qu’il a en lui dans son coeur… Il n’y semble pas attaché plus que ça et ne paraît pas en apprécier le rôle-moteur dans l’Ouest français à sa juste mesure. Il agit ainsi en lui attribuant des missions qui débordent largement de l’action départementale classique (plans climat-énergie, lutte contre les discriminations, représentation diplomatique…). Dans le même temps il ne s’oppose aucunement à l’effondrement des prérogatives classiques du département, notamment en termes d’action sociale.

Ce rôle de solidarité sociale et territoriale du département est actuellement largement menacé par la réforme territoriale du gouvernement Valls et son pacte de « responsabilité ». Une situation semblable affecte les communes, comme nous l’avons constaté avec effroi lors du dernier débat d’orientation budgétaire au conseil municipal de Saint-Nazaire : – 2,5 millions d’euros de dotations dès 2015 !

Un tel recul des dotations de l’État à l’attention des départements et des communes va d’ailleurs de pair avec les largesses que l’État accorde depuis aux régions aux intercommunalités et désormais aux métropoles.

Nous jugeons cette évolution malsaine, car elle contribue à une concurrence aberrante des territoires — notamment par leur spécialisation économique alors que chaque département gagnerait à maintenir une économie variée pour se prémunir des risques — et de même éloigne les citoyens de ses élus isole les territoires ruraux des territoires urbains, menace la pérennité de services publics de proximités etc.

Breizh-info : Quel programme sera le vôtre lors de cette campagne ? Comment se déroule-t-elle ?

Jean-Claude Blanchard : Notre programme pour les élections départementales vise à rappeler la nécessité d’un département fort, principalement concernant son rôle d’action sociale et de coopération entre nos territoires, plutôt que leur concurrence exacerbée.

Dans le même temps, nous jugeons que toute campagne électorale, même la plus locale qui soit, est intimement liée à un contexte national. Celle des élections départementales n’y échappe logiquement pas, et nous appelons en conséquence les Français à sanctionner une politique gouvernementale allant contre leurs intérêts. Nous faisons campagne sur les différents marchés du canton, notamment aux Halles de Penhoët, mais il y en a beaucoup d’autres. Par ailleurs, nous « boîtons » (distribuons dans les boîtes aux lettres) un programme national de huit pages tiré à 25000 exemplaires, et qui constitue notre principal axe de campagne. Par son biais, nous entrons directement en contact avec nos électeurs, qui ont entre-temps également reçu par le courrier notre profession de foi officielle.

Breizh-info : Quelles seraient les trois premières mesures que vous prendriez en tant que conseiller général ?

Jean-Claude Blanchard : Premièrement, nous demanderons une baisse de 20 % des indemnités des conseillers départementaux, fidèle à un voeu similaire émis au conseil municipal de Saint-Nazaire, en mai 2014.

Deuxièmement, nous appellerions le conseil départemental à prendre une position ferme concernant le problème des travailleurs étrangers détachés, qui affaiblissent nos emplois industriels. Il lui faudrait donc en référer directement à l’exécutif.

Troisièmement, nous serions attentif à ce que le Département s’engage à contester toute éventuelle suppression des conseils départementaux (dont celui de Loire-Atlantique) si le gouvernement devait finalement concrétiser son projet en la matière.

Pour le moment, et depuis son discours devant l’Assemblée des départements de France en décembre 2014, Manuel Valls semble reculer, et vouloir maintenir les départements et les conseils départementaux… Mais, la vigilance s’impose.

Breizh-info : Quel est votre avis sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne : y êtes-vous favorable ou pas ?

Jean-Claude Blanchard : À Saint-Nazaire, nous sommes évidemment favorables au rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Nous sommes fixes sur cette position depuis 2013 et notre réflexion programmatique durant la campagne municipale.

Breizh-info : Quel est votre avis sur l’aéroport de Notre-Dame-de-Landes : doit-il se faire ou non ?

Jean-Claude Blanchard : Nous y sommes a priori plutôt défavorables. En tout cas c’est au peuple d’en décider souverainement. Pour cela il doit être procédé à un référendum d’initiative populaire à Notre-Dame-des-Landes, pour que la démocratie s’exprime pleinement.

Breizh-info : Quel est votre avis sur les subventions aux associations ? Le département doit-il ou non continuer à utiliser l’argent du contribuable en faveur d’associations qui ne justifient pas de leur utilisation la plupart du tempset qui n’ont pas de caractère d’intérêt général ?

Jean-Claude Blanchard : Il est important de maintenir dans notre département un tissu associatif innovant, populaire et pluriel. Cependant, nous constatons — et ce d’autant plus depuis que nous siégeons au conseil municipal de Saint-Nazaire — que les subventions aux associations sont habituellement distribuées en premier lieu à ceux qui ne le méritent pas, ou le méritent le moins !

Si le FN s’est fait connaître pour son attachement à la priorité nationale dans le domaine de l’emploi, de la protection sociale et du logement, comme de la relocalisation des activités économiques et industrielles — « Vivre et travailler au pays — il importe aussi, d’une certaine façon, de proposer dans le débat public une priorité nationale (et locale) associative.

Sur le plan associatif, ce que nous voulons avant tout, c’est que puisse vivre un maillage d’associations qui ne se cantonnent plus à la défense des « étrangers d’abord » (sans exagération) mais agissent avant tout sur le terrain de l’utilité publique, de la culture, des arts populaires, du sport, du caritatif, de l’histoire et de la culture, de l’identité bretonne, etc. C’est avant tout ce type d’associations qui mérite des financements publics.

Breizh-info : Quelles sont vos perspectives électorales dans ce canton ?

Jean-Claude Blanchard : Nous estimons réaliser 23 à 26 % des suffrages exprimés au premier tour. Mais, très clairement, notre perspective finale, c’est la victoire, dans un canton d’autant plus emblématique qu’il est celui du président du conseil général. Cela, nous le disons depuis notre entrée en campagne, en octobre dernier.

La division de la gauche nous rend d’autant plus confiant. Finalement, dans l’Est-nazairien, chaque élection cantonale connaîtra sa gauche divisée : trois candidatures PC/FG + une POI sur ce seul canton en 2011 (pour un cumul d’à peine 9 % des voix !) ; en 2015, l’éclatement des candidatures à gauche est certes un peu différent mais devrait quand même défavoriser Grosvalet.

Et cependant, nous ne voudrions pas faire croire que nous ferions de la seule gauche divisée la condition préalable de notre victoire. Nous croyons bien sûr en la validité et le potentiel d’attraction de notre programme. Nous le pensons d’autant plus que notre projet politique pour Saint-Nazaire, Trignac et les autres communes, est singulièrement différent de ceux d’une majorité de la classe politique.

Signalons enfin que le manque d’implantation évident de la droite ne serait sans doute pas pour rien dans cette victoire. À Saint-Nazaire, et a fortiori dans les quartiers populaires, la droite n’a ni leader, ni audience. Elle refuse à l’idée de changer son discours néo-libéral.

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