St.-Naz. infos sur la Fête de l’Industrie

Article de Saint-Nazaire infos du 19 avril 2015

Le Front national a baptisé symboliquement ce dimanche sa « Fête de l’industrie », l’occasion également de recevoir le député européen Gilles Lebreton. Ce dernier a évoqué « les sujets qui fâchent » à Saint-Nazaire : les bateaux russes et le travail détaché.

« Ces deux bateaux qui ne sont pas livrés symbolisent bien les problèmes de l’industrie, nous réussissons ici à construire des bateaux de très haut niveau malgré la concurrence étrangère. » souligne Gilles Lebreton. Le député européen regrette la « décision catastrophique » du président Hollande de ne pas livrer les bateaux à la Russie. « C’est un manquement à la parole donnée vis-à-vis d’un client, la Russie. » Il souligne l’absurdité de la décision : « La Russie est un grand pays, c’est un client très intéressant pour notre industrie d’armement. Le motif évoqué pour refuser la livraison n’est pas valable car si la situation ukrainienne est délicate à gérer, il fallait engager beaucoup plus tôt que nous l’avons fait, un dialogue, au lieu de quoi, on a menacé la Russie d’entrée de jeu. Et malheureusement, la France commence à se rendre compte que ce n’était pas la bonne tactique. »

Le député européen précise les pénalités très fortes liées au contrat que la France devra payer ainsi que le coût de 400000 euros de maintenance par mois pour garder les bateaux dans le port de Saint-Nazaire. Il affirme que d’autres pays étaient susceptibles de commander des bateaux « et quand ils voient la façon dont nous traitons la Russie, c’est de nature à les faire douter et à les détourner vers des concurrents coréens ».

Travailleurs détachés

Gilles Lebreton, dans le deuxième volet de son intervention, regrette la directive détachement de 1996 qui permet aux entreprises françaises de recruter des travailleurs étrangers en payant les salaires français mais les charges sociales dans le pays d’origine. « Ça crée une concurrence déloyale pour nos travailleurs et favorise une préférence étrangère. C’est très choquant en période de chômage que l’Union européenne n’ait rien trouvé de mieux que d’inventer cela. » Il précise que les députés européens du FN font beaucoup de bruit sur ce sujet. « Pour nous calmer – car on sent bien que l’opinion publique est derrière nous – une directive a été prise fin 2014 qui ne change rien. Ce texte vise à mieux contrôler le recrutement des travailleurs détachés car, en plus, il y avait des abus. Ce dont nous ne voulons plus, c’est de la directive de 1996. »

La ligne de Marine

Sur la question de l’exclusion de Jean-Marie-Le Pen du Front national, le député européen contrairement à beaucoup d’autres a le mérite de ne pas faire dans le ni-ni. « Ça me semble délicat de l’exclure, c’est le fondateur. Sans lui je ne serais pas devant vous aujourd’hui. Une procédure disciplinaire est en cours, elle ne va pas forcément aboutir à son exclusion. La procédure disciplinaire est une bonne idée. Il fallait marquer le coup, car il doit y avoir une discipline dans tout mouvement politique. Il faut suivre la ligne politique de Marine Le Pen parce qu’elle a été votée par notre congrès. Quiconque s’éloigne de la ligne fait de la provocation et doit en subir les conséquences, de là à aller à une exclusion, moi, à titre personnel, je ne le souhaite pas, c’est très clair. »

La Fête de l’Industrie s’est terminée par un repas collectif dans un restaurant ouvrier de Penhoët. D’ores et déjà les militants du FN annoncent une « grande Fête de l’industrie » l’an prochain à Saint-Nazaire.

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