Trignac, le déshonneur d’un maire UMP

Tribune libre du Front national (FN) de Loire-Atlantique

En 2014, les partis de gauche de la Basse-Loire, prévoyaient de célébrer un anniversaire très symbolique : celui des cent ans de leur domination sur la ville ouvrière de Trignac. Tenue par le Parti communiste, la ville était considérée comme leur plus imprenable bastion. Or, l’impossible s’est produit en mars 2014, où une liste d’union, regroupant des non-inscrits, des membres de l’UMP et des militants du FN (premier parti de la ville avec 24 % des suffrages contre 13% à l’UMP aux européennes) a obtenu la majorité des voix au second tour.

Situation inattendue dans le paysage politique local, les conseillers municipaux de Trignac élirent donc un maire UMP, David Pelon, qui choisit de nommer comme adjointe aux affaires sociales une militante du Front national, Lydia Poirier.

Les partis de gauche crièrent au scandale, la direction départementale de l’UMP décida de suspendre son élu. Celui-ci résista, il avait encore besoin des voix du FN pour devenir vice-président de la CARENE (la communauté d’aglomération).

Quand Lydia Poirier décida de se présenter aux départementales de mars 2015, elle en informa, par courtoisie, David Pelon qui la félicita et l’encouragea.

Quelques jours plus tard, Les partis de gauche criaient de nouveau au scandale et la direction départementale de l’UMP décidait cette fois d’exclure son élu puisque un de ses adjoints se présentait pour le Front !

David Pelon, résista un peu, pour la forme, puis mettant un mouchoir sur son honneur, décida de retirer sa délégation d’adjoint à Lydia Poirier car sa candidature aux élections départementales allait « à l’encontre de l’esprit pluriel et apolitique d’une liste où sont représentées plusieurs tendances politiques« . Étant bien entendu que sa propre appartenance à l’UMP n’allait pas quant à elle à l’encontre de cet « esprit pluriel et apolitique »…

Il n’y a donc plus d’adjoint FN à Trignac, mais un ticket pour les départementales qui comprend Jean-Claude Blanchard et Lydia Poirier que tous les analystes donnent en tête le 22 mars prochain. Tout le monde, même David Pelon, qui reconnait que « la façon dont l’affaire a été gérée par l’UMP leur a fait une énorme pub, en plus du contexte national déjà particulier; les gens vont aller voter en masse pour eux pour marquer le terrain et d’une certaine façon faire bouger les lignes« .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *