VIDÉO — Discours d’Alain Avello aux Assisses présidentielles Marine 2017

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Discours d’Alain Avello, président du Collectif Racine, aux Assises présidentielles Marine 2017, le 5 février 2017 à Lyon

Seul le prononcé fait foi.

Mesdames, Messieurs, chers amis,

La fierté et, disons-le, la grandeur avec lesquelles la France doit renouer passent, c’est l’évidence, par le redressement de son Ecole et de son Université.

C’est en effet dès les premières années de la scolarité, comme tout au long de celle-ci, que se joue l’avenir individuel des enfants, et c’est ainsi que se construit aussi l’avenir collectif d’une nation !

Le fait que notre École soit aujourd’hui devenue si profondément inégalitaire, si largement exposée à la violence sociale, qu’elle produise tant d’échec scolaire et ne garantisse plus l’avenir — quand, et nous devons nous le rappeler, elle était, il y a quelques décennies encore, l’une des meilleures au monde — constitue l’un des révélateurs les plus clairs de ce que la Nation, par la faute de ceux qui la gouvernent depuis quarante ans, a renoncé à elle-même, a perdu ses ambitions et n’a plus grande idée de son avenir.

Service organique de la République, l’École doit pourtant faire la grandeur et la fierté de la France.

Et l’École d’une France fière, c’est une École qui transmet et par laquelle la France se transmet, toutes choses que portent, c’est l’évidence, les engagements rassemblés dans le Projet présidentiel de Marine Le Pen.

Ce que tout parent veut pour ses propres enfants, la France ne peut aussi que le vouloir pour les enfants et les jeunes qui sont confiés à son École : qu’ils puissent donner le meilleur d’eux-mêmes, aller aussi loin que leurs capacités le leur permettent, en s’épanouissant et se réalisant dans l’effort, pour trouver leur juste place dans la vie active.

Ces finalités sont traversées par un impératif de justice : l’École ne doit certes pas maintenir les inégalités sociales d’origine, elle doit au contraire les réduire et les combler, et pour cela, permettre à chaque enfant, en fonction de ses efforts et de son mérite, de s’élever au-dessus de sa condition d’origine.

N’est-ce pas là le vœu le plus cher de chaque parent, de chaque famille, que celui de voir ses enfants mieux réussir qu’eux-mêmes ? A ce titre, il n’est pas acceptable que seuls 6 % des fils ou filles d’ouvriers accèdent aujourd’hui à une classe préparatoire aux grandes écoles.

Car c’est à l’École d’abord de relever le défi de l’égalité !

L’égalité véritable et bien comprise, l’égalité républicaine, c’est d’abord l’égalité des chances, laquelle consiste à donner beaucoup à chacun, et tout particulièrement à ceux qui, issus des milieux les moins favorisés, ont tout à attendre de l’École.

L’égalité républicaine c’est ensuite l’émulation par l’exigence, qui donne le sens de l’effort et permet de s’élever par son mérite, en parvenant pour les meilleurs, qui sont aussi les plus méritants à se distinguer des autres.

L’égalité véritable, ce n’est au fond rien d’autre que la méritocratie républicaine, bel et noble principe que nous assumons de porter et d’affirmer !

Ce qu’en une formule souvent citée, Paul Langevin désignait comme « la sélection des meilleurs par la promotion de tous » : voilà très précisément ce qu’il appartient à l’Ecole de la République de réaliser ! Et c’est pourquoi, l’un des engagements majeurs de notre candidate est de « rétablir une véritable égalité des chances en retrouvant la voie de l’élitisme républicain ».

Donner beaucoup à chacun, au titre de l’égalité des chances, cela consiste d’abord à transmettre sans faillir, à commencer par les fondamentaux.

Et c’est là la fonction essentielle de l’école primaire, et tout particulièrement de l’école élémentaire, qui doit transmettre les éléments de toute instruction, sans lesquels aucune réussite rien n’est possible.

Comment a-t-on pu composer tant d’années durant avec le fait que tant d’enfants —entre 30 et 40 %, pour donner des chiffres correspondant à la réalité — parviennent au collège sans savoir correctement lire et écrire ?

L’un des objectifs prioritaires du quinquennat sera donc de veiller à ce que plus aucun enfant ne sorte de l’école primaire sans maîtriser la lecture et l’écriture, sans savoir se repérer dans l’espace et le temps, faute de connaître l’histoire et la géographie nationales, ou sans savoir compter et calculer !

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Il est donc impératif, comme s’y engage encore notre candidate, d’ « assurer la transmission des connaissances par le renforcement des apprentissages fondamentaux ».

Cela passera par une réforme de l’enseignement primaire visant à le recentrer sur ses missions essentielles :
une réforme du temps scolaire d’abord, qui devra être défini selon les rythmes d’apprentissage, et non induire, sous prétexte d’inclure du « temps d’activité périscolaire » et, donc, de l’accessoire, un surcroît de fatigue — il faudra donc « revenir sur la réforme des rythmes scolaires » du précédent quinquennat, comme s’y engage notre candidate.

Cela passera par une réforme des contenus enseignés et des méthodes d’enseignement, éclairée du sens des priorités : Marine Le Pen s’y engage aussi, ce sera, « à l’école primaire, […] la moitié du temps d’enseignement [qui sera dédiée] au français ».

Cela passera par une réforme qui, en veillant à transmettre une culture commune qui est d’abord fondée sur ce bien commun qu’est la langue française, refera de l’Ecole ce « creuset républicain » où se construit l’appartenance de tous à la Nation, et où des chances égales peuvent être données à chacun. Il faudra à ce titre, comme s’y engage notre candidate, « supprimer l’enseignement des langues et cultures d’origine » (engagement 101), lequel reconduit à des particularismes, ce qui nourrit le communautarisme, et n’est nullement conforme à l’exigence d’assimilation, vecteur de la conception républicaine, c’est-à-dire civique de la nationalité.

Car c’est à l’Ecole d’abord de relever le défi non seulement de l’égalité, mais aussi celui de l’assimilation républicaine !

C’est pourquoi notre candidate s’engage à « instaurer le port d’un uniforme ». Ce vêtement uniforme qui ne relève d’aucun passéisme, mais est au contraire pleinement adapté aux enjeux de notre temps, se justifie à plusieurs titres : il contribuera largement à résoudre les problèmes que posent les manifestations d’appartenance à telle ou telle communauté, à telle ou telle religion ; il estompera les différences d’origines sociales qu’il appartient à l’École de transcender, et qui se signalent souvent par la tenue vestimentaire ; il contribuera à recentrer l’attention des élèves, trop souvent détournée par l’insignifiant, la mode notamment, en les reconduisant à l’essentiel : leur progression dans l’acquisition des connaissances, le goût de l’étude et le sens de l’effort, toutes choses devant absolument prévaloir, conformément aux missions essentielles de l’École.

Mais pour que celle-ci renoue effectivement avec ses missions, il est impératif que les enseignants soient rétablis dans leur fonction de maîtres, ce dont dépend l’autorité dont ils sont investis et qu’il leur appartient d’incarner.

Qu’il faille donc « rétablir l’autorité et le respect du maître » (engagement 103), comme s’y engage notre candidate, constitue bel et bien une condition absolue du redressement de notre École !

L’autorité qui doit être distinguée de la sanction, est bien plutôt ce qui inspire naturellement le respect, et le respect qu’inspire le maître tient d’abord à ses compétences.

C’est cela qui le légitime dans sa fonction, dont il importe qu’il ait et garde une haute idée, tant les missions qu’il exerce dans le cadre d’un service organique de la République, l’École, sont non seulement d’intérêt général, mais engagent l’avenir de la Nation !

La formation des maîtres doit à ce titre renouer avec le bon sens qui tient d’abord à cette évidence : l’élève n’est nullement l’égal du maître, entre l’un et l’autre une salutaire assymétrie existe, car elle est la condition de la transmission du savoir ; et le maître n’est nullement l’égal de l’élève, car il est celui qui détient un savoir, celui qui sait et qui transmet ce savoir à l’élève qui, lui, ne sait pas encore et qui est à l’École pour apprendre.

Le maître n’est ni un « accompagnateur vers le savoir », ni un « éducateur », il n’a pas à nouer de rapports de camaraderie avec ses élèves, mais doit maintenir une distance, la verticalité d’un rapport à l’élève. C’est en effet à cette condition que l’instituteur, comme l’on disait encore récemment, ou le professeur, celui qui est reconnu comme compétent en un domaine particulier, est pleinement un maître dont l’autorité indiscutée inspire naturellement le respect.

Mais l’accomplissement par les maîtres de leurs nobles missions suppose la sanctuarisation des établissements scolaires, lieux dédiés à la transmission du savoir, et où ne sauraient donc être tolérée la moindre « incivilité » et, a fortiori, tout ce qui pourrait menacer la sécurité des élèves comme des personnels.

Les tensions, les conflits, communautaires notamment, qui s’expriment bien souvent à travers la délinquance ordinaire et minent notre société, ne sauraient avoir de place à l’École, laquelle doit au contraire devenir emblématique de « la France apaisée » que nous appelons de nos vœux !

C’est là, incontestablement, un autre défi qu’il lui appartient de relever : l’École doit devenir cet « asile inviolable où les querelles des hommes n’entrent pas », pour reprendre cette citation de Jean Zay contenue dans l’un des engagements de notre candidate.

Et les conditions de cet apaisement comme de cette sanctuarisation résident bel et bien dans la triple exigence de laïcité, de neutralité et de sécurité.

La laïcité doit en effet pleinement prévaloir, ce à quoi le port d’un vêtement uniforme, donc, contribuera, car elle est un principe d’apaisement et une condition de pacification sociale, quand les manifestations d’appartenance religieuse ou les tentations prosélytes divisent et menacent l’unité de la Nation.

La neutralité, idéologique en tout premier lieu, doit être elle aussi la norme commune dans les établissements, où aucun intérêt partisan ne saurait avoir droit de cité, car cela contrevient à la mission d’intérêt général qui est celle de l’École.

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La sécurité enfin, doit être dans l’enceinte des établissements, comme à leurs abords, strictement garantie, par la mise en place de dispositifs adéquats, par des mesures coercitives lorsque cela est nécessaire, et, lorsque il y a lieu, par des sanctions effectivement appliquées.

Telles sont donc les conditions impératives pour que les établissements scolaires, trop souvent gangrenés par les incivilités, la délinquance et la violence ordinaires, deviennent ces lieux où s’effectue pleinement la transmission du savoir qui émancipe et élève socialement.

Mais pour que notre École et notre Université permettent « la sélection des meilleurs par la promotion de tous », encore faut-il qu’elles proposent à chacun, selon ses aptitudes et ses goûts, des voies permettant de s’accomplir, en trouvant du sens, des raisons d’épanouissement personnel et des motifs de reconnaissance sociale.

Ce sont là les conditions pour que l’orientation des uns et des autres se fasse de façon raisonnée, et pour que la nécessaire sélection entre ceux qui poursuivront des études longues et ceux qui s’orienteront vers des métiers plus manuels et techniques, ne soit vécue par personne comme un échec ou une relégation.

L’un des principaux chantiers est ici celui de la revalorisation effective de la voie professionnelle, qui ne doit plus être choisie par défaut : l’impératif est de revaloriser l’apprentissage qui doit faire, et sans nul doute précocement, l’objet d’un choix pleinement volontaire et positif, cela ne pouvant être le cas qu’à partir du moment où cette filière sera absolument qualifiante, où les apprentis comme les employeurs y trouveront les uns et les autres leur compte ; c’est chose réaliste, du fait des débouchés qui incontestablement existent.
C’est de surcroît ce que doit viser une volonté politique qui, à juste titre, ne consent pas à la mort progressive de notre artisanat, de nos commerces et de notre industrie.

Et c’est justement pourquoi Marine Le Pen s’engage à « développer massivement l’alternance ([par des] contrat[s] d’apprentissage [et des] contrat[s] de professionnalisation) dans l’artisanat, le secteur public et privé et [de] rendre la formation professionnelle plus efficace, moins opaque et moins coûteuse ».

De façon plus générale, c’est à une grande réforme du système scolaire et d’enseignement supérieur, le refondant sur la pratique de l’orientation positive et de la sélection juste, qu’il faudra procéder.

Lorsque aucune sélection n’est opérée, ce qui est singulièrement le cas au collège et dans certaines filières universitaires, c’est, conséquences inévitables, à la massification, à l’abaissement du niveau, et à la dévalorisation des diplômes qu’on assiste.

Ainsi, faudra-t-il, au cours du quinquennat, procéder à la suppression progressive du « collège unique » qui, sous prétexte de (faussement) « démocratiser le collège », a fait triompher la médiocrité et produit un échec scolaire massif.

Il faudra réintroduire, dès le premier cycle du secondaire, un palier de sélection juste, permettant notamment, cette voie étant effectivement revalorisée, l’apprentissage dès quatorze ans, et ce, bien sûr, sans qu’à cet âge, il ne s’agisse pour autant d’enfermer quiconque dans un choix définitif : il faudra, comme s’y engage Marine Le Pen, promouvoir l’alternance, et par ailleurs maintenir des passerelles ouvertes.

Par ailleurs, cette orientation ne sera juste que si, bien évidemment, elle trouve sa justification par les aptitudes et les goûts effectivement manifestées par les adolescents, outre qu’elle supposera que soient données en amont des chances égales à tous : on perçoit aisément la cohérence d’ensemble du projet !

Aux niveaux supérieurs des études, il faudra, c’est également un impératif, et ceci dans le bien des étudiants, et de leurs familles, introduire de la sélection à l’université : à l’exception de certaines filières par nature sélectives, comme la médecine, le drame de l’université, c’est la massification.

Battant en brèche toute sélection, on laisse s’engager dans de nombreuses filières pléthore d’étudiants en les condamnant à l’échec ou, ce qui revient au même, à décrocher des diplômes sans réelle valeur.

Eh bien, quitte à provoquer une petite « révolution culturelle », et ceci, donc, dans l’intérêt des étudiants qui doivent cesser d’être abusés quant aux débouchés réels des études qu’ils poursuivent, il faudra instaurer, ici aussi, des paliers de sélection juste.

C’est pourquoi, notre candidate s’engage à « passer [à l’Université] d’une sélection par l’échec à une sélection au mérite ».

Or, rien n’est plus contraire à cette sélection juste — par les résultats qui manifestent les compétences et le mérite — que le « tirage au sort », conséquence absurde de la massification et effet pervers du refus d’une sélection juste : il s’agira donc de proscrire cette pratique insensée du « tirage au sort » partout où elle existe, comme s’y engage notre candidate (engagement 106).

Et il faudra au contraire, comme elle s’y engage aussi, « revaloriser les bourses au mérite », puisque les plus méritants des étudiants doivent évidemment bénéficier du soutien de l’État pour la poursuite de leurs études.

Enfin, dans un souci là encore de l’excellence qui doit tirer vers le haut l’ensemble des étudiants, Marine Le Pen s’engage à « défendre le modèle d’enseignement supérieur français, qui passe par la complémentarité de l’Université et des grandes écoles », ce qui suppose de défendre aussi la spécificité des classes préparatoires qui constituent le lieu par excellence de la méritocratie républicaine, et doivent partant être érigées en modèle pour le redressement de notre système d’enseignement.

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